Centre d’accueil : L’organisme joue son avenir en pourparlers

Le 2 novembre, le président de la Francophonie albertaine plurielle (FRAP) Alphonse Ahola a tenu une conférence de presse à la Cité francophone à Edmonton, pour informer la communauté concernant le dossier du Centre d’accueil et d’établissement (CAÉ). Si les organismes francophones suggèrent un Comité de gestion transitoire, le gouvernement, lui, préfère qu’une autre association récupère les subventions pour se charger du dossier immigration.

FRAP logo

On le sait, le CAÉ ne sera plus financé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) à compter de mars 2019, ni par le ministère du Travail albertain dès janvier prochain. Qui va donc se charger d’assurer les services d’accueil et d’établissement offerts aux immigrants francophones ?

Pour répondre à la crise, une séance de travail a été organisée le 29 octobre par le Secrétariat francophone qui a convié plusieurs organismes francophones. L’objectif : trouver une solution pour assurer la continuité des services jusque-là offerts par le CAÉ.

Parmi les organismes présents : l’ACFA, Accès-Emploi, le Réseau en immigration francophone (RIFA), la FRAP, l’Alliance jeunesse famille (AJFAS), l’Institut Guy-Lacombe de la famille (IGLF), la Fédération des parents francophones (FPFA) et le Conseil de développement économique (CDÉA).

La solution du Comité de gestion transitoire

Pendant vingt minutes, Alphonse Ahola a exposé les deux pistes étudiées avec le gouvernement. Les organismes francophones, eux, proposent de mettre en place un Comité de gestion transitoire. Son mandat serait de rétablir une relation de confiance avec les bailleurs de fonds, recruter une nouvelle direction générale, assurer la continuité des services et les améliorer, revoir les statuts et règlements du CAÉ, et redessiner les lignes directrices de la gouvernance du Centre d’accueil. À terme, le Comité convoquerait une assemblée générale extraordinaire pour élire un nouveau conseil d’administration.

Ce Comité de gestion transitoire serait composé de sept personnes, dont une majorité de femmes. « Il nous faut identifier les personnalités crédibles dans la communauté à qui on peut faire confiance pour animer ce comité », a expliqué Alphonse Ahola.

La récupération par un autre organisme ?

Mais le ministère du Travail a une autre idée en tête. Le gouvernement préférerait en effet transférer la responsabilité à un autre organisme, notamment Accès-Emploi, qui recevrait donc le financement dont jouissait précédemment le CAÉ. Car le gouvernement provincial croit que le mécanisme de Comité transitoire pourrait marcher mais pas à court terme, mettant en péril la continuité des services.

Le président de la FRAP s’est dit opposé à cette idée : « Cette option ne nous rassure pas parce que nous ne voulons pas le démembrement du CAÉ. Supprimer le CAÉ, c’est punir une deuxième fois la communauté ». Pour le responsable, il s’agit plutôt d’une occasion de se regrouper en tant que communauté pour remettre le Centre d’accueil à flot.

Alphonse Ahola 2

« Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain » - Alphonse Ahola

Si Alphonse Ahola est conscient de « l’indéniable piètre gestion dont a fait preuve l’administration passée » du CAÉ, il considère tout de même que le Centre d’accueil tient une place particulière dans la communauté. Le supprimer pour transférer ses services à un autre organisme serait ainsi très dommageable : « Le CAÉ représente plus qu’un simple prestataire de services pour la majorité des personnes d’origine immigrante, surtout d’ascendance africaine. C’est aussi un repère, un refuge, un lieu de rassemblement depuis presque 15 ans. […] Ces personnes ne regardent pas les conseillers du CAÉ comme des employés mais comme leurs bouées de sauvetage », a-t-il détaillé dans une lettre adressée à la communauté.

Le chef de file de la FRAP veut voir dans cette épreuve l’occasion de montrer que la communauté immigrante est unie et capable de rétablir la situation. « Refuser cette opportunité serait décapiter les espoirs de plusieurs communautés immigrantes de voir un jour émerger une nouvelle élite des leurs. Ce serait aussi passer à côté d’une opportunité de rapprocher les communautés et créerait des divisions, dissensions et suspicions, bref un mauvais climat dans la francophonie albertaine », met-il en garde.

Alphonse Ahola garde espoir pour que le gouvernement de l’Alberta accepte la proposition de la communauté. Du côté du fédéral, la porte n’est pas fermée non plus, moyennant plusieurs conditions. « Quelle que soit la stratégie mise en place, il faudra démontrer que les femmes seront en haute sécurité dans cet espace. Sinon, nous n’avons aucune chance de négociation », a-t-il averti.

En attendant, les rencontres se poursuivent. Une réunion a eu lieu lundi 5 novembre entre les organismes francophones sur invitation de l’ACFA et une prochaine séance de travail avec le gouvernement est attendue.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut