L’évènement d’une artiste francophone de Calgary a attiré une centaine de personnes, le 4 juin, au centre communautaire CommunityWise, au centre-ville de Calgary. De nombreux jeunes du programme parascolaire du centre ont transformé de vieux souliers en jardinières. C’était dans le cadre du projet d’art public communautaire de Patricia Lortie.

Sur une table installée à l’extérieur du centre communautaire CommunityWise, une dizaine d’enfants laissent aller leur créativité. Ils ont accès à de la peinture, des perles, des objets colorés et brillants pour décorer des souliers. Des souliers qui seront par la suite remplis de terre pour qu’une fleur y soit plantée.

Thomas Korpach, un jeune artiste et bénévole de 17 ans, a aidé les jeunes à choisir la plante de leur choix, parmi une grande sélection. « C’est agréable de les voir sourire, dit-il. L’art me permet de relaxer et de mettre le stress de côté pour un moment. C’est un peu ce que j’aimerais transmettre à ces jeunes ».

C’est au 16e étage, numéro 840 de la 7e avenue que Planète Franco Radio est diffusé à Calgary. Si cette jeune radio débute dans le paysage des médias, elle n’en a pas moins un concept fort : promouvoir le français en Alberta. Une idée qui vaut le détour et qui mérite que francophones et francophiles tendent l’oreille.

De Calgary à Djibouti, Québec ou bien Paris, Planète Franco Radio est une radio en ligne. Elle possède donc le gros avantage d’être captée n’importe où sur la planète. Un concept novateur et simple pour une radio qui a effectué son lancement en septembre 2014, avec aux commandes quelques fidèles et travailleurs à temps  plein : Élisée Ngangue, directeur de la radio et présentateur de l’émission « Tout en un », une émission de jazz; Tom Galaty, responsable marketing et communication, présentateur de l’émission « Le temps du partage »; Didier Bobiokono, régisseur d’antenne, qui anime l’émission de débat « La passerelle », Nkishi Kaiyembe, technicien; enfin Zinha Muabi à la cellule d’écoute et des critiques, ainsi que Francis Yappi.

Calgary, oh Calgary ! La réputation de cette ville, en matière de croissance économique et d’employabilité générée par l’industrie pétrolière, attire de nombreux immigrants depuis plus de 10 ans. En Alberta, la taxe sur les produits et services (GST) est de seulement 5 %,  contre 15 % au Québec. Chaque année, des milliers d’immigrants provenant d’horizons différents viennent s’y installer. L’immigration est souvent motivée par des raisons économiques,  politiques, voire personnelles ; mais on néglige souvent l’adaptation sociale et culturelle que cela implique. De nombreux immigrants pensent bâtir un avenir meilleur en Alberta, sans soupçonner l’impact que cela aura sur leur identité sociale. Quel est le lien entre l’identité sociale d’une personne et sa recherche d’emploi à Calgary ? Ce fossé n’est pas tous les jours facile à combler, et passe souvent par l’apprentissage de nouvelles manières de faire, de penser et l’assimilation de certains pièges à éviter.

Travail et identité sociale d’une ville

L’appel du grand Ouest séduit.  Statistiques Canada a mené en 2000 une étude sur les changements dans la répartition régionale des nouveaux immigrants au Canada, et presque la moitié de tous les nouveaux immigrants au Canada prévoyaient alors de s'établir à Toronto. En 2012, cette proportion a diminué pour atteindre moins de un sur trois. De manière générale, une proportion importante d’immigrants ont changé leur fusil d’épaule, en choisissant d'autres destinations, plus particulièrement vers les Prairies. L’Alberta, a vu son chiffre presque doubler en passant de 6,3 % à 11,6 % ces 10 dernières années. La réputation de l’Alberta peut donner l’impression qu’il n’y a qu’à se baisser et ramasser pour obtenir un travail à Calgary. Tout dépend de sa profession. Si pour certains, décrocher un travail peut aller vite, ce n’est pas systématique ; et l’Eldorado du plein emploi peut s’avérer être un long pèlerinage. Calgary est la ville des cols blancs. Il n’est pas évident de s’identifier dans une société où beaucoup de ses habitants ont pris le pli de se définir par ce qu’ils ont, et non par qui ils sont. Alors, que faire pour trouver ses marques dans une ville où l’identité sociale et culturelle d’une personne ne se définit principalement qu’au travers d’un salaire élevé, d’un statut lié à celui des grandes entreprises et de ses acquis sociaux ? Erwan Goasdoué, coordinateur de programme à Connexion Carrière à Calgary, explique les principales embûches que rencontrent généralement un nouvel arrivant : “le langage, les immigrants internationaux ont l’attente de tomber dans un pays bilingue”. Autre point important souligne Erwan :   “Le manque de réseau, les gens se sentent isolés. Il faut trouver le moyen de briser la glace. Par exemple, j’aime bien le club de tricot cela permet de rencontrer des personnes, de faire des choses, on apprend et on partage, cela permet de développer le langage”. Enfin, ajoute-t-il : “les certifications locales, faire valoir son diplôme par des écoles locales. C’est quoi les mécanismes qui permettent d’appliquer dans sa recherche d’emplois”. 


