sylvie

Le Regroupement artistique francophone de l'Alberta (RAFA) est un organisme certes jeune, mais aussi « reconnu pour son excellence » souligne Sylvie Thériault. Quatorze ans après sa création, le RAFA passe aujourd’hui à la vitesse supérieure. Depuis sa création en 2002, le RAFA a toujours cheminé avec certaines valeurs sans toujours vraiment le réaliser. Aujourd’hui, leadership, créativité, excellence et encouragement sont les valeurs à présent identifiées que l’organisme prône. Le monde des arts est beaucoup plus connu qu’auparavant et il a fait du chemin.    

hello
Un vent nouveau souffle sur le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). Rendez-vous notable pour les artistes franco-albertains, Le Forum des arts et de la culture s’est tenu à La Cité francophone d’Edmonton, les 9 et 10 juin derniers. Le RAFA en a profité pour tenir son Assemblée générale annuelle (AGA), où quatre nouveaux membres ont été élus au sein du conseil d’administration. Tour d’horizon sur la portée de cette vague de changements.

Après trois ans à la tête du RAFA, le danseur, chanteur et comédien Casey Edmunds cède sa place à l’auteur-compositeur-interprète Raphaël Freynet. « Ce qui me rend le plus fier, c’est de voir que nos artistes sont sur la carte, ils sont sur les scènes nationales et internationales. On a de plus en plus d’artistes en émergence, alors ça prouve qu’on fait quelque chose de bien au RAFA », fait valoir Casey Edmunds, pour qui la directrice générale du Réseau, Sylvie Thériault, a déroulé un tapis de bain en guise de tapis rouge.tapis

Pour Raphaël Freynet, son nouveau rôle au sein du RAFA représente une occasion de rendre la pareille au Réseau qui l’a accueilli et qui l’a fait grandir. « Je suis fier parce qu’à mon arrivée en Alberta, je n’étais pas un artiste à temps plein. J’ai donc beaucoup bénéficié des services du RAFA, et maintenant, c’est à mon tour de pouvoir redonner à la communauté », indique le nouveau président, qui obtient les honneurs depuis la sortie de son album Le monde à voir, acclamé par la critique.

La vision du président
Raphaël Freynet n’a pas l’intention de s’asseoir sur ses lauriers. Celui-ci s’est dit motivé par plus d’un projet qu’il désire développer. Il tient entre autres à l’importance de l’intégration des nouveaux arrivants, qu’ils soient des artistes provenant d’outre-mer ou d’ailleurs au Canada.

Il souhaite également établir une collaboration plus étroite avec ses homologues artistiques anglophones. Selon lui, cela permettra un meilleur déploiement des artistes et des intervenants culturels francophones sur un plus grand nombre de scènes.

Raphaël Freynet prévoit d’ailleurs de travailler sur un projet de développement de marchés, dans le but de mieux promouvoir les talents des artistes d’expression française. « C’est un grand défi qui existe partout au Canada. Il faut s’assurer que le marché francophone soit au rendez-vous », estime-t-il.

Lors de l’AGA, trois autres postes ont également été comblés. Éric Doucet est le nouveau représentant du secteur chanson/musique. En ce qui concerne la section théâtrale, Joëlle Préfontaine est celle qui prendra les rênes. Pour ce qui est de la portion des arts visuels, Sabine Lecorre-Moore en sera la représentante.

africaCommunications améliorées
Ce n’est pas qu’au conseil d’administration que des changements se sont fait sentir. L’année dernière, une critique avait été lancée au RAFA alléguant qu’il « n’utilisait pas de façon optimale les technologies à sa disposition pour s’ouvrir sur le monde et ainsi favoriser adéquatement le rayonnement de ses membres ». Selon Sylvie Thériault, ce n’est plus le cas cette année. « Chaque fois que j’allume mon téléphone, je reçois constamment des notifications de nos réseaux sociaux », s’exclame-t-elle. Celle-ci ajoute  aussi que le personnel du RAFA voit à réviser tous les outils de communication qu’il a sous la main.  

Plan stratégique
Le nouveau plan stratégique pour 2016-2021 permet de connaître et de comprendre le mandat clair du RAFA : favoriser l’essor et la vitalité de la communauté artistique d’expression française de l’Alberta. La stratégie fait entre autres référence à la légitimité et à l’importance du réseau. Les services aux artistes représentent l’un des principaux résultats visés de ce plan d’action. D’ailleurs, deux demandes de subventions ont été approuvées par Patrimoine Canada, ce qui permettra de contribuer à certains projets.

Des cafés-rencontres efficaces
Lors du Forum, des conversations de style « Café du monde » ont été organisées pour offrir l’occasion aux membres  du RAFA de discuter de sujets liés aux arts et à la culture. Animés par différents acteurs du milieu, les thèmes étaient basés sur le leadership, la créativité, l’excellence et l’encouragement.

