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Me Louis Desrochers, un homme d’exception

Derochers LouisGrande figure de la communauté francophone, Me Louis Desrochers a rendu son dernier souffle le 28 septembre. Les funérailles, qui se sont déroulées le 6 octobre, sont le moment de mettre en perspective le parcours de vie exceptionnel, et la carrière d’un homme passionné et passionnant qui a tant donné pour les autres, mais aussi pour la communauté francophone. Si la disparition récente de Me Desrochers ne lui confère pas encore le statut de légende, l’œuvre du temps abondera certainement dans ce sens. En attendant, Me Desrochers est indéniablement une source d’inspiration pour les jeunes comme les plus vieux. À nous de savoir en prendre de la graine. 

Épris de justice, c’est probablement ce leitmotiv qui a guidé Louis Desrochers durant sa carrière fulgurante d’avocat. Frank McMahon, ancien premier doyen, recteur et professeur au Campus Saint-Jean a très bien connu Louis Desrochers, ils étaient même amis.  M. McMahon témoigne ces jours-ci de la personnalité atypique de l’un des « francophones les plus influents dans la francophonie albertaine durant la deuxième partie du 20e siècle ».

Né au Québec, Louis Desrochers déménage enfant en Alberta en 1939.  Étudiant en Droit à l’Université de l’Alberta, ainsi qu’au Collège Saint-Jean devenu depuis le Campus, Louis Desrochers fait très vite ses classes. Il se distinguera très tôt par « son calibre intellectuel », précise Frank McMahon et ne tardera pas à devenir une figure emblématique de la communauté francophone. Son influence s’étend très vite. « Il sera sollicité pour de nombreux conseils très puissants et importants dans le pays, en particulier en Alberta », précise M. McMahon.

C’est un parcours long comme le bras que Me Louis Desrochers possède et qui en ferait pâlir plus d’un. Tout au long de  sa carrière c’est une succession de poste à responsabilité qui montre la confiance qui lui était accordée.

Il fera une partie de son baccalauréat à l’Université d’Ottawa, puis son Droit à l’Université de l’Alberta. Il siègera au Conseil des Arts du Canada, seul francophone non Québécois pendant deux mandats, puis membre de la commission Tri partite regroupant des anciens présidents des Etats-Unis.  Louis Desrochers était une personne de pouvoir, mais qui n’en gardait pas moins les pieds sur terre. « C’était quelqu’un qui fréquentait les milieux les plus prestigieux et qui était très très influent tant auprès des gouvernements tant fédéral hque provincial, qui le rendait un appui très important pour les francophones », précise l’ancien doyen du Campus Saint-Jean.

Son rayonnement et son influence ont promu la francophonie de manière efficace dans son sillage. Il deviendra aussi président de l’ACFA provinciale de 1962 à 1964 à l’âge de 32 ans. Très jeune il deviendra le Chancelier de l’Université de l’Alberta en 1970. Homme de convictions, il a voulu comme le décrit M. McMahon, « être présent à toutes les assemblées générales, tant qu’il avait la santé ».

En 1995, Me Desrochers est alors frappé par une embolie qui n’arrêtera pas son engagement, mais freinnera une partie de ses  activités, lui laissant les séquelles d’une paralysie partielle.

Sa vie sera basée sur le devoir, l’implication et redonner à la communauté, surtout aux plus démunis. Me Louis Desrochers a relevé de nombreux défis et de nombreux combats. Par exemple, il s’est battu avec à ses côtés le docteur Joseph Moreau pour que l’école catholique d’Edmonton établisse une école d’immersion. L’Éducation était sans aucun doute l’un de ses chevaux de bataille.  Il avait saisi qu’une francophonie forte devait avoir une élite intellectuelle bien présente. L’éducation était la pierre angulaire de la problématique francophone en milieu minoritaire et il l’avait bien compris.  

La vie de Me Desrochers est presque celle d’un roman, voire une biographie. Celle d’un homme, acteur de sa vie mais aussi de celle des autres. «  Doté d’une grande intelligence, pour lui ce qui était important ce n’était pas de gagner les procès, mais que justice soit faite », explique son ami de longue date Frank McMahon.  Aujourd’hui, Louis Desrochers  est parti et laisse derrière lui d’innombrales admirateurs, des amis, une femme et cinq enfants. Mais il transmet aussi en héritage le goût de la passion et le devoir de  se battre pour ses convictions. Merci Me Desrochers !   

 

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