C’est une première dans la Francophonie albertaine ! Le vendredi 18 novembre un panel sur la diversité sexuelle, lancé par Francophonie Jeunesse Alberta, en collaboration avec la Fédération des parents francophones de l’Alberta, s’est déroulé au Campus Saint-Jean. Plus d’une trentaine de personnes ont assisté à l’évènement. Le but de la rencontre ? Sensibiliser et parler sans tabou des défis et des enjeux liés à l’identité sexuelle, l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. Une rencontre parfois teintée d’émotion tant pour les jeunes, que pour certains des parents qui ont répondu présents à l’invitation !

hey
La Francophonie Jeunesse de l’Alberta (FJA) a offert un 5 à 7 au sein de ses locaux afin d’initier la communauté francophone au concept des alliances Gaies-Hétéros (AGH). Coordonnée par Alexandre Dumas, cette soirée a permis aux personnes présentes de participer à des activités éducatives sur la cause LGBTQ+ et sur les raisons d’être des AGH.

FJA
Au sein de la communauté franco-albertaine, Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA) est le véritable porte-étendard de la cause LGBTQ. Pourtant, son directeur général, Casey Edmunds, plaide pour un plus grand engagement des acteurs de la communauté afin de briser l’isolement des jeunes LGBTQ.

La ville d’Edmonton jouit d’une belle réputation d’inclusion, étant depuis longtemps connue comme ouverte devant la diversité sexuelle. C’est du moins ce que l’Edmonton Pride Festival, grande fête de la fierté lesbienne, gaie, bisexuelle, trans et queer, croit fermement. Le festival ouvert à tous est actuellement à son 35e rendez-vous annuel, depuis le 5 et jusqu’au 14 juin.

Les préparatifs étaient en place : les traverses piétonnières du quartier Old Strathcona ont été peintes aux couleurs de l’arc-en-ciel pour l’occasion. Cela marquait aussi le retour du festival dans le quartier qui l’avait vu naître en 1981. « L’endroit offre beaucoup plus d’espace qu’au centre-ville, par exemple », explique John McDougall, membre du conseil d’administration du festival. « Nous changeons d’endroit à chaque année, mais nous sommes heureux de revenir ici ». Le défilé annuel du festival  eu lieu le samedi 6 juin sur l’avenue Whyte, pour se terminer au parc Strathcona.

Mardi 10 mars, les députés albertains ont voté en faveur du projet de loi 10 amendé favorisant la création d’alliances gais-hétéros dans les écoles. Une décision soutenue par les conseils scolaires francophones de la province*.
Alors que la version initiale du projet de loi 10 autorisait les conseils d’écoles à bloquer l’éventuelle création d’alliances gais-hétéros, la troisième version a finalement fait sauter ce verrou. Mardi 10 mars à l’Assemblée législative de l’Alberta, le projet de loi amendé a été voté à la quasi-unanimité.

Une alliance gais-hétéros est un groupe dirigé par des élèves au sein d’une école offrant un lieu de soutien et de socialisation pour réunir les jeunes en minorité sexuelle (gais, lesbiennes, bisexuels, transgenres…) et les hétérosexuels. L’un des objectifs est de lutter contre le sexisme et l’homophobie.

Au moins trois des quatre conseils francophones de l’Alberta* se disent prêts à appliquer la loi même si, pour le moment, aucune demande de création d’alliance n’a été enregistrée.

« On est super content que cette loi ait été adoptée comme ça, réagit Kevin Bell, le président du Conseil scolaire Centre-Nord. On était rendu à la 7e ébauche d’une politique qui ressemble en tous points à la loi… Ça s’accorde merveilleusement bien. » Pas question de mettre en place une différenciation entre les écoles publiques et les écoles catholiques. « C’est une question de droits humains, pas de religion ou de croyance personnelle », insiste M. Bell.

Si j’étais mère d’un enfant en âge d’être inscrit à la nouvelle école de Beaumont, ou de Camrose, je me serais posé une question lors de la réunion des parents sur la confessionnalité de l’école. Est-ce que l’école, étant catholique, pourrait refuser de former des alliances gais-hétéros dans l’école de mon enfant ? Est-ce que des précédents font qu’il y aurait de fortes chances que certaines écoles s’y opposent ?

La réponse bien sûr ne relève pas seulement du conseil scolaire. Le projet de loi 10 sur les alliances gais-hétéros est à l’heure actuelle dans la pile « pas pour tout de suite », car le premier ministre Prentice a dû faire face à des représailles de tous côtés, y compris de membres de son propre parti. L’ironie, c’est qu’il essayait, avec un projet de loi pratiquement et idéologiquement contradictoire, d’accommoder tant les droits des jeunes LGBTQ, que ceux des parents ainsi que l’autonomie des conseils scolaires, ne s’attirant au final que des ennuis. Selon l’éditorialiste Graham Thompson, on peut s’attendre à ce que ce projet de loi revienne sur la table à la session parlementaire du printemps.

Aller au haut