Imprimer cette page

Demande accrue et infrastructures désuètes

En dépit des bonnes nouvelles concernant le nombre d’inscriptions et la création du nouveau programme de Gestion touristique au Centre collégial de l’Alberta, le Campus Saint-Jean continue d’être aux prises avec un défi important : retenir ses étudiants pour la durée totale de leurs études post-secondaires. Selon le doyen, Pierre-Yves Mocquais, la désuétude des laboratoires de sciences ainsi que le financement inadéquat dont souffre le Campus affectent sa capacité en la matière.

Même si l’économie de l’Alberta a déjà vécu des jours meilleurs, la province demeure celle où le nombre d’élèves qui arrivent à l’âge d’entrer à l’université est le plus élevé au Canada. Pour le doyen, il s’agit d’un facteur global qui explique l’augmentation du nombre d’inscriptions au Campus, soit 246 étudiants en première année, du jamais vu pour l’établissement universitaire francophone.

Selon lui, d’autres facteurs, notamment le travail qui a été fait au cours des deux dernières années pour renforcer l’image du Campus, semblent toutefois porter leurs fruits. « Le Campus Saint-Jean est une destination de choix pour les jeunes qui veulent continuer en français et posséder une solide formation dans les deux langues, car on est bilingue lorsque l’on gradue du Campus. Et c’est de plus en plus reconnu, nous offrons des formations tout à fait adaptées aux besoins de la société actuelle », renchérit M. Mocquais.

Dans le même ordre d’idées, le doyen estime que le fait français attire de plus en plus de gens. « Le bilinguisme fait incontestablement partie de l’identité canadienne, défend-il. Or, la tendance n’atteint pas les preneurs de décisions et les politiciens. La prise de conscience est lente et cela pose des problèmes, car on se retrouve avec une sorte de dissonance. » Pour Pierre-Yves Mocquais, le Campus peine à répondre à la demande et aux besoins du marché, particulièrement dans le domaine de l’éducation. « C’est le cas à travers tout le Canada, mais la situation est encore plus marquée dans les provinces de l’Ouest. Les conseils scolaires commencent à être désespérés. Il n’y a pas assez de professeurs formés, alors que les jeunes parents veulent que leurs enfants fréquentent l’école d’immersion pour acquérir cette caractéristique de l’identité canadienne qu’est la dualité linguistique », déplore-t-il.

Désuétude
Cette incompréhension des preneurs de décisions envers le fait français de l’Alberta comporte son lot de conséquences, à commencer par un financement inadéquat. Le doyen lui-même l’admet, certains espaces sont désuets au Campus Saint-Jean. « L’éducation de pointe se donne surtout au niveau du personnel enseignant. Nous avons des professeurs de très haute qualité, de ce côté-là, il n’y a pas de problème », assure-t-il.

Or la construction du pavillon McMahon date des années 50, et il n’a pas fait l’objet de rénovations importantes depuis des années. « On a fait faire une étude poussée de nos besoins et de ce qui peut être fait. L’Université de l’Alberta a présenté un projet au gouvernement provincial, qui lui devait le présenter au gouvernement fédéral, dans le cadre du Projet de renouvellement des infrastructures postsecondaires », se souvient le doyen. Malheureusement, comme il l’a fait savoir, ce projet n’a pas été présenté. « Nous ne savons pas pourquoi le gouvernement provincial n’a pas inclus, dans sa soumission au fédéral, la demande pour le Campus Saint-Jean. » Selon ses dires, il s’agit d’une situation décevante et préoccupante. «Cela indique une négligence de la part du gouvernement de l’Alberta à l’égard de la Francophonie, et une totale incompréhension du fait français en Alberta », juge-t-il.

Programme de gestion touristique
Par ailleurs, un nouveau programme prend son envol cette année, au Centre collégial de l’Alberta, soit le programme en Gestion touristique. « Nous fondons beaucoup d’espoir sur ce programme qui peut être offert à distance. Des échanges très positifs avec le Centre de la francophonie des Amériques nous permettent d’espérer des inscriptions venant d’ailleurs que de l’Alberta et de l’Ouest canadien », espère le doyen.

Autre nouveauté, le lancement du guide Vision linguistique : le français, langue de vie au Campus Saint-Jean. « Les étudiants ont recours à l’anglais comme langue de vie, alors que le français est une langue d’études. De plus, je continue à penser qu’il y a, de la part de certains francophones, un inconfort à l’égard de leur niveau de français. Le résultat est qu’il y a une tendance à repasser à l’anglais », remarque Pierre-Yves Mocquais. Selon le principal intéressé, le guide tente de promulguer le français comme langue de vie, pouvant être utilisée dans les interactions sociales journalières, entre copains. « Même si des erreurs grammaticales sont commises, ce n’est pas grave. L’important, c’est de pouvoir correctement s’immerger dans le français, et progressivement, la qualité du français s’améliorera », termine-t-il.

Bonne rentrée aux étudiants et aux professeurs!

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Éléments similaires (par tag)