Samedi 14 octobre, le voile s’est enfin levé sur l’identité du candidat qui siègera à la présidence de l’ACFA provinciale. Marc Arnal l’a emporté avec 392 voix, talonné par Nicole Buret avec 318 voix. Le Franco s’est entretenu avec le nouveau président afin d’aborder les principaux dossiers de la communauté francophone: comment envisage-t-il l’avenir?  

 

Le Franco : Monsieur Arnal, vous venez d’être élu président de l’ACFA provinciale, quelles sont vos premières impressions ?  

 

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Marc Arnal : Je suis très reconnaissant auprès des personnes qui m’ont appuyé. Je pense que c’était important aussi de constater qu’il y avait plusieurs candidatures pour les différents postes. Tout ça a fait en sorte que c’est perçu peut-être moins comme une victoire, et plus comme un appel à l’excellence. Je pense que pour ne pas décevoir les gens qui ont voté pour moi plutôt que d’autres, c’est important de faire en sorte que les choses se passent bien. C’est comme ça je l’interprète.

 

LF : Quelle sera la première action que vous comptez poser dans votre mandat ?

 

M.A. : Nous avons déjà confirmé Albert Nolette comme vice-président du conseil exécutif (CE), qui sera complété d’ici quelques semaines. On a des réunions prévues à Ottawa avec la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) et l’équipe de M. Johnson. On va en profiter pour faire toute une série de rencontres pour parler des différents dossiers qui nous tiennent à cœur : la révision de la feuille de route et le recensement. Au niveau local, le dossier central sera l’implantation de la politique de services en français, et dans quelle mesure on peut mettre en place des modifications, des bonifications de services ou de disponibilité qui permettront de vivre pleinement en français en Alberta.

 

LF : Combien de temps pensez-vous que l’apparition des premiers services va prendre ?

 

M.A. : Le cadre de références pour le comité qui va faire des recommandations au ministre est en train d’être complété. La prochaine étape c’est de nommer le comité et ensuite d’entamer les négociations avec le gouvernement. L’ACFA va, je pense, faire partie du comité, mais on va être aussi disponible pour appuyer les revendications qui vont faire partie de ce comité-là.  

 

LF : Que pensez-vous de l’état actuel de la francophonie?

 

M.A. : Je pense que ce qui se passe présentement est un peu analogue à une révolution tranquille. En ce sens, je pense que la francophonie a changé énormément. Je pense que l’identité collective est en voie de redéfinition. Non pas d’être remplacée totalement de ce qui existait auparavant, mais de redonner un sentiment de collectivité ou d’appartenance où tout le monde puisse se reconnaître. Je pense que c’est ça le défi !

 

LF : Comment se traduit cette ‘révolution tranquille’ selon vous?

M.A. : C’est quelque chose qui se vit de façon très intense dans la communauté francophone parce que c’est relativement nouveau. Je pense que l’on a commencé il y a 13 ans avec les initiatives pour accroître le nombre d’immigrants francophones au Canada. Treize années ce n’est pas très long et quand on observe les changements qui ont eu lieu au niveau de la démographie de la communauté, il y a toute une autre facette de la question: c’est la place des ressortissants des programmes d’immersion dont beaucoup veulent faire du français une langue vécue. Je connais beaucoup de jeunes parents qui ne sont pas francophones de naissance, mais qui veulent que leurs enfants parlent le français. J’en connais plusieurs qui parlent français à leurs enfants, même s’ils sont issus de la communauté de langue anglaise.

 

LF : L’ACFA va finalement garder le même nom. Que pensez-vous de ce résultat?

 

M.A. : Ce que ça projette, c’est une image autre que celle que la communauté projette. Je pense que c’est un dossier sur lequel on va devoir se pencher. Je ne prévois pas de gros changements immédiats. Je pense que vous allez beaucoup plus m’entendre parler d’ACFA que d’Association canadienne-française de l’Alberta. Mais, ceci étant dit, le nom légal va demeurer tel quel, jusqu’à ce qu’il y ait une décision de changer. C’est un dossier actif, mais que je qualifierais de peu urgent pour le moment. Je pense qu’il faut s’entendre sur le fait qu’on vise une communauté inclusive. Et l’inclusion c’est beaucoup plus que la reconnaissance de la diversité. C’est au-delà de cette reconnaissance-là.

 

LF : Quelle est cette reconnaissance? Pouvez-vous préciser?

 

M.A. : L’inclusion, c’est de faire en sorte qu’une personne ait un sentiment d’appartenance à une collectivité. Pour que cela se produise, il faut que les préoccupations des différents groupes qui constituent cette communauté-là soient capables de se dire qu’ils ont participé à l’élaboration de cette communauté-là, à en définir les balises identitaires. On participe à sa gouvernance, on participe comme employé dans les différentes associations, etc.

 

LF : Hormis ce qui a déjà été évoqué, quels sont les autres dossiers sur lesquels vous comptez travailler?

 

M.A. : Il y a plusieurs dossiers importants. Je pense qu’il y a des clarifications à faire au niveau du Franco. J’ai eu un petit breffage là-dessus tantôt. Il y a aussi la question de l’immigration, du RIFA. Il y a la question de développer nos liens avec d’autres groupes qui représentent la diversité au Canada, notamment les Premières Nations et les Métis. Je suis très heureux de voir qu’à notre conseil d’administration il y a des individus branchés à ce niveau-là. On va pouvoir avancer. Le français pour moi, c’est un peu un incontournable de la diversité canadienne. C’est avec les droits autochtones et la diversité culturelle qu’on consolide notre engagement national et la diversité.

 

LF : Qu’est-ce que cela implique?

 

M.A. : Cela implique qu’on doive créer des liens avec nos partenaires à la diversité. Je pense que ça va être un dossier important. On commence aussi déjà à penser au centenaire de l’ACFA en 2026. On va mettre en place des mécanismes comme : comment peut-on faire rayonner la francophonie albertaine au niveau national et peut-être particulièrement au Québec où on est encore mal connus?

 

LF : En parlant de rayonnement, que comptez-vous mettre en place pour augmenter le nombre de membres et de votants à l’ACFA provinciale?

 

M.A. : C’est une question qui peut s’adresser de différentes façons. On peut avoir des changements structuraux qui vont permettre d’identifier plus de personnes comme membres de l’ACFA. Il peut y avoir des campagnes de recrutements de membres à l’intérieur des structures actuelles. Je pense qu’on est conscients du fait que l’ACFA doit être l’organisme représentatif et doit attirer le plus de membres possible. Je pense qu’il faut que l’on trouve la formule pour faire en sorte d’accroître le membership.

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