Ubuntu Edmonton doit composer avec moins de dons

Les projets d’Ubuntu Edmonton avancent plutôt bien, malgré la baisse des dons enregistrés par l’organisme, qui lui permettent de venir en aide aux habitants de Kimironko, une communauté de 750 habitants en banlieue de Kigali, au Rwanda.

Une vingtaine de personnes se sont présentées à l’assemblée générale annuelle de l’organisme Ubuntu, le 6 juin dernier au Campus Saint-Jean, et ont eu l’occasion de faire le point sur le succès de leurs différentes initiatives entamées au Rwanda, en Afrique de l’Est.


Ubuntu Edmonton est né en 2004, plusieurs années après le génocide au Rwanda. Cet épisode a fait plus de 800 000 victimes. Depuis, certains membres de la communauté francophone présente dans la capitale albertaine se sont mobilisés pour agir en faveur des femmes et des orphelins victimes du génocide.

Leur plus grande réalisation à ce jour, reste la construction du Centre César, qui offre un espace pour les femmes rescapées du génocide, et une garderie pour les plus jeunes.

« En janvier 2010, une stratégie de recherche pour vendre les produits des artisanes du Centre César a été mise en place. L’atelier de couture du centre a eu des débuts difficiles à cause d’un manque de subventions, mais nous avons quand même réussi à avoir quelques clients locaux et à améliorer nos ventes de produits au Canada. Aussi, les femmes ont demandé à avoir elles aussi des cours de danse et de chants traditionnels, et en 2011, nous projetons d’offrir les services de la troupe de danse pendant des occasions de fêtes », a expliqué la directrice générale du Centre César, Nicole Pageau.

Elle estime que les projets d’Ubuntu Edmonton avancent bien, même si chaque année depuis sa fondation, le plus grand défi de l’organisme est de trouver des fonds. « J’aurais aimé qu’on amasse plus d’argent, et j’espère que 2011 va nous permettre d’en trouver plus que l’an dernier, parce qu’on travaille avec peu de moyens. C’est toujours le même défi tous les ans. Je dirais même que c’est le seul vrai défi. Parce que pour le reste, les mamans se sont développées et elles se sont épanouies. Notre plus gros succès au centre est justement d’avoir réussi à raviver le sens de l’appartenance à la communauté », a affirmé Mme Pageau.

Pour l’exercice financier se terminant en 2010, Ubuntu Edmonton a reçu 155 240 $ de dons, contrairement à 191 253 $ en 2009. Mais la situation n’est pas alarmante pour autant, selon la présidente de l’organisme, Jeanne Ndartirwa.

« Nos états financiers sont positifs, et nous n’avons pas nécessairement besoin de nous inquiéter ou de faire des changements majeurs. Bien des choses se font aussi au Rwanda et les projets avancent plutôt bien », a-t-elle attesté.

D’ailleurs, le Centre César ne manque pas de projets pour la prochaine année financière.
Mme Pageau espère terminer la construction de la garderie et de continuer à œuvrer pour aider les femmes rwandaises à acquérir plus d’autonomie financière et professionnelle.

« On cherche à consolider nos programmes. Il nous reste aussi à bâtir notre école de formation professionnelle. Maintenant qu’on a une certaine crédibilité, on peut demander au gouvernement du Rwanda de nous aider. On développe aussi le marché local, tout en cherchant à maintenir ce qu’on a déjà », poursuit Nicole Pageau.

Pour Igor César, membre actif au sein du groupe, Ubuntu Edmonton n’est plus très loin de son objectif, même s’il reste encore beaucoup de travail à faire sur le terrain.
« Je dirai que nous sommes à 50 % de notre but, parce que nous avons réussi à avoir une assise solide au Rwanda et on reconnaît désormais la pertinence de notre travail, autant là-bas qu’ici au Canada. Nous avons fondé une structure qui doit désormais devenir autonome, même s’ils exercent dans des domaines où il y a beaucoup de concurrence. Je pense au domaine des médias, parce qu’on apprend aussi aux jeunes à utiliser des caméras, ou encore au domaine de l’artisanat. Il faut donc que nous arrivions à faire en sorte qu’à l’avenir, la structure que nous avons créée devienne une entreprise fonctionnelle, à part entière », a-t-il affirmé.

À la fin de la rencontre, les participants ont pu voir un film documentaire qui expliquait comment les travaux de construction au Rwanda ont permis à de nombreux enfants de bénéficier d’une toute nouvelle garderie au Centre César, grâce aux initiatives d’Ubuntu Edmonton.

Bdv : Nicole Pageau et son fils, Rodrigue Uwimbabazi Pageau, après l’AGA d’Ubuntu Edmonton le 6 juin dernier. (Photo Aline Essombe)













 

 

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