Trois choses sont à retenir, subséquemment à ces Cafés rencontre. D’abord, le RAFA dirigera un projet pilote pour la gérance des artistes. Ensuite, celui-ci souhaite travailler en collaboration avec les réseaux scolaires francophones. Enfin, le RAFA a comme but de mobiliser les artistes à Calgary.

Prix d’excellence
La récipiendaire du Prix Sylvie Van Brabant est Pierrette Requier. Cette dernière est reconnue pour sa participation active à la vie littéraire francophone et anglophone dans la province. En juin 2015, elle a été la toute première francophone à accéder au titre de Poète officielle de la ville d’Edmonton. De plus, le succès de sa pièce Les Blues des oubliées, produite par L’UniThéâtre, a connu un grand succès auprès de la communauté franco-albertaine.

Le Prix d’excellence Martin Lavoie a été remis à Lori Karwandy, une pionnière de la francophonie albertaine. Celle-ci a eu l’idée d’instaurer un café du samedi pour inviter les gens à venir discuter en français. De plus, elle chapeaute les tournées Chemin chez nous. Lori Karwandy fait également partie du cercle littéraire. Elle a précédemment occupé le poste de « French lead teacher » pour le conseil scolaire SD numéro 76.

Bravo à ces deux gagnantes!

 

Dans un récent article publié par le National Post, quelques jours avant le gala des Prix Juno, le chroniqueur David Berry a affirmé que la culture populaire au Canada n’existait pas. En ce qui concerne les Franco-albertains, la situation est-elle la même? La culture francophone de l’Alberta est-elle populaire? Quelques éléments de réponse.

culture pop« Il faut arrêter de croire que la culture canadienne est de la culture populaire, car c’est faux. La culture populaire, c’est la culture américaine », a écrit le chroniqueur du  quotidien pancanadien.  Sylvie Thériault, directrice du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), juge que ce n’est pas représentatif de la culture franco-albertaine. « Ce n’est pas vrai que les artistes cherchent à se plier aux cultures américaines. Ici, les artistes cherchent à faire connaitre leur voix, leur unicité, leur individualité. Ils ne cherchent pas à se conformer à un certain genre », a-t-elle expliqué.

Les artistes émergents de la Francophonie albertaine se heurtent souvent à des obstacles qui les empêchent de rejoindre un plus large public. Selon Mme Thériault, le problème viendrait du manque d’accessibilité à des agences de production. « Pour se faire voir comme artiste, se faire connaitre, il faut vraiment être novateur dans nos approches. Il faut aller chercher les stratégies. Nous, au RAFA, on regroupe les artistes, mais on n’est pas des agents », a-t-elle soutenu. La directrice ajoute que la situation des artistes franco-albertains est difficile parce que la compétition est immense.

À la radio
La demande pour la diffusion de musique francophone d’ici vient souvent des regroupements d’artistes comme le RAFA, et parfois aussi des artistes eux-mêmes. Or, si le public ne fait pas toujours sonner les lignes téléphoniques pour faire entendre les artistes franco-albertains, les diffuseurs comme Radio-Canada Alberta s’en font un devoir.

Selon les informations du Recensement de 2011, l’Alberta est la province qui connait la plus grande croissance francophone au Canada. La population francophone albertaine a augmenté d'environ 18 % depuis 2006. La situation est la même du côté des arts. « Quand j’ai commencé, je pouvais compter les artistes du RAFA sur les doigts de la main », a déclaré Mme Thériault. « Aujourd’hui, on est à un potentiel de plus de 100 artistes », termine-t-elle. Que penserait David Berry de la variété grandissante de l’offre culturelle franco-albertaine?

 

unnamed1Les mois d’octobre et de novembre seront occupés pour le groupe de musique originaire de Winnipeg, Chic Gamine. Le quintet se lance dans une tournée pancanadienne dès le 15 octobre, à Montréal.

 

Après le Québec, l’Ontario et la Saskatchewan, ce sera à la province de la Rose sauvage d’accueillir le groupe, en novembre. Chic Gamine fera découvrir ses plus récentes chansons, issues de son album Light a Match, dont la sortie est prévue le 23 octobre.

 

La tournée prendra fin dans la ville natale de Chic Gamine, Winnipeg, le 21 novembre.


D’après le groupe, Light a Match est plus audacieux que ses deux précédents albums et correspond davantage à la vision de la musique que ses membres voulaient enregistrer à leurs débuts. Chic Gamine donne un avant-goût de son nouvel album, en rendant publique la chanson Follow Through, qui commence tout doucement en balade, et qui met en valeur la voix des trois chanteuses. Le rythme s’accélère ensuite pour donner la place à la guitare électrique.

 

Capture decran 2015-10-06 a 16.21.40

final oneLe 11 septembre marque le début de la tournée en province de la chanteuse franco-albertaine, Crystal Plamondon, qui lance son septième effort studio, intitulé Half Gospel, Half Heartbreak.

