Les artistes franco-albertains s’activent

 

Le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA) organise à chaque année un forum, invitant ses membres à se retrouver pour discuter des enjeux les touchant directement. Ce rendez-vous à la Cité francophone, étalé sur deux journées, les 11 et 12 juin derniers, a permis d’offrir des prix pour la promotion de l'art et de faire un grand remue-méninges sur les façons d'améliorer le sort des arts albertains dans la langue de Molière.

 

Ce forum a réuni quelques dizaines de personnes, majo­ritairement des artistes profes­sionnels, désireux de participer au processus de réflexion. Une telle réflexion n’est pas sans rappeler le forum communau­taire organisé par l’ACFA, il y a quelques semaines seulement.

L’événement a démarré par une soirée cocktail le jeudi 11 juin où les participants ont pu fraterniser avec leurs collègues. Puis le président du RAFA, Casey Edmunds, a donné le ton au forum avec le discours coloré qu’on lui connaît. La thé­matique 2015 du forum a aussi été dévoilée : « Source, énergie, rayonnement ».

 

La Vague d’excellence

Cette soirée s’est poursuivie avec une remise de prix : les prix Sylvie Van Brabant en création artistique et Martin-Lavoie en promotion artistique. Cette année, les deux lauréats sont respectivement Jason Kodie et La Cité francophone.

En nomination pour le prix Sylvie Van Brabant, on retrou­vait aussi Stéphanie Bourgault- Dallaire et Le Projet R. Cepen­dant, c’est l’incontournable accordéoniste et claviériste d’Edmonton qui a été retenu, grâce à « ses multiples projets innovateurs par lesquels il a toujours su faire rayonner la communauté francophone de l’Alberta », selon le communi­qué produit au lendemain de la remise de prix.

Quant au prix Martin-La­voie, La Cité francophone a été retenue, étant un « lieu de ras­semblement et d’épanouisse­ment pour les francophones et la communauté d’Edmonton. La Cité francophone a créé des combinaisons gagnantes qui dynamisent, célèbrent et par­tagent la culture francophone avec un large public. » C’est son directeur Daniel Cournoyer qui, en prenant soin de remer­cier le travail des employés de La Cité, a reçu fièrement le prix. Christy Morin était aussi en nomination.

Les deux lauréats ont reçu La Vague d’excellence, un tro­phée représentant une forme de vague en verre avec, notam­ment, des lignes dorées à l’in­térieur. C’est l’artiste Sabine Lecorre-Moore qui a créé ces trophées en 2013. Un nouvel artiste sera choisi pour créer les trophées des trois prochaines années.

La remise de prix a été suivie d’une performance et d’un pe­tit cours d’histoire sur la com­munauté métis d’Alberta. Les Edmonton Métis Dancers, une troupe familiale où trois géné­rations de la famille Donald gardent les traditions de danse métis vivante. Le président du RAFA a même dansé en com­pagnie de Lyle Donald, direc­teur de la troupe, pour le grand plaisir de l’assistance.

 

Réflexions concrètes

Dès le lendemain 12 juin au matin, les cerveaux des partici­pants au forum se sont activés : le consultant Éric Dubeau, ani­mateur lors de l’événement, a poussé les gens à « aller parler à quelqu’un qu’ils ne connaissent pas » pour parfaire leur réseau. Cela a donné quelques belles rencontres avant d’entrer dans le vif du sujet, soit les grandes questions abordées lors du fo­rum.

Quatre salles ont été réser­vées à La Cité francophone pour discuter les enjeux rete­nus par le RAFA : le continuum de pratique, le rayonnement des arts et les médias. La qua­trième salle s’appelait le café Ad Lib, où on pourrait parler de n’importe quel sujet touchant les arts franco-albertains qui n’étaient pas abordés dans les trois autres salles. Dans cette formule « café du monde », les participants étaient invités à changer de salle après chaque ronde de discussions, d’une durée de 40 minutes chacune. La formule a permis de regrou­per différentes personnes pour discuter des différents enjeux les touchant, avec une certaine alternance pour diversifier les points de vue. Cela a donné naissance, dès la première table ronde de l’atelier du continuum de pratique, à un projet très concret où les artistes en arts visuels veulent créer un mini- Entr’ARTS (un programme biennal en création artistique qui vise à soutenir l’artiste dans le perfectionnement de la pra­tique de son art) en arts visuels à Calgary, en collaboration avec l’ACFA locale. Des dates approximatives ont même été avancées pour la réalisation du projet.

En vrac, de nombreux com­mentaires ont émané de ce fo­rum, lesquels ont été inscrits sur des grandes feuilles, affichées lors de la journée dans l’atrium de La Cité. Certains ont parlé d’une communication accrue entre le RAFA et les artistes, toute l’année et pas seulement lors du forum annuel. D’autres ont parlé d’offrir plus d’ateliers ciblés, ou encore de créer des comités de travail. Il a aussi été suggéré de chercher à faire découvrir les arts albertains aux touristes, et d’arriver à lier l’art au développement écono­mique. Les idées, nombreuses, seront toutes compilées par le RAFA pour éventuellement être mises en application.

 

Les medias sous les projecteurs

La grande vedette des dis­cussions du 12 juin était sans contredit le monde des médias. Une question complète lui était consacrée, et en circulant au­tour des autres tables rondes, on pouvait réaliser que les mé­dias étaient souvent impliqués dans les autres sujets. D’ail­leurs, le directeur des services français des régions de l’Ouest à Radio-Canada, Pierre Gué­rin, et le chef de la production originale pour les chaînes TV5 et Unis de l’Ouest du Canada, Anthony Cauchy, étaient de la partie.

Plusieurs discussions ont pu être entendues pour chercher de nouvelles façons de favoriser un meilleur échange entre ces médias et les artistes franco­phones. Il a aussi été question d’Internet, cet outil qui per­met plus que jamais l’autopro­motion. Une critique a aussi été faite au RAFA de ne pas utiliser de façon optimale les technologies à sa disposition pour s’ouvrir sur le monde et ainsi favoriser adéquatement le rayonnement de ses membres; le mot « ghettosystème » a été mentionné pour l’occasion.

À cela s’ajoutent les re­marques que certaines formes d’art ont plus facilement la tri­bune que d’autres. On entend plus souvent parler de musique et de cinéma que d’arts visuels, constatent certains : l’atelier donné il y a quelques semaines sur la critique d’art visuel a donné l’idée à des membres de créer un cercle d’artistes qui feront aussi de la critique des oeuvres de leurs collègues, leur donnant une occasion d’avoir plus de visibilité à travers ces écrits.

À l’issue de ce forum des arts et de la culture, le RAFA ne manque décidément pas de travail pour répondre aux nombreuses demandes de ses membres. Les chantiers sont nombreux et les opportunités d’amélioration le sont tout au­tant pour la communauté artis­tique franco-albertaine.

 

 

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