Deep Freeze dégage la chaleur de la joie de vivre

La température idéale pour un « Deep Freeze » à Edmonton? Quand le mercure frôle le moins 10 degrés Celsius, que le soleil brille un peu et que le vent souffle à peine. C’était le cas le 12 janvier dernier pour la journée d’ouverture de la 6e édition du festival d’hiver qui se déroulait dans le quartier Alberta Avenue.

« C’est super, la température est parfaite », se réjouissait la productrice artistique et directrice générale du festival Deep Freeze, Christy Morin.

Il y a six ans, le festival, qui s’échelonne sur deux jours, a été conçu par l’association communautaire Arts on the Ave comme une fête de quartier qui célèbre l’art et la culture du Avenue District, situé entre NAIT et Northlands à la hauteur de la 118e Avenue. « Prenant de l’ampleur chaque année, l’évènement implique maintenant 260 bénévoles et l’on s’attend à ce que près de 25 000 personnes en provenance d’Edmonton et des environs descendent sur le site », fait savoir Mme Morin.


Et pour cause. On y retrouve des activités pour tous les âges et tous les gouts, voire même à faire changer d’idée celles et ceux qui préfèreraient passer cette journée de janvier sur une plage au chaud plutôt que dans les rues enneigées d’Edmonton.

C’est la culture francophone qui tenait la place d’honneur dans la programmation du samedi. À en juger par la longueur de la file d’attente au kiosque qui servait de la tire sur neige, on pourrait croire que cette spécialité était l’un des aspects culturels les plus convoités du grand public.

Une autre file d’attente, très populaire chez les plus petits, menait jusqu’au sommet d’une glissade faite de glace et de neige, un chef d’œuvre des membres du Sculptor’s Association of Alberta, mais surtout, beaucoup de plaisir pour les jeunes.

Selon Marc Piquette, un résident du quartier Alberta Avenue, Deep Freeze est une tradition familiale à ne pas manquer. « On demeure dans une ville hivernale alors on doit le célébrer. C’est une bonne combinaison de célébrer à la fois l’art et l’hiver. Et aussi, d’incorporer deux de nos cultures fondatrices : l’ukrainien et le français », soutient-il, gardant un œil sur ses deux enfants, Riel (3 ans) et Zéa (5 ans) juchés sur le siège d’un charriot bâché (fait de neige et de glace) qui rappelle les jours du Wild West, le thème du festival cette année.

Concours de bucherons, patinage, curling, un de tictacto géant fait avec des cubes de glace, hockey balle, course de congélateur sur skis... le festival multiplie les occasions de célébrer le froid et la neige. Mais lorsque les mains et les pieds commencent à s’engourdir, et que ni le feu de camp ni la consommation au Bailey’s Ice Bar (servi dans un verre de glace) ne parviennent à réchauffer, on se rend à l’intérieur et les célébrations se poursuivent.

Dans la salle comble du centre communautaire, les airs du violoneux Daniel Gervais font battre des mains et taper du pied. La file d’attente pour un pâté à viande et une pointe de tarte au sucre est presque aussi longue que l’était celle pour la tire. La troupe de danse Zéphyr et le groupe Allez Ouest sont parmi les groupes francophones à avoir monté sur scène, tandis que des artistes tels Paul Cournoyer, Patrick Dunn et Natacha Homerodean sont à l’affiche au Carrot Community Arts Coffeehouse.

« La communauté francophone est de plus en plus intégrée dans la grande communauté albertaine et l’on voit de plus en plus nos artistes sur les grandes scènes albertaines », mentionne la directrice générale du Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), Sylvie Thériault-Duchesne. « Cela fait quelques années que le RAFA collabore avec le festival Deep Freeze et l’on souhaite que cela continue », affirme-t-elle.

D’autres possibilités s’offraient aux festivaliers pour se réchauffer : spectacle des Adjé Performers (groupe qui offre des rythmes et de la danse dans les traditions de l’Afrique de l’Ouest, des Caraïbes et du Canada) ou encore participer à l’atelier de danse du ventre offert par le studio Bedouin Beats.

Cette première des deux journées s’est terminée de façon mémorable pour Darren Maltais de Sherwood Park qui assistait au Deep Freeze avec sa fille Ella, 7 ans. « Nous étions tous deux en train de patiner, entourés des autres festivaliers, de sculptures de neige illuminées et avec, dans le ciel, les feux d’artifice. C’était un moment spécial que nous avons vécu », partage M. Maltais.
 

 

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