Leader en intelligence artificielle

Des experts, des universitaires, l’industrie et le gouvernement se sont réunis lors d’un symposium international les jeudi 27 et vendredi 28 septembre à Edmonton pour discuter des applications de l’intelligence artificielle (IA) dans de nombreux secteurs technologiques. Organisé par le German-Canadian Center for Innovation and Research (GCCIR), l’International Symposium on Applications of Artificial Intelligence confirme la place du Canada parmi les précurseurs mondiaux en matière d’IA.

IA

Cette année, les thèmes de la santé, des transports, de l’agriculture, des interactions entre hommes et machines, des politiques publiques, de l’énergie, ainsi que des sciences sociales ont été abordés. Mais pourquoi Edmonton, et pourquoi maintenant ? Pour répondre à ces questions, il faut d’abord remonter un petit peu dans le temps, puis comprendre ce qu’est réellement l’intelligence artificielle (IA).

« On entendait dire durant le symposium que l’Alberta était le berceau de l’IA », raconte Rodolphe Gelin, Chief Scientific Officer et directeur de l’innovation chez SoftBank Robotics. Même s’il n’a pas l’air tout à fait convaincu, une chose est certaine, « l’Alberta est au-devant de la scène ».

Rappelons-nous. Au printemps dernier, Ottawa avait décidé de réserver 125 millions de dollars sur cinq ans à une stratégie pancanadienne en matière d’IA, et l’Alberta Machine Intelligence Institute (AMII) d’Edmonton faisait partie d’un des trois centres bénéficiaires de ces fonds.  

L’IA c’est quoi ?

« Malgré tout ce que vous avez pu lire ou entendre, les robots ne vont pas nous envahir », explique le Français Rodolphe Gelin. D’après lui, il ne faut pas s’attendre à voir débarquer des robots civilisés et polis tirés d’un univers de science-fiction. « L’IA diffère beaucoup de ce que les gens voient dans la science-fiction », précise-t-il.

L’objectif de la recherche en IA serait donc « de mettre au point une gamme de programmes qui imitent la compréhension humaine à un certain degré dans diverses sphères de compétences », résume le directeur de l’innovation chez SoftBank Robotics. Et même si « nous n’avons pas encore atteint notre but, les chercheurs s’en approchent ».

Apprentissage de l’IA

Dans le compte rendu du German-Canadian Center for Innovation and Research (GCCIR), les chercheurs expliquent qu’il y a principalement deux branches de l’IA : l’apprentissage profond et l’apprentissage par renforcement. En quelques mots, l’apprentissage profond « consiste à entraîner un programme informatique à dégager des tendances à partir de très grandes quantités de données », alors que l’apprentissage par renforcement utilise quant à lui la méthode de la carotte et du bâton.

« Plus on a de données, et meilleur on est donc ! Pas étonnant que les États-Unis soient à la pointe avec des entreprises comme Facebook et Amazon puisqu’ils ont accès à des milliards de données… », explique Rodolphe Gelin en soulignant par ici l’importance de la confidentialité des données personnelles.

Une chose est certaine, c’est que les programmes d’IA d’aujourd’hui, même s’ils sont impressionnants, « manquent de polyvalence et sont très spécifiques », commente le directeur de l’innovation chez SoftBank Robotics. Il donne comme exemple AlphaGo, conçu par la filiale de Google DeepMind et qui a battu à plusieurs reprises les meilleurs joueurs de Go, mais qui ne peut toutefois pas jouer aux échecs. « Les humains peuvent jouer aux échecs, jouer au Go, conduire une voiture, tondre la pelouse… », souligne-t-il.

L’IA responsable

« Le thème de l’intelligence artificielle touchera progressivement tous les secteurs de la société, et il est important de poser les bases qui encadreront son développement », analyse Rodolphe Gelin. Durant ces deux jours, le symposium a présenté une multitude de domaines et de fonctions qui pourraient servir d’application, mais pas que. Ainsi, sur le programme, on a pu lire que des philosophes et sociologues ont pris la parole autour de valeurs telles que le bien-être, l’autonomie, la vie privée et la responsabilité.

Dans le même état d’esprit, le Canada et la France avaient annoncé le 7 juin dernier, lors de la visite d’Emmanuel Macron, la volonté de créer un groupe international sur l'intelligence artificielle. Le président français avait alors précisé que ce groupe « indépendant » serait chargé de créer « un cadre aux évolutions technologiques en respectant la confiance des citoyens ».

Censé réunir des experts gouvernementaux et du monde scientifique, de l'industrie et de la société civile, ce groupe aura vocation à devenir « la référence mondiale », déclarait alors M. Macron dans son discours avant de préciser que ces travaux devront respecter « le bien commun, l'éthique et la vie privée ».

Les gouvernements français et canadiens y voient déjà l’avenir de demain en terme d’impact sur les activités humaines.

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