La ville reconnait son « quartier francophone »

C’est par l’entremise d’une zone de revitalisation des entreprises (ZRE) que l’identité du Quartier francophone d’Edmonton se développera de Mill Creek à Bonnie Doon.

« Tout le monde sait que le quartier Bonnie Doon est le Quartier francophone, mais nous n’avions rien pour nous distinguer des autres quartiers », avance une des membres du comité fondateur et propriétaire d’une boutique dans le quartier, La Bébé boutique, Patricia Auger-Lachance.


La ville d’Edmonton a approuvé le projet d’une 13e ZRE pour The French Quarter and Area, le 16 octobre dernier, qui s’accompagne d’une subvention de 85 000 $. Un conseil d’administration utilisera cet argent afin d’embaucher un directeur général et mettre sur pied un bureau responsable de gérer les activités de la ZRE.

Sans apporter de changement draconien, Mme Auger-Lachance assure que le développement se fera de concert avec les organismes communautaires, le Campus Saint-Jean, les résidents et La Cité francophone comme noyau.

« Il reste à déterminer la touche et le caractère que l’on veut apporter. Il s’agit surtout d’animer le quartier », précise-t-elle.

Cette zone couvrira essentiellement les entreprises entre, du sud au nord, l’avenue Whyte et la 90e Avenue, et d’est en ouest, la 85e Rue et la 97e Rue. Près de 75 commerces, restaurants et entreprises sont touchés par cette ZRE.

Bien que le projet d’une zone de revitalisation s’accompagne d’une taxe annuelle calculée selon la superficie de l’espace de vente des entreprises, la propriétaire de la pharmacie The Medicine Shoppe, située sur la 82e Avenue au coin de la 91e Rue, Rosalia Yuen, admet ne pas se soucier de cette dépense supplémentaire.

« Si le projet est bien mené, nous en retirerons beaucoup de bénéfices. La revitalisation du quartier le rendra plus attrayant et amènera plus de passants. C’est un bel endroit pour se promener », laisse entendre la jeune entrepreneure.

Elle dit remarquer que plusieurs cyclistes utilisent son panneau publicitaire pour attacher leurs vélos. « J’espère que la ville va développer davantage le circuit pour vélos. Ce serait bien d’avoir un support pour les bicyclettes et des pistes cyclables dans le quartier », donne-t-elle en exemple.

S’appuyer sur un succès
La ville d’Edmonton a fait appel à l’ancienne directrice générale de la ZRE de la 124e Rue, Helen Nolan, afin de mettre à terme le projet. Cette dernière a utilisé le succès de la revitalisation du quartier autour de la 124e Rue pour promouvoir le projet du Quartier francophone auprès des propriétaires d’entreprise.

« Les ZRE sont dynamiques et ont une identité », affirme Helen Nolan. Cela permettra, entre autres, d’embellir visuellement le coin en lui donnant un cachet et d’améliorer des aspects tels que la circulation, la sécurité, le stationnement et la vitalité de la communauté d’affaires.

« Il faut avoir de la passion pour ce type de projet. Je n’ai pas obtenu toutes les signatures que j’aurais aimées, mais la majorité des propriétaires d’entreprise ont vu le potentiel qu’il y avait derrière le projet de donner une saveur francophone au quartier », explique Mme Nolan.

Le Quartier francophone pourrait même devenir une attraction touristique à Edmonton, comme le quartier chinois ou encore le quartier italien.

Les petits pas vont plus loin
Un des incitatifs qui a permis au projet d’aboutir est le programme d’amélioration des façades d’entreprises, pour lequel la ville offre une subvention pouvant aller jusqu’à 30 000 $ pour rénover la devanture des entreprises. Mme Nolan souligne que ce programme s’adresse également aux propriétaires de maisons.

Pour l’instant, le centre d’achat Bonnie Doon ne fait pas partie de la ZRE. « Nous gardons ce potentiel pour le futur », avance Helen Nolan.

Outre Mme Auger-Lachance, les membres du comité fondateur étaient Daniel Cournoyer (La Cité francophone) et Marc Tremblay (Conseil de développement économique).
 

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