L’Assemblée générale annuelle du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA) s’est déroulée le 12 septembre à l’ACFA régionale de Red Deer. C’est la première fois que ce type d’événement se déroulait en région. Une trentaine de personnes ont assisté à un bilan annuel oscillant entre incertitudes et imprécisions soulevant, au bout du compte, plus de questions que de réponses. 1,7 millions de dollars de budget pour 2016-2017 et 88 000 dollars de déficit en l’espace d’une année. Comment expliquer une telle situation ?

 


Parmi la trentaine de personnes présentes lors de l’AGA, une majorité était composée d’organismes, d’employés, et de membres des conseils d’administration du CDÉA et de l’ACFA provinciale. À l’inverse, sur les 120 entrepreneurs listés dans le répertoire de l’organisme, seulement cinq ou six ont fait le déplacement jusqu’à Red Deer.

 

« Il faut décentraliser, mais il y aurait eu plus de personnes si ça s’était passé à Calgary ou à Edmonton », fait remarquer Marie-Christine Printz, entrepreneure et membre du CA de l’ACFA régionale de Calgary.

 

Des dépenses en hausse

 

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Légende: Lancement du guide touristique de 2016. En l'espace d'un an, le visage de l'équipe du CDÉA a bien changé. Au moment de la photo, l'organisme comptait alors un total de 15 employés.  Depuis, sept d'entre eux ont démissionné et trois ont été remerciés.  Sur la photo sont aussi présents M. Guillaume Bedard toujours membre du CA et L'Honorable Ricardo Miranda, ministre de la Culture et du Tourisme. 

 

Bien qu’aucune question n’ait été posée durant l’AGA sur le rapport financier, deux catégories attirent l’attention. La première, Conférences, ateliers et réunions, s’élève à plus 66 000 $ contre environ 18 000 $ l’an dernier. La seconde, Frais de publicité et promotion, grimpe au-delà de 226 000 $, contre à peine 65 000 $ en 2016. Que justifie ces augmentations de dépenses ? Comment le CDÉA a-t-il géré son argent cette année ?

 

D’une part, « Au niveau des Rendez-vous d’affaires 2016 [...] il y a eu une augmentation des coûts en partie parce qu’on recevait les gens de RDÉE Canada », se défend Jean-Philippe Couture, président du CDÉA. RDÉE Canada n’a pu répondre concernant ce point, occupé par l’organisation d’un consortium.

 

D’autre part, les frais de publicité et de promotion se justifieraient par les coûts du guide touristique et d’un projet de corridor touristique entre la province de l’Alberta et le Québec. « Il y a eu toutes sortes d’activités de promotion touristique auprès des francophones en Alberta et au Québec », justifie M. Couture.

 

Francopreneurs: la cause du problème ?

 

Le président du CDÉA explique que le déficit de 88 000 $ est dû à différents facteurs. Le principal, et le seul qu’il explicite, serait le programme FrancoPreneurs: « Dans les obligations de FrancoPreneurs, le programme devait générer 29% de revenus sous forme de revenus auto-générés, et ça ne s’est pas concrétisé ».

 

En effet, pour pouvoir toucher la totalité de son financement de la part de DÉO (Diversification de l’économie de l’Ouest), l’un des principaux bailleurs de fonds du CDÉA, FrancoPreneurs devait générer 29% de revenus indépendants, objectif qui n’a pas été rempli à ce jour.

 

 

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Lors de l’AGA, Lisa Lecky, coordinatrice régionale à DÉO, était présente en tant qu’observatrice et a trouvé la réunion « instructive ». Sa collègue, Donna Kinley, gestionnaire en consultation, marketing et communications, a précisé que DÉO continuait de  « surveiller le rendement du CDÉA par rapport à ses obligations contractuelles ».

 

Par ailleurs, Mme Kinley avertit que, « dans le cas des organisations qui éprouvent des difficultés à respecter leurs obligations, DÉO peut augmenter la surveillance et la communication de l’information ou mettre en œuvre d’autres mesures qui peuvent être jugées appropriées ».

 

En outre, si DÉO a accordé la somme de 448 929 $ au projet de FrancoPreneurs afin d’établir un réseau d’incubateurs à l’échelle de l’Ouest, « aucune nouvelle aide financière de la part de DÉO n’est prévue », avise la gestionnaire.

 

Un pôle ressources humaines malmené

 

D’autre part, Étienne Alary, le nouveau directeur général du CDÉA, a évoqué durant l’AGA un « contexte difficile avec moins de personnel », faisant ici référence aux départs en rafales subis au cours de ces deux dernières années. Une dizaine d’employés ont quitté le navire alors que deux licenciements sur Calgary ont été imposés suite à une restructuration contestée par les entrepreneurs eux-mêmes.

 

L’organisme semble concentrer ses efforts d’embauche sur Edmonton au détriment de Calgary avec une récente série de nouvelles recrues, présentées lors de l’AGA. Cependant, sans planification stratégique des besoins, l’avenir de la « jeune et dynamique nouvelle équipe » semble compromis.

 

En effet, à la suite des consultations communautaires, un rapport de conclusions n’a pas été rendu par Satya Das, conseiller stratégique pour le CDÉA, qui s’était alors présenté lors de ces consultations comme « le partenaire d’affaires » de Venance Côté, siégeant comme membre du CA du CDÉA à cette époque. Cette relation soulève d’ailleurs quelques questions de l’ordre du conflit d'intérêts entre un membre du CA et les personnes embauchées.

 

Le CDÉA est sans aucun doute confronté à des difficultés à la fois internes et externes. Monsieur Alary, nouveau directeur de l’organisme, le quatrième nommé en deux ans, sans processus de sélection, saura-t-il redresser la barre ?

 

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