Originaire de l’Alberta, l’artiste céramiste francophone Dale Dorosh vit désormais en France. Il expose une cinquantaine de pièces à la Galerie PAVA jusqu’au 28 avril. Toutes sont à vendre à prix abordable. Rencontre.

D’où venez-vous ?

Je suis né à Wetaskiwin. Mes grands-parents avaient un chalet à Pigeon Lake. [...] Sinon j’ai grandi à Edmonton.

Parliez-vous déjà français à l’époque ?

J’ai toujours été intéressé à apprendre le français. J’ai commencé en 4e année je pense, jusqu’au lycée et un peu à l’université.

Qu’est-ce qui vous a amené  à la poterie ?

Mon frère a commencé à faire de la céramique avec la Potters’ Guild. Je prenais des cours le samedi matin avec lui. Après, on a pris des cours avec Noboru Kubo à Edmonton.  [...] C’était très beau ce qu’il faisait. Mon père lui achetait des pièces : on utilisait ses tasses et ses bols quotidiennement. Au Japon, la céramique est le premier art. Noboru est [céramiste de] quatrième génération, pour les Japonais ça compte beaucoup. [...] À l’Université de l’Alberta, j’ai suivi des cours avec Noboru à la faculté d’extension. Je travaillais aussi comme technicien pour l’atelier : je faisais des fournées, je mélangeais des émaux… J’étudiais les mathématiques et en même temps l’histoire de l’art. [...]

Gregory Chauvet a découvert le handball sur le tard, au secondaire, ce qui ne l’a pas empêché d’intégrer les équipes provinciales junior et senior, ainsi que l’équipe nationale junior. Il espère se qualifier pour les prochains mondiaux.

Né à Red Deer de parents anglophones, Gregory Chauvet a appris le français en immersion dès la maternelle. C’est à la Lindsay Thurber High School, en 11e, qu’il découvre le handball. « À l’école, j’ai joué pratiquement tous les sports. Le handball était juste le sport qu’on jouait au printemps parce que le basket était fini et qu’on n’avait pas grand-chose à faire ! », se rappelle Greg. Un choix un peu par défaut qui a finalement débouché sur une passion.

Un des attraits de ce sport rapide et nerveux était que « tout le monde commençait au même niveau et avait la même expérience », puisque personne n’avait eu l’occasion de jouer auparavant. Paradoxalement, c’est aussi ce qui dissuadait certains jeunes, découragés à l’idée de se frotter à une toute nouvelle activité. Greg, lui, tente l’aventure et y prend goût. « J’ai été approché par le coach de l’équipe provinciale, il donnait des pamphlets à tout le monde avec du potentiel. »

Lancé à Edmonton en décembre 2014, le service de transport entre particuliers Uber pose problème à la Ville, qui a déposé en février une injonction pour que l’entreprise cesse ses activités. L’audition à la Cour du Banc de la Reine a été reportée au 26 mars. La municipalité souhaite prendre le temps de trouver un règlement autorisant la cohabitation entre Uber et les taxis, qui se disent victimes de concurrence déloyale. Inscrit depuis janvier 2015, Corey Loranger nous explique comment le service fonctionne côté chauffeur.

Quel est ton travail principal ?

Je suis pigiste, comédien au cinéma et je travaille en télévision en tant qu’animateur : je fais du remplacement à Radio-Canada ici en Alberta et à la nouvelle chaîne francophone Unis, pour une émission qui s’appelle Couleurs locales. Je fais aussi de l’animation d’évènements et de la réalisation. Mes horaires sont vraiment non conventionnels. Chaque semaine est différente. C’est pour ça que j’ai la liberté d’entreprendre des trucs comme Uber.

Pourquoi as-tu décidé de travailler pour Uber ?

[… ] Je suis vraiment fan de ce système. Je ne suis pas nécessairement fan de Uber en tant que compagnie, mais c’est vraiment une idée brillante. Cela crée de nouvelles opportunités de transport dans notre ville. [...]

 

Comment s’est passé le recrutement ?

J’ai trouvé ça impressionnant. Le côté sécuritaire de Uber est très développé. [...] J’ai fait mon application en ligne, ça m’a pris peut-être une demi-heure pour répondre à toutes sortes de questions. J’ai dû envoyer plusieurs documents : évidemment mes assurances, mon enregistrement de voiture, mon casier judiciaire, mon historique en tant que chauffeur et des photos de ma voiture (elle doit avoir quatre portes et pas plus de six ans je pense). [...].