 

Crystal Plamondon s’admet particulièrement occupée, en vue de son lancement imminent et de ses diverses obligations, mais conserve son attitude positive. Elle aura mis six ans avant de produire son nouvel opus, mais sentait que c’était le bon moment pour elle. « Je sentais que j’avais quelque chose à dire », résume-t-elle, spécifiant que la dynamique musicale du Canada n’est pas la même qu’aux États-Unis, où il est rare que les artistes country attendent si longtemps avant de retourner en studio. Ses deux derniers albums remontent à 2009, qui avait été une année fort chargée pour la chanteuse.

DessinLa Société de la petite enfance et de la famille du sud de l’Alberta (SPEFSA) tient une journée portes ouvertes le 12 septembre pour faire connaître ses ateliers pour les enfants, les adolescents et les mamans. Cette année, l’organisme offre près de dix ateliers les soirs de semaine et la fin de semaine, allant de l’art dramatique à l’activité physique.

Le 31e Festival de musique folk d’Edmonton a tenu une bonne partie de la communauté médiatique et de la population d’Edmonton occupée. Avec plus de 70 artistes, dont plusieurs de renommée internationale, se partageant sept scènes pendant quatre jours avec le beau temps au rendez-vous pour le plus gros festival folk au pays, difficile d’imaginer le contraire.

Au milieu de cette masse anglophone, il était possible d’entendre des festivaliers s’exprimer en français entre eux, en plus de plusieurs artistes glissant quelques mots en français pendant leur spectacle. Retour sur un festival où les barrières linguistiques n’existaient plus, ne laissant place qu’à la musique.

Originaire d’Edmonton, l’auteure-compositrice-interprète Karimah a fait beaucoup de chemin depuis le début de sa carrière, il y a une dizaine d’années déjà. Surtout depuis qu’elle a fait un virage de l’anglais au français, il y a deux ans. Après ses passages remarqués à Polyfonik et à Chant’Ouest en 2014, c’est au tour du Festival international de la chanson de Granby (FICG) au Québec de l’inviter à faire ses preuves sur scène. Portrait d’une jeune artiste pleine de potentiel.

Ashanti Karimah Mcleod Marshall, abrégé à Karimah sur scène, a toujours eu des inspirations variées pour son art. Elle cite le Motown, la soul et le jazz parmi ses influences, qui ont pris tout leur sens lorsqu’elle s’est mise à chanter en français. «Comme artiste, je suis inspirée par beaucoup de musiques qui ne sont pas vraiment écoutées dans la francophonie», admet l’Edmontonienne dans la mi-vingtaine. Celle-ci se targue d’offrir une musique francophone avec, malgré tout, une petite saveur anglophone. «Je chante des petites phrases en anglais», mentionne celle qui a triomphé à Polyfonik en 2014.

Après 10 jours et 55 spectacles, le Festival international de jazz d’Edmonton s’est terminé le 28 juin dernier. Un festival qui, à en juger par les plusieurs spectacles à guichet fermé, a connu un bon succès. Compte rendu de l’événement.

C’est le saxophoniste edmontonien Don Berner qui a donné le coup d’envoi du Festival, en débutant le 19 juin à midi sur la scène du square Churchill. Il faisait chaud et sa performance était jumelée à The Works, festival d’art visuel dont les dates coïncident avec le Festival de jazz. Quelques centaines de personnes se sont assises pour se laisser porter par la musique. D’autres spectacles gratuits, notamment ceux au Old Strathcona Performing Arts Centre et à la Yardbird Suite, ont aussi connu un grand succès; une plus petite salle bien remplie fait meilleure figure qu’une grande salle presque vide. C’est un peu la problématique qu’ont connu les performances de Lisa Fisher et The Bad Plus Joshua Redman au Winspear Centre, qui ont peiné à vendre le tiers des billets disponibles.

La fin de semaine du 20 et 21 juin était chargée : entre les quelques festivals en cours, la Journée des autochtones (Aboriginal Day) le samedi, et la Fête de la musique (Make Music) le dimanche, la population d’Edmonton avait besoin d’une bonne excuse pour ne pas sortir de chez elle. La Fête de la musique, apparue seulement l’an dernier sur nos calendriers, a permis d’attirer plusieurs centaines de curieux.

De midi à 17 h, 85 artistes, surtout locaux, se partageaient 15 scènes le long de la 124e rue, entre l’avenue Jasper et la 110e avenue. Et les passants étaient conviés à déambuler à leur guise entre les spectacles, tous gratuits, pour y faire des découvertes. Et découvertes il y a eu : la scène musicale edmontonienne est dynamique et variée. Les sonorités rock, blues, jazz, pop et surtout folk se faisaient entendre le long de la rue et dans certains commerces. À noter, en revanche, que la francophonie s’est faite, comme prévu, timide lors de cette journée. Seulement une poignée d’artistes chantaient en français, principalement des reprises des grands paroliers français.

Page 4 sur 5
Aller au haut