Le village urbain de Bonnie Doon se dessine

Mercredi 16 mai à la Cité francophone, les propriétaires du centre commercial de Bonnie Doon ont révélé des croquis du futur village urbain. Entre parcs, espaces commerciaux et résidentiels, la communauté locale a pu prendre la mesure du projet. Il faudra en revanche rester patient car le quartier ne sera prêt que dans une vingtaine d’années au plus tôt.

Une illustration du projet

Le projet de conversion du centre commercial de Bonnie Doon prend forme. Lors de la session de présentation au public du 16 mai, de nouveaux visuels ont été présentés aux visiteurs. Cinq zones sont délimitées : des commerces sur la partie est de la 83e rue, des établissements de santé et bien-être sur la partie nord, un jardin communautaire avec des résidences à l’ouest, des boutiques autour d’un espace piéton et d’un parc au centre, et des commerces et divertissements au sud le long de l’avenue Whyte, près de la future station Valley Line du LRT.

Les propriétaires du centre commercial, Morguard Investments Ltd., étaient présents pour expliquer leurs ambitions au public. Margaret Knowles, vice-présidente, est confiante : « Nous commençons à voir à quoi ça va ressembler. Ce sera une bouffée d’air frais pour la ville ». Le quartier s’enrichira de 3500 à 4000 nouveaux logements, « dans un mélange de condominiums, d’appartements en location de 2 et 3 chambres pour les familles, de maisons de ville, et de plus petites unités pour les Milleniums », informe-t-elle.

Vue aerienneUne nouvelle dynamique ?

Pour la responsable, le développement de cette zone permettra de répondre à une vraie demande : « On voit souvent des gens qui veulent revenir à Bonnie Doon car ils aiment la communauté. Mais il n’y a plus aucun espace pour vivre. Ce projet va créer une opportunité pour des milliers de nouveaux résidents ».

En effet, avec l’augmentation des prix de l’immobilier dans le quartier, il est devenu très difficile de se porter acquéreur. « Les habitants qui approchent de la retraite et qui veulent vendre leur maison tout en restant à Bonnie Doon pourront désormais le faire. Jusqu’à présent, ce n’était pas vraiment le cas », souligne Margaret Knowles.

Daniel Cournoyer, directeur général de la Cité francophone, la rejoint dans son analyse : « L’immobilier est devenu extrêmement cher. C’est pas tout le monde qui peut se le permettre aujourd’hui. Le projet donne la possibilité à des francophones de différentes catégories financières d’acheter dans le Quartier francophone ».

Le chef de file francophone voit le projet d’un œil positif tout en espérant que la Cité et le café Bicyclette fassent « toujours partie des bijoux du quartier ». Pour lui, le projet peut créer une « dynamique de petit village » tout en favorisant l’essor de développements parallèles. « Ça va pousser le quartier francophone, car avec une masse critique de 10 à 20 000 habitants, ça incite les hommes d’affaires à développer d’autres projets », estime-t-il.

Journee dinformation au publicLa francophonie consultée

La concertation est importante pour Morguard. « La participation du public aide à enrichir notre vision », assure Margaret Knowles. Jean Johnson, directeur général du Quartier francophone, est témoin de cette volonté. « On est en communication depuis un an avec Morguard dans le processus de planification. David Murray, un architecte membre du Quartier, travaille avec nous et va nous aviser pour faire d’autres éléments d’améliorations », indique le porte-parole.

Autre élément de discussion pour Jean Johnson : la possibilité d’acquérir un hôtel francophone dans le quartier. « Si on regarde toutes les activités des groupes dans la Cité et du Campus Saint-Jean, les gens viennent souvent de l’extérieur. Plutôt que de les laisser rester au centre-ville, on aimerait voir comment on peut augmenter le chiffre d’affaires de nos membres », expose-t-il.

« Il y a une telle richesse culturelle dans le quartier, reconnaît Margaret Knowles. Nous voulons être inclusifs. Nous ne voulons plus de cette séparation incarnée par le centre commercial entre le quartier francophone et le reste de la communauté. Il faut casser les barrières ». Du reste, Jean Johnson souligne que, d’après le recensement de 2016, 32 % des citoyens du quartier de Bonnie Doon sont francophones.

Pour le responsable, il faudra faire attention à gérer l’instabilité que le projet risque de provoquer pour les commerçants. « Le concept est vu comme un projet de développement de façon à minimiser l’impact négatif sur les commerçants, relève-t-il. La construction commencera dans les espaces libres, et ensuite ils iront vers les édifices existants tout en transférant les commerçants vers les nouveaux espaces », explique-t-il.

De son côté, Margaret Knowles assure vouloir travailler main dans la main avec les parties prenantes locales. « Nous sommes pour le moment dans la partie technique. Il n’y a pas encore de vision sur l’architecture, sur les locataires, ou les organisations impliquées. Cela dit, nous avons ouvert un bureau d’information au centre commercial depuis plusieurs semaines pour engager la conversation avec les organismes. Ça aidera à préciser le plan ».

La communauté devra s’armer de patience car le projet est un travail de longue haleine amené à s’étaler sur 30 ans. « J’aimerais dire 20 ans mais ça va prendre du temps. La demande pourrait être là plus rapidement que prévu. Si Edmonton continue de grandir à la même vitesse, on pourrait absorber 200 à 250 unités par an, ce qui fait un bâtiment ». Daniel Cournoyer pense aussi que la croissance d’Edmonton sera décisive dans l’avancée du projet : « Les investisseurs attendent de voir l’engouement. L’économie joue énormément là-dedans. Est-ce que la croissance à Edmonton va continuer ? », questionne-t-il.

La construction ne surviendra pas avant 2020. D’ici là, Safeway restera ouvert mais l’espace de stationnement et d’autres zones du centre commercial seront convertis progressivement.

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