CgyLe conseiller municipal de Calgary, Brian Pincott, a affirmé sa volonté, lors de son passage à Québec pour le Rendez-vous de la fondation du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, du 29 au 31 octobre, de voir sa ville devenir bilingue.

 

« Les écoles d’immersion ont des listes d’attente, ce qui veut dire que même quand les parents ne parlent pas français, ils reconnaissent la valeur d’être bilingue. Je pense que la génération après nous va être bilingue et ça va donner un tremplin à la francophonie », croit le conseiller municipal.

 

Il ajoute que les 90 000 francophones qui habitent à Calgary doivent avoir un meilleur accès à des services dans leur langue. Ces changements doivent se faire au sein de l’administration de la ville, et pas au conseil municipal, d’après Brian Pincott. « C’est bon pour l’image d’un politicien de se lever au conseil pour manifester son soutien aux francophones, mais ça prend plus que ça. Il faut que l’administration de la ville s’asseye avec les organismes francophones », explique celui qui s’implique aussi au sein du Réseau des municipalités francophones de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).

Créé en 2006, le Centre de ressources de la langue française de Grande Prairie comporte aujourd’hui plus de 18 000 documents à destination des professeurs, des parents et des élèves de tout l’Alberta.

« J’aurais aimé avoir ça quand j’étais encore prof en immersion dans ma salle de classe », raconte Lesley Doell, présidente de l’Association canadienne des professeurs d’immersion (ACPI) et consultante en langue française. C’est elle qui s’occupe du Centre de ressources de la langue française de Grande Prairie (CRLF), avec le soutien de Chelsea Buote.

Lancé en 2006 avec le soutien de nombreux partenaires – conseils scolaires anglophones et francophone de la région, Association canadienne-française de l’Alberta, Canadian Parents for French… –, le centre est financé par Patrimoine canadien. Son budget de 1,4 million de dollars pour la période 2013-2018 s’avère stable par rapport aux années précédentes.

Installé à l’intérieur de la bibliothèque municipale de Grande Prairie, le CRLF possède plus de 18 000 ressources : des livres bien sûr, mais aussi des documents vidéo, audio et multimédias. Des œuvres de fiction sont aussi de la partie. « On vient d’ajouter 3000 $ de romans pour les adolescents et 1000 $ de bandes dessinées », prend pour exemple Chelsea Buote, qui avoue que ses étagères commencent à être pleines.

Vendredi 6 février, Nicole Chenier a reçu un Prix de l’excellence en éducation. Cette éducatrice en prématernelle à l’École Nouvelle-Frontière de Grande Prairie nous raconte son parcours depuis le Québec et sa passion pour les enfants.

Au secondaire, alors qu’elle étudiait l’administration, elle s’imaginait devenir secrétaire dans un bureau. Une carrière qui l’aurait sûrement condamnée à l’ennui le plus profond… Finalement, Nicole Chenier change son fusil d’épaule et décide de s’inscrire à un cours consacré à la petite enfance. « Les enfants, ça me fascinait, se souvient-elle. Un enfant, ça te prend comme t’es, alors que les adultes peuvent porter des jugements. »

Son premier emploi sera dans une garderie de Papineauville, non loin de son village d’origine. Elle y restera 19 ans. Elle commence par s’occuper des poupons pendant six mois. « J’ai aimé ça mais tu n’as pas beaucoup de temps : c’est les biberons, les couches... » Après ça, l’éducatrice passe aux 2-3 ans et s’attache à éveiller leurs sens… avec des conséquences parfois inattendues : « Tu as beau leur dire que c’est pas propre, les enfants aiment beaucoup manger la neige ! », s’amuse la Québécoise. Parfois, les tout petits n’arrivent pas à exprimer leur pensée et, frustrés, se mettent à « pousser, tirer les cheveux, mordre ». Pour gérer ces petites crises, la clé reste la patience. Et ça tombe bien, Nicole en a à revendre.

Luc Lacasse a conduit une pelleteuse pendant deux semaines sur le site d’un puits de pétrole, à deux heures au nord-ouest de Grande Prairie.

 

« C’est pas fait pour tout le monde », affirme Luc Lacasse en racontant le quotidien des hommes qui vivent sur les puits de pétrole. Cet entrepreneur travaille habituellement dans la construction et la rénovation, mais il vient de réaliser un contrat de deux semaines sur un petit puits de pétrole près de Dawson Creek, en Colombie-Britannique. Un ami québécois sous-contractant pour les « compagnies d’huile » lui a donné le tuyau.

Sur place, une cinquantaine d’employés s’affairent autour du derrick et de sa perceuse qui descend à plusieurs kilomètres de profondeur en quête de l’or noir. Les ‘‘shifts’’ classiques durent douze heures, de sept du matin à sept du soir et inversement. Le bruyant moteur diesel alimentant la foreuse ne s’arrête jamais. Mais en tant qu’ancien camionneur, Luc n’a pas de mal à s’endormir. Au volant de sa pelleteuse, il transporte des produits chimiques ou des boues de forage trois heures par jour. Et le reste du temps ? « Je regarde la télévision et je vais sur internet avec mon téléphone. »

Dopée depuis des décennies par le dynamisme des secteurs du pétrole, du gaz et de la foresterie, Grande Prairie possède un grand pouvoir d’attraction. Si les opportunités d’emplois sont bien réelles, l’intégration n’est pas toujours simple pour les nouveaux arrivants, notamment les francophones.

« Il faut arrêter le rêve de l’eldorado, ce n’est pas le tapis rouge ici », explique Michelle Margarit, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta de Grande Prairie et conseillère à l’emploi.

Koffi Kouadio (sur la photo avec sa femme) peut en témoigner. Cet ingénieur diplômé au Québec n’a pas encore trouvé d’emploi à la hauteur de sa formation. En arrivant à Grande Prairie, il a travaillé sur des chantiers de construction pour « payer les factures et nourrir la famille ». Il n’a aujourd’hui plus d’ouvrage et sa femme Élisabeth Katchié doit rester à la maison s’occuper de leur dernier enfant, trop jeune pour aller à la garderie. « Les médias internationaux ne montrent que les côtés positifs [du Canada] et pas les difficultés », estime M. Kouadio. « Quand je dis [à ma famille restée en Côte d’Ivoire] que je n’ai pas un rond, ils ne me croient pas ! », ajoute Mme Katchié. La communauté ivoirienne les aide à tenir.

 

Nicole Chenier, éducatrice en prématernelle à l’École Nouvelle-Frontière de Grande Prairie, a reçu vendredi 6 février le Prix de l’excellence en éducation. Une récompense qui souligne ses « méthodes innovatrices », sa « capacité exceptionnelle à stimuler le développement des enfants », son « engagement à l’égard du développement des enfants et de la profession d’éducation à la petite enfance », ainsi que son « implication au sein de la communauté francophone. »

Sur la photo : Mireille Péloquin, directrice de la Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA) ; Marcel Lizotte, directeur général du Conseil scolaire Nord-Ouest ; Nicole Chenier, éducatrice en prématernelle à l’École Nouvelle-Frontière de Grande Prairie ; Claudine Lajoie, présidente de la FPFA.

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