Samedi 11 avril à 13h, Francophonie albertaine plurielle (FRAP) a tenu une réunion d’information et de discussion au Campus Saint-Jean. L’occasion de rappeler la raison d’être de ce nouvel organisme et de prendre le pouls de la communauté.

Qu’est-ce que Francophonie albertaine plurielle (FRAP) ?

« La FRAP a pour mission de rapprocher les communautés et de veiller à l’intégration socioéconomique et culturelle des francophones issus de la nouvelle immigration, notamment les communautés d’origine africaine et haïtienne qui sont les plus vulnérables. » C’est ainsi que Jeanne Lehman, présidente de la FRAP, a résumé l’objectif de l’association dans son discours d’ouverture, samedi après-midi au Campus Saint-Jean. Officiellement lancé le 12 décembre, l’organisme se définit comme « un groupe de pression et d’action ».

La FRAP souhaite se concentrer sur six orientations : l’éducation, l’employabilité et l’entreprenariat, la culture, la participation civique, la représentativité des communautés (pour que la nouvelle immigration participe aux prises de décisions les concernant) ainsi que le changement du discours public. L’association rappelle que « le visage de la francophonie a changé en Alberta » et veut s’assurer que l’offre de services proposés par les organismes albertains corresponde aux besoins des communautés d’origine étrangère. « La confiance n’exclue pas le contrôle », a souligné Mme Lehman.

Lors du lancement de Francophonie albertaine plurielle vendredi 12 décembre dernier, l’acronyme FRAP, qui l’identifie maintenant, a suscité des sourires et quelques interrogations quant à son sens qu’il faut sans doute chercher du côté métaphorique ou symbolique. Disons d’emblée que c’est à chacun/e de l’associer à ce qu’il peut évoquer chez lui/elle, mais il est indubitable que le mot frappe par sa qualité d’homonyme. Je sais de sources sûres que le comité responsable de la création de l’organisme a d’abord choisi un nom qui incarnait le mandat et les objectifs qu’il voulait se donner, et que le mot « frap » est venu ensuite. Comme si un destin quelconque était à l’origine de ce regroupement d’individus issus de plusieurs coins du monde francophone, et comme si un mandat particulier leur avait été ordonné. J’ose avancer une telle explication parce que le Robert historique de la langue française (1992, de 2383 pages, en deux volumes) traite de la langue française – son évolution et sa place dans le monde – de la page 829 à 840, et glisse au milieu de ces pages (p. 837) le mot « frapper » et « frappe », notre homonyme ici auquel il accorde dans ses premiers exemples le sens suivant : (1178, estre en male frape « être en situation difficile ») « action de frapper et son résultat ». Cela semble résumer les étapes que la FRAP veut se donner – une « situation difficile », en effet, caractérisée par une exclusion systémique, qui fait appel à des solutions – un peu comme on dit que la parole vient du silence, métaphore tout désignée pour le processus enclenché par la FRAP…

Un Comité ad hoc intégration professionnelle a été créé début octobre par le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) pour « entamer un dialogue par rapport à l’intégration professionnelle d’individus issus de l’immigration ». La première réunion a eu lieu le 5 novembre.

« On a eu une rencontre avec le groupe FRAP (Francophonie albertaine plurielle) le 19 juin. On s’est dit que c’était un sujet qui méritait davantage d’informations, davantage de débats », explique Karen Doucet, présidente du comité et du CSCN, qui affirme que le conseil est « sensible aux changements dans notre communauté [francophone] ». Elle se rappelle notamment d’une hausse record du nombre d’élèves en 2006 (+21%), conséquence directe de l’immigration francophone.

Le mois dernier, une pétition réclamant davantage d’enseignants issus de l’immigration au sein du CSCN avait réuni 500 signatures.

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