 

Vendredi 13 mars, l’évêque belge Eugenio Rixen a rencontré des élèves de l’école J.H. Picard à Edmonton pour leur parler de ses 35 ans passés au Brésil auprès des petits agriculteurs. Un rendez-vous organisé dans le cadre du ‘‘carême du partage’’ de l’organisme Développement et Paix, le Caritas canadien.

« São Paolo, c’est la moitié du Canada ! », s’exclame Monseigneur Eugenio, devant une foule d’élèves massés dans une salle de l’école d’immersion J.H. Picard. En effet, la région métropolitaine de São Paolo abrite plus de 20 millions d’habitants. Une bonne introduction au gigantisme brésilien… mais l’évêque belge est surtout là pour parler d’agriculture : «  Les gens veulent retourner à la terre car, en ville, il y a le chômage, la misère ! » Invité par l’organisme catholique Développement et Paix et présenté par Christina Kruszewski – animatrice de l’organisme et ancienne élève de J.H. Picard –, Eugenio Rixen vit au Brésil depuis 35 ans où il soutient l’agriculture familiale. L’évêque travaille au sein de la Commission pastorale de la terre, partenaire de Développement et Paix.

« Au Brésil, on a une forte conscience que la foi doit s’engager dans les problèmes sociaux », explique Mgr Eugenio. Ces problèmes sont nombreux dans le plus grand pays d’Amérique latine, mais le prêtre a choisi de s’attaquer à l’agrobusiness qui consiste à consacrer de plus en plus de terres à des cultures destinées à l’exportation – Chine, pays arabes, Afrique… –, comme le maïs, le soja et la canne à sucre. Le diaporama projeté sur grand écran s’arrête alors sur le portrait d’un coupeur de canne à sucre, « un travail d’esclave » selon l’évêque, presque pas rémunéré. Les petites propriétés écologiquement responsables de l’agriculture familiale sont donc menacées, alors qu’elles produisent trois quarts des aliments consommés au Brésil.


Du 7 au 25 mars, l’Alliance française propose de découvrir une douzaine de films récents en langue française dans différents lieux d’Edmonton. Un Festival du film francophone entièrement gratuit et avec des sous-titres pour les anglophones.

« L’idée, c’est de partager la passion du cinéma et la culture francophone, explique Leticia Gomez, membre du conseil d’administration de l’Alliance française d’Edmonton (AFE) et étudiante en éducation. On veut vraiment rejoindre tout le monde, aller au-delà de la communauté francophone de Bonnie Doon. »

Pour atteindre cet objectif, l’AFE organise son deuxième Festival du film francophone dans plusieurs endroits : à l’Alliance française et au Campus Saint-Jean, comme l’année dernière, mais aussi à la bibliothèque municipale, à la Galerie d’art de l’Alberta et au campus nord de l’Université de l’Alberta.

La célébration du Mois de l’histoire des noirs, samedi 28 février à l’Africa Centre, a permis aux communautés africaines d’Edmonton de partager leurs succès, tout en discutant de leurs faiblesses.

« En tant qu’Africains et noirs, on n’a pas beaucoup de moments pour célébrer. Et nous avons trouvé que les gens ont souvent beaucoup de stéréotypes de l’être africain, de l’être noir. On a remarqué que les gens ont aussi une certaine ignorance vis-à-vis des succès, des accomplissements des gens d’origine africaine », fait remarquer le directeur du comité d’organisation de l’événement, Ibrahim Karidio.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la journée de samedi avait à son menu une présentation historique des luttes africaines, mettant en vedette les grands leaders noirs, les plus connus étant Frederick Douglass, Nelson Mandela et… Obama. « Ce qui démontre qu’Obama est bien africain, c’est qu’il ne s’implique dans rien sans en être le chef», termine l’auteur Guy Armel Bayegnak, qui donnait la présentation. « Nous avons beaucoup de dirigeants [dans nos communautés africaines immigrantes], des gens d’action, mais on oublie que ce sont des gens aimables, polis et pacifistes », pense M. Karidio.

Les festivités ont donc commencé par des discours des représentants de l’Africa Centre ainsi que de la ville d’Edmonton, y compris le maire Don Yveson et les conseillers Bev Esslinger et Dave Loken. Ont suivi la présentation historique de M. Bayegnak et l’organisation de la foule en groupes de discussions autour des thèmes de la journée : autonomisation, leadership et héritage, le tout entrelacé de prestations musicales et dansantes – sur scène et dans le salle – au rythme du groupe multiculturel Wajjo et de la troupe de danse camerounaise Pomae. La journée fut clôturée par un défilé de mode avec des costumes de toute l’Afrique et un repas abondant. Plus de 400 personnes s’y sont présentées, en comptant les tout petits et les jeunes qui ont pu profiter de la garderie et des activités parascolaires de l’Africa Centre.

« Quand on parle du Canoë volant, on parle de ce beau bateau et l’idée c’est qu’on embarque ensemble. On flotte, on voyage le ciel ensemble, on atterrit dans le ravin et on partage nos richesses culturelles avec la grande communauté d’Edmonton qui est anglophone. »

C’est de cette manière que le directeur de La Cité francophone et organisateur de l’Aventure du Canoë volant, Daniel Cournoyer, décrit l’événement qui depuis trois ans investit le quartier Bonnie Doon au mois de février. Le 6 et 7 février au soir, plus de 12 000 personnes se sont promenés de La Cité francophone au ravin Mill Creek pour profiter de tous les spectacles, activités et installations offerts.

Le festival s’inspire de la légende franco-canadienne de Galerie, ce chasseur condamné à errer dans le ciel à tout jamais pour avoir préféré la chasse à la messe. Mais c’est une fusion de cette légende avec celle des canoës volants des Premières Nations qui donne son âme à l’évènement. « En s’inspirant des deux légendes, à ma grande surprise, on est en train de tisser des liens, relate Daniel Cournoyer. La première année, c’était vraiment que nous, les francophones, qui partagions notre culture avec le grand Edmonton. L’année d’après, on a embarqué avec Native Counselling Services of Alberta (NCSA). »

La 9e édition de la Soirée de curling en français a rassemblé 28 équipes dans un affrontement amical. L’épreuve était davantage de tenir toute la soirée en alternant ronde de jeu et ronde de bière, bien que tout le monde ait terminé les joutes en un seul morceau. Les organisateurs prévoient déjà la date de l’an prochain.

Du 28 au 30 janvier se tenait le Winter Cities Shake-Up au centre de conférences Shaw d’Edmonton. Des conférenciers du monde entier se sont réunis pour tenter d’imaginer la ville hivernale du futur. Le Québécois Pierre Labrie était parmi eux.

« Nous avons de grands festivals d’hiver, le ski alpin et le ski de fond, le patinage, la luge et de nombreuses autres activités. En tant que plus grande ville septentrionale du continent, Edmonton devrait en toute logique devenir une ville hivernale de renom. » Voilà ce que déclarait Stephen Mandel, ex-maire d’Edmonton, en préambule du document intitulé « For the love of winter – Strategy for transforming Edmonton into a world-leading winter city » diffusé en 2012.

D’autres villes donnent l’exemple, comme Copenhague (Danemark) et ses patios extérieurs ouverts toute l’année grâce à la présence de couvertures et de radiateurs, ou encore Kemi (Finlande), où les pistes cyclables sont déblayées dès 6h du matin après une chute de neige. Edmonton est-elle sur la bonne voie ?

« On voit que depuis trois ans, il s’est fait un excellent travail de planification, assure Pierre Labrie (photo), directeur de l’office de tourisme de Québec pendant presque 20 ans et invité du Winter Cities Shake-Up 2015. Ici à Edmonton, c’est un plan de match qui couvre tous les aspects de la vie en hiver : on parle de design urbain, de transports, d’animations, de signalisation, de lumières, d’évènementiel. […] Edmonton est probablement la première ville canadienne à avoir fait une démarche aussi rigoureuse et aussi inclusive. »

 

Mathieu Lefèvre a fait son chemin dans le milieu de l’art contemporain tout en critiquant les arcanes. La Biennale d’art contemporain de l’Alberta lui rend un hommage posthume.

Dans le mot d’introduction au livre dédié à l’œuvre de Mathieu Lefèvre, sa mère, Erika, parle d’un tableau qu’elle avait également mentionné en entrevue, au sujet des ambitions du jeune artiste décédé en 2011 dans un accident de vélo à Brooklyn. Le tableau représente le Musée des beaux- arts du Québec s’envolant en flammes avec le jeune artiste sur ses marches. « Pour créer sa propre œuvre, pour se faire une place aux échelons de la Tour d’ivoire de l’Art, le jeune artiste doit détruire la hiérarchie, secouer la fondation de l’Institution de l’Art. Mais le jeune artiste ne se libère pas de l’Institution, l’Institution elle-même se libère de sa fondation, emmenant avec elle l’Artiste vers le futur, vers le monde magique de l’imagination et du rêve. »

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