L’alcool au volant : ça peut être fatal!

Du faux sang, des cris de panique, un sentiment d’impuissance et des équipes de secours à l’œuvre, c’est ce dont ont été témoins près de 200 jeunes de l’école Maurice-Lavallée et Alexandre-Taché, qui ont assisté à une simulation d’accident causé par l’alcool au volant, le 4 mai dernier, dans la cour de l’école Maurice-Lavallée, une semaine avant le bal des finissants.

« J’étais surprise! C’était très touchant, mais je pense que nous avions besoin de ça. Nous avons compris le message, il ne faut pas boire et prendre le volant », fait part Émilie Bouchard, élève de 11e année à Maurice-Lavallée.


C’est sous l’initiative de l’agent Marc-André Amyotte du Service de police de la ville d’Edmonton que le tout a été orchestré, à l’insu des élèves.

« Une semaine avant la remise des diplômes, je voulais frapper fort et leur montrer la réalité de ce qui peut arriver. Le but n’était pas de leur faire peur, mais on sait qu’ils vont consommer de l’alcool à leur après bal, on voulait leur dire : soyez responsables », affirme celui qui a gradué de Maurice-Lavallée en 2006.

Mise en scène percutante
Après avoir visionné une vidéo dans le gymnase de l’école, où ils pouvaient voir leurs amis consommer de l’alcool durant une fête et quitter en prenant la voiture, les élèves de la 10e à la 12e année de Maurice-Lavallée et les finissants d’Alexandre- Taché sont sortis dans la cour d’école pour assister aux moments qui ont suivi la collision.

Les jeunes spectateurs ont véritablement été touchés par la mise en scène. Leurs amis gisaient, blessés dans des voitures accidentées. Ils réalisaient la gravité de la situation en reprenant connaissance après l’impact.

Justin Bérubé incarnait le conducteur intoxiqué qui a provoqué l’accident. Causant la mort de la conductrice de la voiture qu’il a percutée et blessant ses deux passagers.

Les acteurs de l’accident, Claire Plamondon, Chrysta Munezero, Mathieu Coones et Justin Bérubé sont tous des finissants de Maurice-Lavallée. Ce qui aura contribué à faire passer le message selon le jeune homme.

« Ici, tu vois des gens que tu connais, tu vois la possibilité que ça arrive aux personnes que tu aimes. Ça te fait prendre conscience du danger beaucoup plus qu’une publicité », souligne Justin Bérubé en enlevant un maquillage réussi.

Plusieurs spectateurs ont versé quelques larmes devant le réalisme de l’évènement alors que d’autres ont subi des malaises.

Durant ce temps, les pompiers s’affairaient à dégager la porte de la fourgonnette pour sortir la passagère blessée alors que l’agent Amyotte mettait le conducteur en état d’arrestation. Rien à faire pour la 2e conductrice sur qui un drap blanc avait été déposé.

Chantale Grégoire, enseignante de Maurice-Lavallée, également sur le comité organisateur de la mise en scène, précise qu’il s’agissait d’une surprise pour les élèves. « C’était très secret. Tous les gens impliqués ont signé une lettre de non-divulgation pour garder l’élément-choc. »

Même le policier avoue avoir été surpris de la réaction des pompiers et ambulanciers, à qui il avait demandé d’agir comme sur les lieux d’un véritable accident.

Dure réalité
Zack Lesko termine son secondaire cette année à l’école Maurice-Lavallée et dit apprécier qu’une telle mise en scène ait eu lieu. « Sur le coup, je me sentais tout de même mal pour ces gens, et même leur famille et leurs amis », admet ce dernier.

En 2010, le plus grand nombre d’accidents impliquant l’alcool sont survenus un samedi de mai entre 23 h et 3 h, selon l’Alberta Traffic Collision Satistics.

 «C’est exactement comme cela que ça se déroule», a dit Marc-André Amyotte en s’adressant aux élèves revenus au gymnase après la scène tragique. L’ambiance était lourde et les questions des élèves fusaient de toutes parts.

Selon Chantale Grégoire, l’évènement a eu l’impact espéré. « Les jeunes ont compris qu’ils peuvent être responsables de la mort, ou d’un changement de vie radicale d’une autre personne », avise-t-elle. 

Mme Grégoire ajoute qu’une vidéo de la mise en scène sera diffusée dans tous les conseils francophones de la province.

Le comité organisateur et le constable Amyotte songent à répéter l’expérience tous les deux ans.
 

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