Des centaines de visages de Franco-Albertains arborent l’espace public de Lethbridge, Saint-Paul et Edmonton. Dans le cadre du projet Visages et des Journées de la culture, le Centre d’arts visuels de l’Alberta (CAVA) invite le public à visiter ses trois installations photographiques étalées à travers la province. Ces portraits reflètent le profil multiple de la jeunesse francophone de l’Alberta, très enthousiasmée par le projet.

Le 30 juin dernier, l’UniThéâtre a annoncé le départ d’une grande figure des arts de la scène, de la communauté franco-albertaine. Après six ans de bons et loyaux services, le directeur artistique de l’UniThéâtre, Brian Dooley a décidé de passer prochainement le flambeau et de tirer sa révérence. Retour sur l’itinéraire d’un homme aussi passionné par la vie que par la comédie!

Suzanne Corneau a été la directrice d’Accès Emploi, basé au sein de la Cité francophone à Edmonton, de 2002 à 2017. En 15 ans, celle qui est partie à la retraite le 31 mars dernier a pu observer l’évolution du marché de l’emploi. Elle aura aussi été spectatrice de la croissance de la communauté franco-albertaine depuis son arrivée dans la province dans la fin des années 1980. Suzanne Corneau revient sur son parcours, ainsi que sur les avancées et transformations dont elle a pu être la témoin privilégiée.

Fernande Bergeron a dirigé l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) pendant onze ans. Femme de passion et d’ambition son palmarès en développement communautaire est des plus éloquents. Venue du Québec dans les années 1950, elle s’attèle vite à la construction d’une communauté francophone albertaine alors que tout est à faire. Aujourd’hui, elle part à la retraite avec l’envie de transmettre. Le Franco retrace le parcours de cette femme polyvalente qui s’est donnée comme point d’honneur de servir les autres.

Le 31 juillet dernier, Thomas Pomerleau et sept autres étudiants engagés se sont vu remettre officiellement leur Queen’s Golden Jubilee Citizenship Medal pour l’année 2014 des mains de la Lieutenante-gouverneure de l’Alberta, l’honorable Lois Mitchell.

Cette médaille du jubilé, assortie d’une bourse de 5000 $, a été créée en 2002 pour souligner le 50e anniversaire de l’accession au trône par Sa Majesté la reine Elizabeth II. Elle vise à reconnaître des jeunes albertains pour leur rôle de leadership et leur engagement bénévole au niveau parascolaire et dans la communauté.

«J’ai vraiment été surpris lorsque j’ai reçu en février dernier une lettre qui confirmait que j’avais été choisi comme récipiendaire. Je sais que dans l’évaluation des dossiers, ils ont regardé mon implication à l’école secondaire lors de ma 10e, 11e et 12e année», avoue le jeune homme originaire de Beaumont qui a entamé ses études universitaires au Campus Saint-Jean en septembre 2015.

Originaire d’Edmonton, l’auteure-compositrice-interprète Karimah a fait beaucoup de chemin depuis le début de sa carrière, il y a une dizaine d’années déjà. Surtout depuis qu’elle a fait un virage de l’anglais au français, il y a deux ans. Après ses passages remarqués à Polyfonik et à Chant’Ouest en 2014, c’est au tour du Festival international de la chanson de Granby (FICG) au Québec de l’inviter à faire ses preuves sur scène. Portrait d’une jeune artiste pleine de potentiel.

Ashanti Karimah Mcleod Marshall, abrégé à Karimah sur scène, a toujours eu des inspirations variées pour son art. Elle cite le Motown, la soul et le jazz parmi ses influences, qui ont pris tout leur sens lorsqu’elle s’est mise à chanter en français. «Comme artiste, je suis inspirée par beaucoup de musiques qui ne sont pas vraiment écoutées dans la francophonie», admet l’Edmontonienne dans la mi-vingtaine. Celle-ci se targue d’offrir une musique francophone avec, malgré tout, une petite saveur anglophone. «Je chante des petites phrases en anglais», mentionne celle qui a triomphé à Polyfonik en 2014.

Déjà connue dans le milieu de l’éducation francophone en Alberta, l’enseignante Simone Desilets, née à Bonnyville, est réputée pour son sens de l’écoute et son désir d’aider les autres. Cela l’a amené à faire du bénévolat outremer, chaque été depuis 2012. D’ailleurs, elle vient de débuter son nouveau périple au Togo, jusqu’en fin juillet. Portrait d’une Franco-Albertaine d’exception et de sa façon de changer le monde, une personne à la fois.

À Ottawa au moment de l’entrevue, Simone Desilets quittait le pays quelques heures plus tard pour son quatrième voyage avec le Projet outremer, qui envoie chaque année quelques dizaines d’enseignants canadiens bénévoles vers d’autres pays pour offrir de la formation au corps professoral du pays hôte. « Étant jeune, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs enseignants venant d’autres pays à travers le monde, ou des enseignants qui ont voyagé. Comme jeune fille, c’est resté », admet-elle. « J’ai commencé à m’impliquer avec la Fédération canadienne des enseignants lorsque j’ai appris que l’on cherchait des enseignants bénévoles pendant l’été pour faire de la formation. Je connaissais le programme depuis longtemps et j’ai toujours été tentée de le faire, mais les circonstances familiales n’étaient pas en ma faveur », se souvient Mme Desilets, aussi mère de deux enfants. Une fois que ceux-ci étaient assez vieux, elle a tenté sa chance et a été sélectionnée pour un premier voyage, en Ouganda.

Rares sont les Franco-Albertains qui n’ont jamais entendu parler de Léo Piquette, fier défenseur de la langue française dans la province, notamment lors de son mandat comme élu du Nouveau Parti démocratique (NPD)  de 1986 à 1989. Fraîchement élu dans la circonscription d’Athabasca-Sturgeon-Redwater, mais moins connu de la communauté francophone, son fils Colin Piquette est un homme impliqué dans son milieu et un francophile assumé.

