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Claude Roberto : une page se tourne

Claude RobertoAprès presque 32 années au service des Archives provinciales de l’Alberta, Claude Roberto s’apprête à prendre sa retraite dans quelques semaines. Sa contribution au patrimoine franco-albertain est largement reconnue et sa passion pour l’histoire des francophones de la province, contagieuse. Dans une entrevue avec le Franco, elle revient sur son parcours et fait part de ses prochains projets.

Le Franco : Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Claude Roberto : originaire de Marseille, je suis arrivée à Edmonton en 1977 pour faire un doctorat en archéologie. En même temps, j’ai commencé à travailler dans la francophonie. Par exemple, j’ai été pigiste au Franco et ai enseigné au Campus Saint-Jean. J’ai aussi été présidente du Théâtre français d’Edmonton et de l’Alliance française d’Edmonton. En 1985, j’ai postulé pour un poste aux Archives, et je l’ai eu !

En tant qu’archiviste dans la section des archives privées, j’ai agrandi les fonds en français. J’ai notamment travaillé avec plusieurs groupes francophones, tels que le Franco ou l’ACFA, qui ont décidé de donner leurs archives au gouvernement albertain. Mon rôle consistait à trier et garder tout ce qui a une valeur à long terme, c’est-à-dire qui sera utile aux futurs chercheurs. Ensuite, nous nous occupons de préserver tous ces documents afin qu’ils ne se détériorent pas. Il s’agit pour cela de contrôler le taux d’humidité et la température auxquels ils sont exposés. Enfin, mon rôle consiste aussi à rendre ces informations accessibles au public et à répondre aux différentes requêtes. Nous sommes un véritable centre d’information.

LF : Quelle est l’importance des archives pour notre communauté ?

CR : Les archives démontrent la culture et l’identité de la communauté. Dans les années 1920-1930, les francophones étaient nombreux et jouaient un grand rôle en Alberta. Par la suite, ils sont devenus une minorité. C’est important de conserver des preuves que le fait francophone est plus ancien que la province elle-même. Et si l’on ne fait pas l’acquisition de documents régulièrement, l’histoire se perd.

LF : Quels sont vos projets pour votre retraite ?

CR : Je vais continuer mes activités de bénévolat avec le Conseil international des archives. Je préside le groupe d’experts en sensibilisation aux archives. Nous avons développé la « déclaration universelle des archives », qui a été adoptée en 2011 par l’UNESCO. Ce document est particulièrement important dans les pays de dictatures, où les archives ne sont souvent pas disponibles. Mon projet actuel est de demander au grand public dans le monde entier de signer en ligne la Déclaration. La prochaine conférence du Conseil se tiendra à Mexico en novembre 2017 et je vais y animer un atelier.

Je vais aussi faire du bénévolat pour l’Institut pour le patrimoine de la francophonie de l’Ouest canadien, au Campus Saint-Jean. L’objectif est de faire connaître l’histoire de la francophonie en Alberta. Et je vais aussi continuer ma collaboration avec la Société historique francophone de l’Alberta et Denis Perreaux.

LF : Que ressentez-vous alors que vous vous apprêtez à partir à la retraite ?

CR : Un sentiment bizarre. J’ai pris l’habitude de me lever tôt pour aller travailler, il va falloir que j’organise mon temps. Le côté positif est que je vais avoir plus de liberté pour choisir mes priorités et mes horaires.

Jasmine Topham, agente de communication au Ministère albertain de la Culture et du Tourisme, a assuré le Franco qu’après le départ de Mme Roberto, les Archives resteraient en mesure de répondre aux requêtes de la communauté francophone. « Nous disposons du personnel nécessaire pour assister quiconque le demande, a-t-elle insisté, chaque requête sera prise en charge, il n’y aura aucun changement. »

 

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