Aussi pour les cinéphiles francophones

La neuvième édition du Festival international de films d’Edmonton se tiendra du 23 septembre au 1er octobre 2011. Au total, quatre films francophones sont à l’affiche.

Cette année, les organisateurs cherchent à s’implanter davantage dans la ville. Autrefois diffusés uniquement à l’Empire City Center, les 56 longs métrages et la centaine de courts métrages sélectionnés seront accessibles dans quatre autres salles, soit Metro Cinema at the Garneau, Haven Social Club, Zeidler Hall at Citadel et Capital Theatre.

Guy Lavallée, qui est responsable de la programmation, espère aller chercher de nouveaux spectateurs en élargissant le territoire du festival. « Nous aimons le centre-ville, et notre public aussi, dit-il, mais peut-être que cela ne nous permet de rejoindre qu’une partie de l’auditoire potentiel. »


L’année dernière, le festival a attiré environ 15 000 personnes. Les organisateurs observent une hausse de 15 % à 20 % des participants chaque année.

Contrairement à plusieurs festivals du cinéma qui mettent l’accent sur les acteurs vedettes afin de faire mousser leur popularité, le festival d’Edmonton met les réalisateurs et scénaristes à l’honneur. Une formule plutôt conviviale où le public est invité à s’entretenir avec les réalisateurs et artisans du film présents au festival est privilégiée.

Il arrive même quelques fois que le public soit invité à prendre un verre avec les réalisateurs à la fin du film, afin de les rendre plus accessibles.

M. Lavallée reçoit en moyenne 1000 soumissions de films annuellement. Il tente, à l’aide d’un comité, de sélectionner le plus de genres cinématographiques possible afin de satisfaire tout type de public. Les films présentés durant la semaine du festival ne seront, pour la plupart, jamais présentés en salle par les réseaux de distribution officiels locaux.

Films en français
Quelques films en français font partie de la programmation. « Au Québec, l’industrie cinématographique est bien développée, mais le réseau de distribution est différent du reste du Canada, ce qui rend leur représentation difficile dans le reste du pays », fait remarquer M. Lavallée.

Deux gros noms québécois sont à l’affiche cette année, Starbuck, réalisé par Ken Scott présenté le 29 septembre, et Le sens de l’humour, d’Émile Gaudreault diffusé le 27 septembre. Le film français, Le Havre, et quelques courts métrages en français seront également à l’affiche.

Le Festival présentera aussi, en primeur dans l’Ouest, le 24 septembre, le film La Sacrée, du réalisateur Dominic Desjardins, dont la sortie en salle est officiellement prévue pour le 30 septembre dans l’est du pays.

Dominic Desjardins en est à son deuxième long métrage et par le fait même, sa deuxième participation au festival d’Edmonton. Les organisateurs avouent n’avoir reçu l’œuvre qu’une fois la sélection terminée et ont dû bousculer quelque peu la programmation pour trouver une place au film. « C’est une histoire différente qui vous fait découvrir des endroits méconnus », justifie Guy Lavallée.

Originaire du Québec et établi en Ontario depuis maintenant six ans, Dominic Desjardins met en scène une communauté totalement francophone située dans le Nord de l’Ontario.

Ce village, comme bien d’autres au Canada, est frappé par l’exode rural de ses jeunes et est sur le point de mourir. Le personnage principal, un homme égoïste mu strictement par ses intérêts personnels tentera de sauver le village en produisant une bière, la Sacrée, qui selon la légende, augmenterait la fertilité.

La Sacrée est le deuxième film franco-ontarien à s’exporter hors de la province. Le premier étant Le divan du monde, le premier long métrage de Dominic Desjardins. Le réalisateur ajoute avec fierté qu’il s’agit de la première production hors Québec à obtenir du financement des deux paliers gouvernementaux.

« L’équipe de tournage était également franco-ontarienne. On pouvait sentir sur le plateau que les gens étaient fiers de faire quelque chose qui venait de chez eux et qui ne s’était jamais fait auparavant », affirme M. Desjardins.

Le réalisateur confirme que la distribution des films francophones hors Québec se fait plus difficilement.

Ce dernier explique qu’il existe une façon alternative d’être diffusé, soit en passant par les réseaux communautaires existants en contactant directement les communautés franco-canadiennes qui organisent des projections localement. « D’un autre côté, il y a la possibilité d’en faire un évènement plutôt que d’offrir une simple projection », reconnait-il.

Dominic Desjardins travaille présentement à développer un nouveau scénario en collaboration avec des acteurs, mais assure que la promotion relative à la sortie de son film devrait le tenir occupé pour un certain temps.

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut