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Des défis similaires malgré la diversité

Le Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ) du Nord de l’Alberta a tenu son Carrefour interculturel à La Cité francophone, le 24 novembre dernier, devant près de 45 personnes, dont la majorité provenant de la communauté immigrante.

Afin d’illustrer le thème, Éduquer aux valeurs en famille aujourd’hui dans un milieu marqué par la diversité, le CAÉ avait invité deux Canadiens de naissance et deux d’origine immigrante pour témoigner de leur vécu en tant que panellistes. Le professeur Boniface Bahi, du Campus Saint-Jean, assurait le rôle du modérateur.


Ce dernier a débuté en expliquant brièvement quelques concepts clés qui sous-tendent la discussion. « La famille est un contexte privé, tandis que la diversité apportée par l’immigration fait partie du domaine public. Et nous, comment devenons-nous acteurs et vivons-nous ces valeurs plurielles et surtout, comment les transmettre », a-t-il mis en contexte.

Nancy Moke, arrivée du Congo à l’âge de 9 ans, a abordé les défis d’une jeune immigrante dans la recherche de son identité. De son côté, Simon Pierre Sigué, originaire du Cameroun, a immigré au Canada à l’âge adulte. Ce dernier a plutôt partagé les défis qu’il rencontrait dans la façon d’élever ses enfants pour être en harmonie avec sa culture et sa communauté d’accueil.

Par la suite, Natasha Dugas, élève de 12e année à l’École publique Gabrielle-Roy d’Edmonton et originaire du Nouveau-Brunswick, est venue démontrer que les Canadiens migrants vivaient plus ou moins les mêmes défis d’intégration, tout en abordant l’importance d’aller vers l’autre pour apprendre à le connaitre, peu importe son origine.

Pour terminer, Cécile et Pierre Bergeron sont venus parler de l’évolution de la communauté franco-albertaine depuis quelques générations et des défis qu’ils rencontrent en tant que parents qui choisissent de vivre et élever leurs enfants en français en Alberta.

Ces discours ont brisé la glace et plusieurs participants dans la salle se sont mis à discuter de leurs défis et difficultés à vivre pleinement leur culture et intégrer celle de leur communauté d’accueil, surtout avec les enfants, qui s’assimilent plus rapidement que les parents.

« Les valeurs se transmettent plus facilement si elles s’insèrent dans des comportements quotidiens et n’entrent pas en conflit avec la société à l’extérieur de la cellule familiale. Mais, il faut être prêt pour les conflits qui peuvent survenir », a affirmé le panelliste, Simon Pierre Sigué à l’auditoire.

Discussion pertinente
Mohamet Sall se sent directement concerné par ces questions. Arrivé au Canada, plus précisément à Montréal il y a 18 ans maintenant, il travaille aujourd’hui dans le domaine de la petite enfance et œuvre sur le projet d’ouvrir un centre dans la région d’Edmonton, depuis son arrivée dans l’Ouest, il y a un mois et demi.

Il aimerait toutefois un débat plus terre à terre. « Cela reste un débat d’intellectuels qui ont un langage spécifique », met-il de l’avant. Ce dernier croit que le débat gagnerait à mettre davantage l’accent sur le vécu des gens et les difficultés qu’ils ont à gérer durant leur intégration.

L’ancien chef du Parti libéral du Canada Stéphane Dion était également présent au débat. Ce dernier soulève la faible proportion des Franco-Albertains au sein de la communauté et y voit un potentiel énorme pour débattre des questions d’immigration et d’intégration. « Nous parlons beaucoup de différences, mais je vois beaucoup de ressemblances. Un peu tout le monde est immigrant en Alberta », met-il de l’avant.

Une présence qui honore le directeur général du CAÉ, Georges Bahaya. « Nous avons eu l’honneur d’avoir quelqu’un qui défend les langues officielles du pays et notre organisme est fondé sur les principes du bilinguisme », souligne le directeur.
Comme plusieurs autres personnes présentes, il avoue cependant qu’il aurait souhaité voir une plus grande participation de la communauté d’accueil puisque, selon lui, la diversité se vit lors de rencontres comme celles-ci.

« Malgré les grands discours que l’on peut faire sur le sujet de l’immigration et l’intégration, cela reste un défi », lance-t-il, tout en se réjouissant de la présence de la famille Bergeron qui a pu offrir une perspective franco-albertaine.

Finalement, le professeur Boniface Bahi a réussi à résumer et offrir une synthèse des idées mises de l’avant durant la discussion. « Il faut être soi-même avant d’entrer dans une dynamique de collaboration et de conversation avec l’autre », conclut le chercheur.
 

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