L’arbre de Laurent Garneau coupé après 143 ans de vie

Planté en 1874, l’érable du Manitoba planté par Laurent Garneau, métis francophone renommé, devra être abattu pour des raisons de sécurité. Une cérémonie commémorative a été organisée dans la soirée du vendredi 15 septembre, près de cet arbre qui constitue un important symbole de l’histoire métisse.

C’est avec la collaboration de Métis Nation of Alberta (MNA), du Ruppertsland Centre for Métis Research (RCMR), de l’Université de l’Alberta, des descendants de la famille Garneau et des membres de la communauté que l’événement commémoratif a pu être mis en place. Important symbole de l’histoire métisse, et marque de son héritage à Edmonton, l’érable du Manitoba aura marqué son temps après plus de 140 ans de vie.


Fichier 001« L’arbre a survécu 143 ans, alors que normalement il ne vit que 50 ans. Il a perduré pendant toutes ces années, c’est assez extraordinaire », s’étonne Nathalie Kermoal, professeure titulaire à l’Université de l’Alberta, vice-doyenne académique de la Faculté des études autochtones et directrice du RCMR.

Retour sur une histoire

Laurent Garneau était l’un des soldats de Louis Riel durant la rébellion de la rivière Rouge au Manitoba en 1869. Il était une figure prépondérante de la communauté métisse albertaine, fils d’un commerçant de fourrures français, et était connu pour ses affaires, son engagement politique et son aide généreuse à la communauté métisse locale jusqu’à sa mort en 1921.

Son arrière-arrière-petit-fils, David Garneau, avait tenu à organiser une soirée commémorative avant que l’arbre ne soit coupé. Après consultation avec un arboriste, l’arbre avait en effet été jugé dangereux, étant donné son âge avancé et son état de santé déclinant.

Tout un symbole

Nathalie Kermoal relève que l’arbre est hautement symbolique : « l’arbre en tant que tel est le symbole de la résilience des Métis, ici à Edmonton, et aussi celui de l’importance de Laurent Garneau ». Selon la directrice du Ruppertsland Centre for Métis Research, la cérémonie avait pour objectif de « faire ressortir le lien que les gens de la communauté métisse, mais aussi du quartier Garneau, ont avec cet arbre ».

La cérémonie a ainsi été ponctuée de prières des aînés métis, dont l’un a subtilement remarqué que « l’arbre est l’aîné des aînés ». Si l’érable est très important pour la communauté métisse, « il représente aussi le lien qui peut exister entre la nature et les êtres humains » pour Mme Kermoal, faisant allusion à l’aspect guérisseur des plantes, partie intégrante de la culture autochtone.

 

Une nouvelle vie

Des discussions sont en cours afin d’évoquer de possibles façons de recycler le bois de l’arbre. « La Faculté d’études autochtones et l’Université sont très conscients de l’importance de cet arbre. Le bois va être récupéré, on va le faire sécher et il va éventuellement être réutilisé pour en faire des objets d’art. On ne sait pas encore ce que l’on va faire à la place de l’arbre : peut-être ramener un autre érable du Manitoba, ou alors faire un banc avec l’un des troncs », évoque Nathalie Kermoal.

Une chose est sûre, l’attachement émotionnel à cet arbre centenaire perdurera.

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