Le folklore à toutes les sauces

 

 

 

Festival folk d’Edmonton du 6 au 9 août

 

Parmi ses nombreux festivals musicaux organisés en été, Edmonton peut se vanter d’avoir le plus populaire festival de folk du pays. Pour une 31e fois, la ville accueille des dizaines d’artistes de tous horizons, qui viennent faire découvrir leur version de la musique folk aux Edmontoniens pendant quatre jours.

 

 

 

À Edmonton, la notion de «folk» est très différente de la définition qu’en fait la radio commerciale. En fait, elle s'approche beaucoup plus de la musique du monde, comme plusieurs groupes viennent jouer une musique d’un autre continent, apportant leur «folklore» musical avec eux. «On reçoit des artistes de renommée à l’international, notamment des artistes venant d’Afrique comme Tinariwen et Bombino», confirme Éric Morin, porte-parole de l’événement. À cela s’ajoutent des artistes de la scène rock, country et de l’Amérique latine par exemple. C’est pourquoi The Duhks, Angus et Julia Stone, Of Monsters and Men, Sinéad O’Connor, Edward Sharpe and the Magnetic Zeros et Richard Thompson, pour n’en nommer que quelques-uns, peuvent se partager la scène principale sans que le public soit déstabilisé. Selon le style de prédilection de chaque festivalier, il y aura certainement quelques groupes qui sauront toucher une corde sensible, estime M. Morin, s’avouant fier de la taille grandissante de l’événement au fil des ans. Et, selon lui, ce succès ne serait pas étranger à la présence de Terry Wickham, producteur de l’événement depuis plusieurs années.

 

Le Folk Fest en français

Bien que le festival soit organisé par une équipe essentiellement anglophone, la francophonie y est bienvenue. Cela se reflète par la présence de quelques francophones dans l’organisation, mais surtout sur scène avec des artistes comme Bombino, Tinariwen, Les Hay Babies, des membres de The Barr Brothers ou encore Le Vent du Nord. Olivier Demers, membre de Le Vent du Nord, semble avoir hâte de jouer pour la communauté francophone d’Edmonton au festival, lui qui revient d’une tournée en Angleterre et en Écosse avec le groupe québécois. « Cela fait quelques années que nous ne sommes pas venus ici, mais nous venons régulièrement dans l’Ouest canadien. C’est toujours de belles expériences quand on vient à Edmonton», confirme le violoniste de la formation québécoise. Le Vent du Nord aime s’exprimer en français au début des spectacles, histoire de «montrer nos couleurs» selon l’artiste, mais aussi pour voir s’il y a beaucoup de francophones dans l’assistance. Il remarque que l’auditoire hors Québec ne parle que très peu le français, ce qui n’empêche pas un bel échange entre les artistes et le public qui s’intéresse à cette musique traditionnelle canadienne-française.

 

 

Bien rodé

Après 31 ans d’existence, avec la participation annuelle de 2000 bénévoles, et avec huit scènes au parc Gallagher dont une principale, la machine du festival semble très bien huilée. La formule actuelle plaît et connaît un très bon succès, au point où il devient pratiquement impossible de se procurer des billets pour l’événement si on ne s’y prend pas d’avance. Selon le porte-parole Éric Morin, une des réussites du festival, c’est de voir naître des chimies entre les artistes lors des ateliers. «Des artistes se regroupent et font des ateliers de sessions improvisées. Ils apprennent alors à jouer avec d’autres artistes, souvent de registres assez différents.» Si on connaît déjà les participants de ces sessions, nul ne sait ce qui en émanera, mais M. Morin assure qu’il y a de très belles surprises à chaque année. «Les musiciens aiment une chose : jouer de la musique!», résume le porte-parole.

Olivier Demers souligne pour sa part que le festival est un des seuls à ne jamais avoir perdu ses attaches à la musique folk, ce qui est un exploit pour un événement de cette envergure. «C’est très probablement le plus gros festival de folk au pays», remarque avec plaisir l’artiste qui a fait le tour des festivals du genre au Canada et ailleurs dans le monde.

Une «nouveauté» est quand même précisée cette année par l’organisation : l’interdiction de porter la coiffe autochtone, comme plusieurs autres festivals ont aussi décrété cette année. Cela vise à mettre fin à la controverse causée récemment au Folk Festival de Winnipeg.

 

À surveiller

Éric Morin a donné un petit indice de quelques spectacles qui devraient retenir l’attention cette année. Il mentionne notamment Richard Thompson, Tinariwen, Ashley MacIsaac, et Brandi Carlile. «Il y a aussi Bill Bourne, qui joue la guitare d’une façon extraordinaire», insiste-t-il. D’autres artistes, qui ont lancé un album dans la dernière année, risquent d’offrir une performance mémorable au festival. Ce sera entre autres le cas des Islandais d’Of Monsters and Men et du Canadien Harry Manx.

La fin de semaine du 6 au 9 août s’annonce chargée pour les amateurs de bonne musique, et surtout très chaude si les vagues de chaleur comme Edmonton a connues reprennent. «Nous rappelons aux familles d’amener une bonne crème solaire», insiste M. Morin qui souhaite que tous passent un bon festival.

 

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut