Le vétéran franco-albertain de 101 ans, Ernest Côté, s’est éteint le 25 février à Ottawa, laissant derrière lui de nombreuses médailles, insignes et la mémoire d’un homme courageux et généreux.

« Je l’ai connu lorsque j’étais doyenne, raconte la sénatrice Claudette Tardif. M. Côté était venu me voir parce qu’il voulait honorer la contribution de son père à la francophonie en appuyant le Campus Saint-Jean (CSJ). » Jean-Léon Côté, père d’Ernest Côté, a en effet donné son nom au village de Jean Côté, dans la région Rivière-la-Paix. Il fut arpenteur, ingénieur minier, député et ensuite sénateur en Alberta, au début du siècle.

En 1993, M. Côté fils a fait un don important au campus, redistribué en bourses de 1500$ à 3500$ pour les élèves des écoles francophones qui décident de poursuivre leurs études au CSJ : la bourse Jean-Léon Côté. « À l’époque, la philanthropie était assez inhabituelle ici, témoigne Mme Tardif. Cela avait beaucoup impressionné les dirigeants de l’Université de l’Alberta, se rappelle-t-elle. L’argent, ça parle. »

Après des études de droit à l’Université de l’Alberta (et une éducation classique en français au Collège des Jésuites d’Edmonton), il se joint au Royal 22e régiment en tant que lieutenant en 1939. Puis, quelques échelons plus tard, il débarque en Normandie le 6 juin 1944 en tant que responsable de la logistique pour la 3e division de l’infanterie canadienne.

Gilles Caron est en 2015 un nom “coquille” qui abrite une question constitutionnelle lourde de sens et de conséquences, une fois tranchée par le plus haut tribunal du pays. L’homme derrière ce nom ne fait plus l’objet que de quelques lignes récapitulatives à la fin des textes de nouvelles.

Le chauffeur albertain Gilles Caron a pris en 2003 un mauvais tournant à gauche. L’infraction lui vaut une contravention qu’il décide de réclamer en français devant les tribunaux. Et ainsi commence ce que les médias appellent maintenant la saga.

« On m’avait traité de noms désobligeants quand j’étais à l’emploi de la ville d’Edmonton parce que j’étais francophone. Je n’aurais pas eu un genre de réveil culturel si l’attitude envers la francophonie avait été correcte.  » La ‘‘saga’’ avait donc commencé bien avant la contravention, pour Gilles Caron. « La première opportunité que j’ai eue [de revendiquer mes droits], c’est d’obtenir le billet en français et je pensais vraiment que j’allais l’avoir. Ça m’a surpris », dit-il. À l’époque, M. Caron pensait pouvoir plaider seul devant les juges, pendant quelques heures, « sur un point constitutionnel ».

Classée parmi les 40 femmes les plus inspirantes du Canada par le magazine Canadian Living et dans le Top 25 des immigrants canadiens de RBC, l’Albertaine Vivian Abboud voit son implication communautaire récompensée. Retour sur le parcours de cette Libanaise trilingue « née pour vivre au Canada ».

« L’année 2014 était une année de nominations pour moi », sourit Vivian Abboud. Difficile de lui donner tort. Le magazine Canadian Living l’a classée parmi les 40 femmes les plus inspirantes du Canada et lui consacre un portrait dans son édition de janvier. Par ailleurs, elle fait partie du dernier Top 25 des immigrants canadiens de la Royal Bank of Canada (RBC).

Actuellement chef d’équipe au département langues officielles du gouvernement de l’Alberta à Edmonton, Vivian Abboud préfère se définir comme une défenseuse de la communauté. Investie bénévolement dans la lutte contre la pauvreté et la valorisation des femmes, elle est notamment membre fondatrice de la Women’s Advocacy Voice of Edmonton (WAVE). Elle siège par ailleurs au comité de l’Institute for Canadian Citizenship afin de « rappeler aux nouveaux citoyens l’importance d’être impliqué dans la ville », notamment les francophones.

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