Le gouvernement soutient Radio Cité

La Société radio communautaire du Grand Edmonton recevra un soutien massif du gouvernement fédéral. L’annonce a été faite par Randy Boissonnault, député d’Edmonton-Centre, à la Cité francophone lundi 18 décembre. Le nouveau média pourra ainsi compter sur une enveloppe généreuse de 400 000 $ de la part de Diversification économique de l’Ouest (DEO) et de près de 300 000 $ par Patrimoine canadien. Cet investissement majeur d’Ottawa annoncerait-il un soutien plus généralisé aux médias en situation minoritaire ?

Radio Cite

C’est dans le cadre d’une conférence de presse dans l’enceinte de la Cité francophone que Randy Boissonnault, qui représentait alors le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique Navdeep Bains, a annoncé la bonne nouvelle. « C’est un investissement parce qu’on sait qu’il y a un bassin important d’environ 30 000 francophones ici à Edmonton, qui seront capables d’écouter la radio », a-t-il déclaré.

Il a aussi été annoncé que Carole Saint-Cyr deviendrait directrice générale de la radio. D’origine acadienne, elle possède une expérience de plus de trente ans en radio, en relations publiques et en communications. Elle connaît en outre très bien le fonctionnement des organismes à but non lucratif. « Il faut se relever les manches, il y a beaucoup de travail à faire. C’est une continuité sur le travail qui a été fait depuis deux ans, on s’est tellement investis dans ce projet », a-t-elle commenté lundi.

Des soutiens opportuns

« C’est la première fois que DÉO soutient une radio », rapporte Carole Saint-Cyr. Le programme, qui couvre tout l’Ouest canadien, a son siège social basé à Edmonton. Peut-être cela a-t-il aidé à sensibiliser les agents au projet de radio communautaire ? Du côté de Patrimoine canadien, l’aide provient du Fonds stratégique.

« C’est un investissement très présent, très local dans les communautés en situation minoritaire », observe Randy Boissonnault. « Investir dans les radios communautaires a aussi un aspect économique, publicitaire avec les entreprises, culturel avec les artistes », ajoute-t-il.

« C’est important pour moi car il faut dire que j’aime bien écouter les nouvelles de Montréal mais pas à 3h de l’après-midi, à cette heure-là je préfère entendre ce qui se passe ici », observe Randy Boissonnault.

Jean Patenaude, président du conseil d’administration de Radio Cité, s’est aussi félicité de la nouvelle : « Rien n’est impossible à Edmonton ! », s’est-il exclamé suite à l’annonce. « C’est l’apogée d’une expérience qui a duré plusieurs années. C’est l’engagement d’une communauté dynamique. Les gens sont là depuis le début en tant que bénévoles. Aujourd’hui on arrive à la réalisation du projet », a-t-il surenchéri. Le responsable annonce que les étapes suivantes seront avant tout techniques et administratives.

Malgré les aides, Jean Patenaude précise que la radio devra faire preuve d’indépendance : « Il faut aller voir les gens d’affaire, les gens dans la communauté, il faut devenir autonome sur le plan financier ».

D’autres soutiens à venir d’Ottawa ?

Un rapport rédigé par la Commissaire intérimaire aux langues officielles mettait en évidence en Juin dernier l’importance des médias communautaires, incluant radios et journaux. Cette annonce favorable à Radio Cité serait-elle donc le premier signe de soutien ? « Ça s’en vient », promet le député d’Edmonton-Centre, avant d’ajouter que l’aide reçue par Radio Cité « fait partie d’une plus grande stratégie pour s’assurer que les Canadiens d’expression française puissent avoir accès à des médias francophones ».

Si, selon le responsable politique, cet engagement est « rattaché à la stratégie de contenu canadien annoncée par la ministre Joly », peu de signes d’Ottawa ont été reçus pour le moment. Une autre radio communautaire, CKRP, a d’ailleurs fermé récemment à Falher.

Pour Carole Saint-Cyr, « le gouvernement sait que les radios communautaires en milieu minoritaire sont essentielles ». Elle reconnaît que l’Internet est venu « brouiller les pistes et rendre les choses difficiles avec la publicité qui s’en va ». Malgré ces bouleversements, il faut pour la nouvelle directrice « de temps en temps rappeler le gouvernement à l’ordre ». « Les radios ne sont pas là pour mourir », lance-t-elle.

Grâce à ce financement, la radio communautaire du Grand Edmonton pourra ouvrir en septembre 2018. Entretemps, les gens pourront apercevoir ses studios au sein de la Cité francophone.

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