Initiatives de développement durable à Calgary : « Ce n’est qu’un timide début »

DeveloppementDurableCalgaryMoins de dix édifices municipaux sont chauffés en partie ou en totalité par l’énergie solaire à Calgary, mais ce nombre pourrait bientôt augmenter. La Ville de Calgary a mis en place, le mois dernier, une stratégie qui vise à trouver des solutions « vertes » à sa consommation croissante d’électricité. D’après un expert dans le domaine, ce n’est qu’un timide début.

Les travaux de rénovation du centre récréatif Southland de Calgary ont commencé le 14 juillet. Une fois terminé, en septembre, le bâtiment, grâce aux 600 panneaux solaires qui seront installés sur son toit, devrait générer assez d’énergie pour produire l’équivalent de l’électricité nécessaire pour chauffer entre 21 et 25 maisons. Ces installations s’ajoutent au système solaire thermique mis en place en 2011, qui fournit une partie de l’énergie nécessaire pour chauffer les gymnases, les divers locaux et la piscine.

Le département des infrastructures durables de la Ville de Calgary travaille à répertorier sur une carte ses infrastructures municipales, les patinoires, les centres sportifs et les piscines publiques par exemple, afin de déterminer les endroits où il serait le plus efficace d’installer des panneaux solaires ou autres types d’installations pour produire de l’énergie renouvelable à des coûts raisonnables. Il doit présenter un rapport détaillé au conseil municipal en septembre 2016.

« Chaque six mois, la technologie pour produire de l’énergie renouvelable s’améliore et les prix diminuent. La Ville de Calgary est en train de voir comment elle pourrait produire une partie importante de l’électricité dont elle a besoin pour opérer ses diverses infrastructures. Nous pensons, par exemple, à installer des panneaux solaires sur les toits de nos bâtiments dans les secteurs les plus ensoleillés de la ville pour que ce soit efficace et peu coûteux. Cela devrait également nous aider à réduire nos émissions de gaz à effet de serre », soutient Arsheel Hirji, le chef du département des infrastructures durables à la Ville de Calgary.

Une loi provinciale, celle sur la micro-génération, permet à tout Albertain qui le souhaite de produire jusqu’à un mégawatt d’électricité renouvelable, que ce soit éolienne, solaire, hydraulique, de biomasse ou autres, pour chauffer sa maison, son entreprise ou sa ferme. C’est pourquoi la Ville compte générer de l’énergie verte en petites quantités dans ses différents édifices municipaux qui, ensemble, consomment l’équivalent de la quantité d’électricité nécessaire pour chauffer 60 000 maisons.  

Ces récentes initiatives vont de pair avec la stratégie ImagineCALGARY, mise en place en 2005 par la Ville, qui avait pour mission d’établir des buts à atteindre dans les 100 prochaines années, notamment en termes d’environnement et d’économie. L’un des 114 objectifs vise à augmenter de 30 pourcent la consommation d’énergie provenant de sources renouvelables d’ici 2036.

 

Une ville étendue

D’après l’ancien président de Total, qui finance des technologies propres dans le domaine de l’énergie, Jean-Michel Gires, la Ville de Calgary est prise avec un problème d’étalement urbain et un système de transport qui favorise l’utilisation de l’automobile, ce qui fait en sorte que ses coûts énergétiques sont beaucoup plus élevés que la plupart des grandes villes européennes.

« Il est bien d'en prendre conscience, et de commencer à discuter de solutions possibles, dit-il, mais l’installation de quelques panneaux solaires, ou [l’achat d]'électricité renouvelable d'Enmax, ne sont qu'un timide début. »

Dans les prochaines années, il faudra, selon lui, trouver des solutions de densification du territoire, d'organisation de transports en commun alternatifs, comme l’autopartage, de valorisation des solutions renouvelables locales, la géothermie en très basse température par exemple, et de recyclage des déchets.

 

Un train à zéro émission

La Ville de Calgary signe un contrat chaque année, depuis 2012, avec son fournisseur d’électricité, Enmax, pour s’assurer que la quantité d’électricité consommée pour faire fonctionner son train léger sur rail (LRT), lui vienne de sources entièrement renouvelables, particulièrement de l’énergie éolienne.

Par ailleurs, la Ville tente de construire une autre ligne de LRT pour desservir les résidents du nord et du sud-est de Calgary. Elle compte s’y prendre en deux étapes : Elle construira une voie réservée pour les autobus, après quoi elle la transformera pour en faire une ligne de train léger sur rail. Le coût total du projet, une fois complété, est estimé entre quatre et cinq milliards de dollars.

La Ville s’est engagée à y investir 520 millions de dollars, mais elle attend toujours un engagement de la part des gouvernements provincial et fédéral.

Le trajet de la voie réservée commencerait au nord, dans le secteur de Country Hills Boulevard, passerait par le centre-ville et finirait son trajet au campus South Health, dans le sud-est. Le projet inclut également la construction de larges plateformes, de tableaux d’affichage numérique et de grands abris.

« En ce moment, un passager au départ du campus South Health peut mettre jusqu’à une heure pour se rendre au centre-ville. Avec la nouvelle voie réservée, nous estimons qu’il sauvera entre 10 et 15 minutes puisque, dans les heures de pointe, les autobus n’auront pas à se mettre en ligne derrière les voitures  et attendre », lance le directeur de la planification stratégique des transports en commun à la Ville de Calgary, Chris Jordan.

Son département doit présenter une proposition au conseil municipal à l’automne. Chris Jordan estime que les travaux de construction devraient commencer en 2017.

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut