Organisé par l’ACFA, le Sommet de la francophonie albertaine sur l’éducation postsecondaire en français en Alberta s’est tenu à Edmonton et par webdiffusion du 21 au 23 septembre 2017. La communauté franco-albertaine était invitée à se pencher sur l’avenir du Campus Saint-Jean et à examiner des pistes de solutions pour remédier aux défis auxquels fait face cet établissement, plus particulièrement ceux reliés au financement, à l’infrastructure et à la gouvernance.

Le 23 septembre dernier, la journée communautaire du Sommet sur l’éducation postsecondaire en français en Alberta a réuni près d’une centaine de membres de la communauté. Un panel d’invités et des discussions ont permis d’explorer des pistes de solutions pour l’avenir du Campus Saint-Jean. Plus précisément, la communauté s’est interrogée sur la possibilité que l’établissement devienne une université à part entière, telle l’Université de Saint-Boniface au Manitoba.

Natacha Bergeron, francophone de Grande-Prairie, a décidé que son parcours scolaire serait en français, et elle est maintenant étudiante au Campus Saint-Jean. À l’occasion du Sommet, Le Franco l’a rencontré pour une entrevue.

Suite à l’annonce d’une politique en matière de francophonie, de nombreuses voix ont salué l’engagement du gouvernement albertain et se réjouissent de cette avancée. Rémi Léger, professeur adjoint en sciences politiques à l’Université Simon Fraser à Vancouver, et ancien élève du Campus Saint-Jean à Edmonton, revient sur cette annonce historique.

Vendredi 2 juin, un accord a été conclu entre la Faculté Saint-Jean et la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa pour permettre aux étudiants d’obtenir leur diplôme en droit plus rapidement. L’objectif ultime est de promouvoir les professions juridiques auprès des jeunes afin de favoriser l’accès en français aux services de justice dans l’Ouest.

C'est au Grand Salon du Campus Saint-Jean que la Société historique francophone de l'Alberta (SHFA) a tenu son assemblée générale annuelle, le 7 décembre dernier. Si les membres de la Société devaient faire le point sur l'année qui se termine, ils souhaitaient surtout rendre un hommage à Claude Roberto. Retour sur les points importants de l'assemblée.

L’annonce émise d’Ottawa, le 29 novembre dernier afin de construire deux pipelines, a suscité l’enthousiasme auprès du gouvernement albertain. Ce dernier espère ainsi relancer enfin l’économie de la province. Une nouvelle saluée sans nul doute par bon nombre de compagnies pétrolières, basées à Calgary. Les retombées politiques pourraient être importantes, mais semblent encore incertaines.

C’est le 24 septembre 2016, à Edmonton, que s’est déroulé une autre édition des Jeux Franco+, organisés par la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA). Une centaine de participants provenant de plusieurs régions de la province sont venus découvrir des activités en s’amusant et en créant des nouvelles amitiés.

francedaigleLe Campus Saint-Jean a visé juste en invitant l'auteure acadienne France Daigle, dans le cadre des conférences Louis-Desrochers de l'Institut d'études canadiennes, en collaboration avec l'Institut du patrimoine. La colorée écrivaine originaire du Nouveau-Brunswick a fait état de son parcours « avec failles » devant une petite foule très attentive, le 16 mars dernier. Elle a également profité de son passage pour lancer un message aux jeunes francophones. « Forcez-vous! » Compte-rendu.

France Daigle est reconnue pour avoir mis le chiac, la langue parlée acadienne, dans la bouche de ses personnages. Or, ses premiers romans, dont Sans jamais parler du vent, paru en 1983, ne font presqu’aucune référence à l’Acadie. « Je ne voulais pas être étiquetée comme une auteure acadienne. Je voulais faire mon chemin en dehors de l’Acadie », raconte-t-elle. Au point où aucun dialogue n’égaye ses six premiers romans. « Je ne faisais parler personne car je ne savais pas quelle langue ils parleraient. Pour moi, même les faire parler en français standard élémentaire, ça ne fonctionnait pas. »

Il faut attendre la parution de Pas pire, en 1998 pour que le chiac trouve une certaine place dans ses romans, et là encore, l’auteur adoucit les expressions colorées si propres aux Acadiens, par peur d’en mettre trop et de froisser le lecteur.

Le chiac omniprésent
Selon l’auteure, petits à petits, au fil des livres, ses personnages s’affirment et acceptent leur langue, ils en parlent, en discutent. Faut-il se forcer pour bien parler notre langue, se demande l’un d’eux. « Depuis quand est-ce qu’il faut qu’on se force pour parler notre langue! On peux-tu pas la parler comme qu’on veut? Je veux dire, c’est-tu actually de quoi qu’il faut qu’on s’occupe de? » France Daigle répond à cette question par l’affirmative.

Pour elle toutes les questions d’insécurité linguistiques sont intéressantes. « Nous sommes pris avec un français du 18e siècle. Il faut que les jeunes se responsabilisent et essayent de parler un français plus pur. Avec l’éducation c’est plus facile, mais c’est un défi constant de garder sa langue. Il faut que nous continuons d’en parler», a-t-elle expliqué à l’assistance.

D’ailleurs, son dernier livre, Pour sûr, parle beaucoup de la langue et fait la part belle au chiac. « L’Acadie, ça tient par la langue », estime-t-elle. Le roman, une brique de plus de 700 pages, a pris 10 ans à écrire, et est construit en 1728 fragments, divisés en 144 chapitres selon une implacable structure mathématique. Il a remporté le Prix du Gouverneur général en 2012.

PY1C’est à Bonnyville, le 8 février dernier, qu’a débuté le nouveau projet de la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA) : le Café-philo. Pour l’occasion, le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais, avait accepté d’animer une conférence-débat intitulée Comment la mémoire des pionniers se construit : le cas de Louis Bandet.

Devant la vingtaine de personnes réunies, M. Mocquais a commencé par expliquer, comment son intérêt pour les francophones en milieux minoritaires s’était développé. Originaire des Pays de la Loire (France), le doyen a souligné qu’avant son arrivée au Canada en 1978, il n’avait pas réalisé, d’une part, que les francophones étaient aussi nombreux dans l’ouest du pays et, d’autre part, qu’ils étaient confrontés à des défis d’autant plus grands que le Canada n’était pas, contrairement à ce qui était souvent pensé à tort, un pays bilingue.

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