Festival d’hiver Deep Freeze : les francophones assez présents?

Le congé des fêtes a été de courte durée pour Nathalie Duchaine, propriétaire de la Pause-café à La Cité francophone d’Edmonton. Elle a passé deux jours à préparer un repas des fêtes traditionnel canadien-français, dont 565 pâtés à la viande, pour la journée francophone du festival d’hiver byzantin Deep Freeze.

« Lorsqu’on m’a approchée pour me proposer de participer au festival Deep Freeze, je me suis dit : allons, on va sortir de notre confort », affirmait Mme Duchaine le sourire aux lèvres. Il faut préciser que la cuisinière ne parle pas anglais et devait s’organiser avec une équipe qui elle, ne parlait pas français.

La confusion aura créé des moments cocasses. « On y allait avec ce qu’on pouvait, spoon, big, small. On a eu un bon contact et une belle chimie s’est développée. On s’apprenait des mots, elles me demandaient comment dire cuillère et elles essayaient de le prononcer. On a ri, c’était magique », ajoute-t-elle.

Impliquer les francophones pour faire rayonner la culture
C’est Gérard Forget, qui fait partie du bureau de direction d’Alberta Avenue Community league qui a recruté Nathalie Duchaine. Il est le lien entre la francophonie, le festival et les anglophones. « Pour promouvoir la culture francophone, je suis allé pêcher dans la communauté de La Cité pour trouver des collaborateurs », affirme M. Forget.

Ce dernier fait remarquer que plusieurs organismes représentants de la communauté francophone n’étaient pas au rendez-vous, bien que ce festival assure la promotion de la francophonie. Il ajoute que bien peu d’efforts sont faits par la communauté francophone du quartier Bonnie Doon pour aller vers l’extérieur, peut-être par peur d’être rejeté. Gérard Forget assure qu’on parle au-tant français sur Alberta avenue qu’à La Cité francophone.

« La communauté francophone de Bonnie Doon pense qu’ils sont les seuls représentants de la francophonie, mais d’un autre côté, certains les demandent et ils ne viennent pas. Nous avons demandé de l’aide, nous en avons eue, mais nous n’avons pas la pleine participation de toute la communauté. Je n’ai pas vu l’Association canadienne-française de l’Alberta régionale d’Edmonton, ni le Conseil scolaire. Je ne sais pas comment expliquer ça », déplore M. Forget.

Il souligne toutefois la présence du Regroupement artistique francophone de l’Alberta, de l’Association la Girandole, de l’architecte de La Cité francophone, Hervé Tardif, et de l’implication de la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA).

La directrice générale de la FSFA, Monique Witzell, mentionne qu’il y avait plus de bénévoles francophones au tournoi de hockey-balle, que de joueurs. Elle espère toutefois que l’implication bénévole des francophones incite des joueurs qui parlent français à participer au tournoi l’année prochaine.

Bon impact dans la communauté anglophone
Les pâtés à la viande de Nathalie Duchaine ont eu droit à un article dans l’Edmonton Journal, ce qui, selon elle, aura eu un effet positif sur l’évènement. « Ça a amené beaucoup de gens qui n’avaient jamais entendu parler du festival. Il y avait tellement de monde qui parlaient français, c’était surprenant », avoue la dame, qui rappelle l’importance de se rencontrer entre francophones.

Gérard Forget a lui aussi été étonné de l’ouverture d’esprit de la part de la communauté anglophone qui reconnait de plus en plus, selon lui, la vitalité de la minorité francophone. L’évènement lui a permis de parler français avec des gens qu’il côtoyait régulièrement, sans pourtant savoir qu’il pouvait s’exprimer dans la langue de Molière.

« Les francophiles regardent La Cité francophone comme un modèle pour la communauté, mais souvent, ce modèle est désappointant pour les francophones pour des choses com-me ça », fait-il remarquer.

Nathalie Duchaine, quant à elle, prépare déjà son menu pour l’année prochaine, qu’elle prévoit plus typique avec des pâtés à la viande sauvage du Québec et des tourtières du Lac Saint-Jean.

 

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