« J’ai joint le NPD lorsque j’avais 14 ans », se souvient le nouveau député, qui s’était aussi présenté en 2001. Aujourd’hui âgé de 45 ans, Colin Piquette est agent d’assurance et un ancien professeur d’éthique de droit à l’Université de l’Alberta, en plus de s’être impliqué entre autres dans son village de Boyle à la Chambre de commerce, à la Société d’agriculture et à la Boyle Betterment Society. Il jumelle le travail, ses nombreuses implications et la famille, lui qui élève avec sa femme ses deux fils, dont un est autiste.

« À la maison, nous parlons anglais, même si ma femme parle très bien français, [parce que] ce serait difficile pour mon deuxième fils d’apprendre une nouvelle langue. Alors je suis moi-même un peu rouillé! », reconnaît avec humilité Colin Piquette, qui a été élevé dans une famille francophone à Plamondon, mais qui n’a bénéficié que d’un enseignement en anglais. « Mon plus vieux parle très bien français, alors je crois qu’il gardera l’héritage francophone vivant dans la famille !»

Vendredi 1er mai, la sergente Josée Valiquette, chargée des relations avec les médias au sein de la Gendarmerie royale du Canada albertaine, a présenté son parcours professionnel au Forum Génération’elles de la Coalition des femmes de l’Alberta.

Entrée à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à 18  ans en tant que secrétaire, la Québécoise Josée Valiquette a dû retranscrire des enregistrements d’écoutes téléphoniques liées à des trafics de drogue. Fascinée par cet univers et par le travail d’enquête, elle décide de devenir elle-même policière et se fait engager en 1990. Sa première affectation sera à Regina. 25 ans plus tard, Josée Valiquette est désormais responsable des communications avec les médias à Edmonton, après avoir occupé de nombreux postes de terrain ou de bureau dans différents coins du Canada, de Prince Rupert (Colombie-Britannique) à Ottawa en passant par Whitecourt. C’est ce parcours mouvementé que la sergente a raconté vendredi 1er mai en ouverture du Forum Génération’elles de la Coalition des femmes de l’Alberta.

Direction la côte ouest

Au début de sa carrière, Josée Valiquette ne maîtrise pas encore l’anglais. Elle peine parfois à comprendre les messages radio lorsqu’elle patrouille au volant de sa voiture de service, à Salmon Arm (Colombie-Britannique). « Mais quand je croisais des véhicules avec des sirènes, je suivais ! », raconte avec humour la policière. Sur le terrain, alors que son anglais s’améliore, elle réalise le pouvoir de la parole. « Il y avait une femme dont j’arrêtais toujours le mari pour violences conjugales. Dans ces années-là, on le laissait aller quand il était sobre et que la femme ne voulait pas porter plainte », se souvient Mme Valiquette, ce qui ne l’empêchait de discuter avec elle à chaque fois, pour la pousser à faire le bon choix. Un jour, la policière recroise cette dame qui lui avoue avoir enfin laissé son mari. « Elle m’a dit que j’avais eu un impact sur elle  », se rappelle la sergente. Et cela peut aussi fonctionner avec des criminels endurcis : « À un moment donné, on peut les toucher et ils décident de prendre un chemin différent… »

Rencontre avec Barbra Ann King, fondatrice de l’école d’équitation Relationship Riding et gemmologue à Cochrane.

Les gens qui rencontrent Barbra Ann King ne se doutent pas que sous ce parfait accent anglais se cache une francophone du Québec. Ce bilinguisme, c’est à Jonquière qu’elle l’a acquis. Née d’un père ukrainien et d’une mère québecoise francophone, Barbra fréquente l’école primaire et secondaire anglaise. Elle profite de son enfance pour monter des chevaux à une école d’équitation à Laterrière. La relation qu’elle établit avec ces animaux ne cessera jamais de grandir.

Une fois l’école secondaire terminée, Barbra poursuit ses études en administration dans un collège francophone de Jonquière. Elle étudie ensuite à l’Université du Québec à Chicoutimi en psychologie de l’enfance inadaptée, un sujet qui lui tient particulièrement à coeur. Elle ne termine pas ces études universitaires mais débute plutôt une carrière en communication et en marketing. Pendant deux décennies, elle se concentre sur des emplois en communication, mettant de côté chevaux et psychologie.

La lecture de l’ouvrage Psychologie et comportement du cheval, écrit par un précurseur de la psychologie du cheval, devient un moment charnière dans sa vie. « Tout d’un coup, un jour, j’ai dit : attends une minute! J’ai pris la psychologie et les chevaux et j’ai mis ça ensemble. » Barbra se tourne alors vers l’étude de la psychologie du cheval, une discipline à peine connue à cette époque. « Ça, ça m’a ouvert un parcours. » Elle conçoit la technique du relationship riding qu’elle désire tester sur des chevaux. Puisqu’elle n’en possède pas à ce moment-là, elle offre à un homme de Pintendre qui réhabilite de vieux chevaux de les entraîner pour lui. « Cela a été un bel échange ; je prenais des chevaux qui avaient des gros problèmes, je les entraînais et puis lui, il les gardait pour faire des bons chevaux de trait. » Le résultat est concluant : les gens se mettent à acheter ces chevaux entraînés par Barbra. Elle décide alors qu’il lui plairait de vivre dans un lieu favorable à l’élevage de chevaux. L’Alberta lui semble l’endroit tout indiqué pour mettre ses techniques de l’avant. Elle s’installe à Cochrane ; il y a de cela 18 ans aujourd’hui.

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