Photo : courtoisie Marie-Claude Cholette


Le 6 mai dernier, La Fondation franco-albertaine (FFA), en collaboration avec la firme Borden Ladner Gervais (BLG), a tenu un cocktail pour plus d’une cinquantaine de personnes dans le cadre de la conférence nationale des fondations communautaires du Canada qui se passait du 7 au 9 mai à Calgary.

L’évènement a permis d’accueillir et de tisser des liens avec des leaders du monde philanthropique francophone de partout au Canada. Des représentants des fondations de Québec, Ottawa et Montréal étaient présents. Yvan Gauthier, président-directeur général de La Fondation du Grand-Montréal a d’ailleurs profité de l’évènement pour témoigner des défis et de la richesse du lien entre francophonie et philanthropie.

Shyanne Gauthier (numéro 12) en compagnie de son équipe U17 et de son coach Étienne Vaillancourt
(courtoisie : Glenda Bouvier)

 

Plusieurs jeunes francophones de l’Alberta participeront aux championnats nationaux de volleyball qui se tiendront du 14 au 19 mai à Calgary. Parmi eux : Shyanne Gauthier (U17), Nolan Ulliac (U17) et Shantae Levoir (U15), tous les trois membres du Plamondon Volleyball Club (PVC).

« Si quelqu’un à l’opportunité de porter son équipe au national, il ne faut pas la manquer ! », estime Shyanne Gauthier, capitaine des filles U17 au PVC. Avec son équipe, elle se rendra cette fin de semaine à Calgary dans le cadre des Championnats Volleyball Canada 2015. Elle a hâte de rencontrer les équipes des autres provinces. « Je ne pense pas que je pourrai gagner mais ça va être une bonne expérience », affirme avec humilité Nolan Ulliac, joueur U17 au PVC.

Comme Shyanne et Nolan, Shantae étudie à l’école Beauséjour de Plamondon et a commencé le volley au sein du Plamondon Volleyball Club. « Ma mère jouait, ma tante jouait… C’était juste un des sports populaires de notre école », raconte simplement la joueuse U15. Le compétition à Calgary sera son tout premier tournoi national. Au volley, elle apprécie notamment la dynamique de groupe : « Ce n’est jamais la faute d’une personne : c’est toute l’équipe qui travaille ensemble », souligne-t-elle.

Depuis le 9 avril et jusqu’au 24 mai, des milliers de spectateurs sont emportés dans un XIXe siècle rétro-futuriste sous le grand chapiteau du Stampede Grounds à Calgary. Conçu et mis en scène par Michel Laprise, KURIOS – Cabinet des curiosités regroupe 46 artistes originaires de 13 pays et constitue la 35e production du Cirque du Soleil depuis 1984.

Le concept scénographique de KURIOS – Cabinet des curiosités situe le spectateur dans un lieu précis, soit le cabinet des curiosités d’un chercheur, rempli d’objets insolites ramenés de voyage. Campé dans ce qu’on pourrait qualifier de futur antérieur, l’environnement scénique fait de nombreux clins d’œil aux débuts de la révolution industrielle du XIXe siècle sans tout à fait s’ancrer dans cette époque. « C’est un peu Jules Verne qui vient à la rencontre de Thomas Edison dans une réalité alternative, hors du temps », explique le scénographe Stéphane Roy.

Dans cette réalité parallèle, c’est plutôt le moteur à vapeur, et non celui à combustion, qui s’est imposé en roi et maître. Le décor évoque le début de l’ère de l’industrialisation, mais comme si les progrès de la science et de la technique avaient bifurqué dans une autre direction en prenant une dimension plus humaine.

La clinique francophone de Calgary a enfin ouvert le 1er mai dernier. C’est un travail de longue haleine, réalisé conjointement par l’équipe de l’ACFA régionale et du Comité Santé qui a permis à ce projet d’aboutir. Cet évènement a rassemblé une cinquantaine de personnes dont plusieurs chefs de file dans la communauté francophone de l’Alberta.

