C’était chaud au Deep Freeze

C’est sous le thème exotique de « Surf’s up : a snow to sand experience » que s’est tenue la 5e édition du festival d’hiver byzantin Deep Freeze, les 7 et 8 janvier derniers, sur l’Alberta avenue (118e Ave) à Edmonton, qui a attiré environ 20 000 festivaliers durant la fin de semaine.

« L’an passé, il a fait très froid et il y avait tempête, donc je me suis dit que l’année d’après, il faudrait un thème chaud. Alors, j’ai pensé Hawaï, les vagues, le soleil et pourquoi pas Surf’s up? Et là, quelle surprise que cette température cette année! Nous n’avons jamais eu du temps comme ça pour le Deep Freeze », s’exclame la productrice artistique du festival, Christy Morin.


Nouveautés pour la 5e année
Les sculptures de glace fondaient sous les 8 degrés Celsius de cette chaude fin de semaine d’hiver. Si bien que la nouvelle activité de course de congélateurs sur ski a dû se tenir derrière le centre culturel tant il manquait de neige dans les rues. « Nous aurions endommagé la chaussée c’est certain, mais dans les années futures, cette course aura lieu sur l’avenue et deviendra un incontournable du festival », avance Steve Sharpe, bénévole lors de la course de congélateurs.

C’est d’ailleurs lui qui a eu l’idée d’intégrer cette activité. M. Sharpe se rappelle, avec un peu de nostalgie, les courses similaires tenues à Edmonton, il y a quelques années, où les gens coursaient avec des cuvettes de bain. « C’est un jeu de mots avec le nom du festival et c’est une activité que les adultes peuvent faire avec leur famille », explique-t-il. Le record mondial a été remporté par l’équipe CityTV qui a franchi les 25 mètres avec un temps de 6,38 secondes.

Steve Sharpe précise que les congélateurs ont été fournis par la ville d’Edmonton après avoir été vidés de leur contenu chimique.

Des feux d’artifice soulignaient les célébrations de la cinquième année du festival né autour d’une table au Carrot Community café, où des artistes du quartier s’interrogeaient sur la façon de revitaliser le secteur. « Il en est ressorti que les gens voulaient créer un festival d’hiver où l’on peut être dehors pour profiter de la saison, et qui serait différent des autres », affirme Mme Morin.

Des activités pour tous les gouts et les cultures

Le programme concocter par Arts on the Ave offrait autant d’activités récréatives sportives comme le curling à l’ancienne, le patin sur glace et les sports de glisse, que des activités culturelles et artistiques. « On trouve dans ce quartier la plus haute densité d’artistes de la ville d’Edmonton », laisse entendre Christy Morin.

Le groupe de théâtre The Mummers offrait des représentations sporadiques en pleine rue, tout au long du festival et des filles du groupe de cirque The Firefly déambulait, quant à elles, costumées en chat et effectuaient des acrobaties mains à mains. La galerie d’art Stollery était également ouverte pour que d’un côté, le public admire les œuvres des artistes locaux, alors que de l’autre, il était invité à produire leur propre œuvre avec le matériel mis à leur disposition.

La Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) organisait un tournoi de hockey-balle où huit équipes s’affrontaient amicalement, pour la deuxième année consécutive. L’équipe des Pierre McGuires ont remporté le titre des grands gagnants du tournoi.

Célébrer l’hiver et les pionniers
Le Deep Freeze festival consacre une partie de sa programmation à la découverte des cultures canadienne-française et ukrainienne. Samedi, en plus des activités offertes, les festivaliers pouvaient mesurer leurs habiletés au concours de bucherons pour ensuite aller reprendre des forces en se sucrant le bec avec de la tire d’érable sur glace.

Mohammed Kaba Kourouma participait au festival en tant que bénévole. Ce dernier salue l’initiative du groupe Arts on the Ave pour la revitalisation du quartier et participe à sa façon en instaurant le premier festival africain d’Edmonton qui a eu lieu l’année dernière. « Je voulais les aider dans leur projet de développer la 118e avenue qui n’était pas un secteur fameux, il n’y a que cinq ans de cela. Depuis qu’ils sont ici, c’est plus familial et il y a moins de crime », assure le résident du quartier.

L’homme originaire de la Guinée prenait plaisir à redonner à sa communauté d’adoption. « Je suis dehors à m’occuper du feu et de la cabane à sucre, c’est exceptionnel pour un gars qui vient d’un pays où il fait 30 degrés et plus », faisait-il remarquer en riant. Il avoue tout de même se reconnaitre dans ces activités en tant que Canadien-français.

Au centre culturel, les participants se régalaient de recettes dignes de grands-mères québécoises, comme des pâtés à la viande, des fèves au sirop d’érable et les traditionnels bonbons aux patates, tout en écoutant chanter le groupe franco-albertain Allez Ouest et quelques mélodies de l’auteure-compositrice-interprète d’Edmonton, Mireille Moquin.

La troupe de danse canadienne-française Zéphyr, accompagnée du maitre d’archet Daniel Gervais, a également offert une prestation.

Le dimanche, l’orchestre ukrainien a diverti les personnes présentes, alors que les gens savouraient pierogis, choucroute et soupe aux betteraves.

Festival organique
« C’est un festival très local, qui vient de la terre, c’est organique », assure Christy Morin qui tenait à célébrer les cultures qui sont les racines des communautés d’Edmonton, à travers l’art disponible dans le quartier.

Elle se réjouit de la richesse des communautés et du support qu’elle reçoit pour mettre à terme le festival chaque année depuis cinq ans. « Il y a tellement de gens qui veulent célébrer l’hiver ensemble, c’est remarquable », conclut-elle.
 

 

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