Les efforts ont porté leurs fruits ! Dorénavant, un pôle francophone de la santé dans le quartier de Bridgeland permettra d’accueillir toute personne ayant besoin d’une aide médicale ou psychologique en français. Le but de la clinique est d’assurer des soins médicaux et une aide sociale mais aussi de rediriger au besoin les personnes vers des services francophones plus spécialisés. L’arrivée de cette clinique marque une avancée supplémentaire dans la prestation de services médicaux francophones de la province. Aux dires de l’honorable Claudette Tardif, sénatrice de l’Alberta, « c’est très impressionnant. Ça fait 15 ans que les services de santé en français se développent dans le pays, là où les francophones sont minoritaires. Il était temps que Calgary fasse partie de l’équation ! »

C’est ce qu’a dit l’accusé à la fin du procès simulé par les élèves du cours de droit criminel de l’école de la Rose Sauvage. Ce procès a eu lieu au palais de justice de Calgary le 18 avril, en présence d’une vraie juriste comme juge, d’un jury de 12 personnes et de 17 membres du public.

Cette phrase en titre se dit sans doute toujours mieux quand on est déclaré « innocent », mais dans ce cas-ci l’accusé a été trouvé « coupable » de posséder une arme à feu sans permis, mais heureusement « innocent » quant au chef d’accusation voulant qu’il ait braqué cette arme sur quelqu’un, dans le contexte d’une soirée de fête qui avait mal tourné. Le personnage accusé a su tirer son épingle du jeu car le procès n’a pas été facile, avec la partie adverse armée d’arguments persuasifs et d’un tas de questions.

De la préparation pour ce procès simulé, il y en a eu pendant plus de deux mois, notamment grâce au travail des six élèves, de Marc Fecteau, enseignant responsable des cours de droits à l’école de la Rose Sauvage, et de Me Bianca Kratt, avocate et membre de l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA).

 

L’équipe de préparation ce procès criminel simulé (de gauche à droite) : Me Bianca Kratt, avocate, Alison Berthelot (jouant le rôle de l’avocate de la défense), Martin Vachon (l’accusé), Mariem Ghunay (témoin de la défense), Rebecca Jones (procureure de la poursuite), Jonathan Boulanger (victime), M. Marc Fecteau, enseignant, et Catherine Lacombe (rôle de policière, témoin de la poursuite).

Un public de près de 150 personnes a eu le plaisir d’assister à cette pièce produite par le Théâtre à Pic du 10 au 12 avril à la Cité des Rocheuses.

Si le nom « Évangéline » vous évoque cette belle chanson inspirée du fameux poème du même titre, on se rappellera qu’Antonine Maillet – romancière et dramaturge acadienne dont les œuvres les plus connues sont la pièce La Sagouineet le roman Pélagie-la-Charrette– a écrit cette pièce Évangéline Deussedans l’esprit où « Deusse » signifie « Deux », donc une deuxième Évangéline, déracinée de son Acadie natale.

Ici, Evangéline (jouée par Véronique Moreau) se retrouve à Montréal, dans un petit parc, en compagnie des personnages Le Breton (Aurélien Jondeau), Le Rabbin (Ashraf Khoury) et Le Stop (Stéphane Germain). En se remémorant les souvenirs de sa vie et l’histoire de son peuple acadien, Évangéline amène ces étrangers, notamment Le Breton et Le Rabbin, à se rendre compte qu’ils sont aussi acadiens d’une certaine façon, puisqu’ils ont en commun une transplantation par rapport à leur milieu  d’origine.

La vedette, Véronique Moreau, en a impressionné plusieurs avec son habileté à parler le français acadien, elle qui est française, en racontant par exemple qu’« avec une pareille lotte d’exilés, je pourrions nous crouère encore en 1755 ». Ou encore : « Une parsoune qui comprend les mots de ta langue est peut-être ben pas loin de te comprendre toi itou ». Parmi les réactions du public : « C’est fort ! »; « Faut le faire ! »;  « C’est beau les couleurs des langues ! »

Un important symposium national sur la preuve dans les dossiers liés à l’environnement a eu lieu les 6 et 7 mars derniers, à Calgary. Il a été organisé par l’Institut canadien du droit des ressources, en collaboration avec l’Association du Barreau canadien.

Après la présentation d’un bilan pancanadien des poursuites en matière d’environnement, les participants ont pu entendre une vingtaine de conférenciers qui ont traité d’un aspect ou l’autre de la preuve présentée devant des tribunaux administratifs ou judiciaires : survol des développements récents en droit canadien de l’environnement, de l’énergie et des ressources ; développements internationaux dans les crimes environnementaux ; connaissance d’office des changements climatiques par les tribunaux…

Retenir les services d’un expert fait partie intégrante de la pratique du litige ou de la prestation de conseils juridiques. La relation entre l’expert et l’avocat est complexe et multi-dimensionnelle, car ils jouent chacun un rôle différent et ont leurs propres obligations et contraintes au cours d’un dossier de litige. Plusieurs conférences ont été consacrées aux experts dans les litiges environnementaux : qui peut être « témoin expert » dans les causes en matière d’environnement au Canada ?  Comment préparer un témoin expert pour un interrogatoire et un contre-interrogatoire ?

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