L’ETS toujours optimiste

La semaine dernière, l’Edmonton Transit System (ETS) a défrayé la manchette, premièrement pour le cinquième report en à peine plus d’un an de la date d’ouverture prévue de la nouvelle ligne de métro léger (LRT), deuxièmement pour le renvoi de Charles Stolte, numéro deux au sein de l’ETS. Par contre, le service edmontonien de transport en commun croit toujours offrir un service qui gagne continuellement en qualité. Les bus passent bien rarement aux heures prévues avec parfois près d’une dizaine de minutes de retard, et plusieurs lignes de bus cessent carrément de passer dès le début de la soirée. Quant au réseau de LRT, il est toujours limité à une seule ligne fonctionnelle, même si une deuxième, la ligne Metro, devait être inaugurée en avril 2014.


Malgré le portrait actuel de la situation, le service de transport en commun géré par la ville d’Edmonton s’améliore constamment.  C’est du moins ce que soutiennent Andrew Gregory et Richard Leclerc, respectivement ingénieur senior en planification du transit et superviseur en surveillance et analyse à la ville d’Edmonton. « ETS s’est amélioré en arrivant à accommoder un plus grand nombre de

citoyens », explique M. Gregory, chiffres à l’appui. Selon lui, la hausse constante d’achalandage, année après année, est la preuve du succès du service. Les rapports consultés remontent jusqu’à l’an 2000 et atteignent un peu moins de 83 millions de voyages effectués en 2012 avec l’ETS (voir tableau plus bas). D’autres chiffres, moins précis mais allant jusqu’en 2014, semblent indiquer que la hausse d’achalandage se poursuit encore pour l’ETS.


Changements à venir

Alors que le nombre d’usagers croît, le service doit s’adapter. Ce que la ville estime avoir fait. « Le 28 juin, nous aurons le plus grand changement dans le service en 20 ans, pour nous accommoder aux initiatives de transformation au centre-ville, incluant le travail sur les installations pour la future ligne [de LRT] Valley », a souligné Jennifer Laraway, du service des communications de la ville d’Edmonton.

Ces changements seront annoncés officiellement le mardi 23 juin à l’hôtel de ville d’Edmonton, lors d’une journée appelée Go Downtown Open House. Cette journée sera l’occasion pour le public de s’informer de ce que représentent concrètement ces grands changements.

Parmi ceux-ci, il sera question de la fermeture de la 102e Avenue, pour permettre la construction de la prochaine ligne de LRT. Il sera aussi question des projets entourant le centre-ville d’Edmonton et le secteur Oliver, où l’achalandage a beaucoup augmenté. « Notre but est d’accommoder tout le monde de façon raisonnable », rappelle M. Gregory, spécifiant que certains arrêts peuvent aussi changer d’emplacement; la collaboration et la compréhension de tous sera nécessaire.

Toujours dans l’optique d’améliorer le service aux usagers, l’application MinBus sera aussi présentée lors de cette journée. Elle visera à optimiser la répartition des bus ce qui, selon Andrew Gregory, permettra une économie d’environ 27,5 millions de dollars en offrant un service de même qualité. En effet, il y aura 49 bus en moins sur les routes, offrant une économie de 642 000 $ par année, ce qui permettra par la suite « d’améliorer la qualité du service sans augmenter les frais ni les taxes ».

D’autres changements sont à prévoir pour septembre comme : « l’ajout de nouvelles routes dans des zones négligées, mais aussi au centre-ville », explique l’ingénieur. Cinq lignes de bus offriront aussi un service de nuit, surtout au centre-ville, dans le quartier Old Strathcona, sur l’avenue Whyte et au West Edmonton Mall. D’autres détails suivront vers la mi-août, assure-t-on.

Insatisfaction ?

Les changements promis arrivent à point, alors que le paysage d’Edmonton a beaucoup changé, reconnaissent  les représentants de l’ETS. Les cônes orange un peu partout au centre-ville, causent des ralentissements et des détours de plus en plus fréquents. À la ville, aucune statistique précise n’est disponible au sujet de ces retards : « Ces retards sont saisonniers, donc pas très exacts. Il faut tenir compte du fait que Groat Road a été fermé pour trois semaines, et que des évènements comme des défilés ou des températures extrêmes peuvent changer la donne », relativise M. Gregory.

Un sondage réalisé l’an dernier auprès des entreprises d’Edmonton sur leur opinion du service de transport a révélé certaines faiblesses que l’ETS n’a pas encore réussi à corriger. Le rapport stipule ces observations : « Les commentaires en relation au service de transit sont concentrés principalement sur la distance des arrêts de bus, le manque de service de bus près des entreprises et la faible fréquence du service en dehors des heures de pointe. La demande la plus fréquente était l’augmentation de la disponibilité et de la fréquence des bus. »

Pour ce qui est de la ligne Metro, la ville n’a pas pu fournir beaucoup plus de détails sur les développements. « En ce moment, le système de signalisation n’est pas encore fiable; dès que nous en savons plus, une annonce sera faite », assure Andrew Gregory. Il s’est tout de même fait rassurant concernant les autres lignes de LRT à venir : « Le problème actuel ne s’appliquera pas aux autres projets comme ils seront sur des lignes séparées ». Par contre, il est trop tôt pour savoir si le plan de développement du LRT, qui prévoit un total de cinq lignes de LRT d’ici 2040, est toujours réalisable, tenant compte du retard qu’accuse déjà le développement du réseau.

Quoi qu’il en soit, bien que le service de l’ETS soit loin d’être parfait, les changements qui seront mis en place dans les prochaines semaines et les prochains mois vont contribuer à son amélioration nette. Voilà enfin l’occasion pour Edmonton de rattraper le retard accumulé en matière d’efficacité du transport en commun. L’avenir dira si l’utilisateur moyen sentira concrètement l’évolution que l’ETS espère instaurer.

Note : Les citations de ce texte sont des traductions libres de l’anglais au français.

Comparaison : Edmonton et Calgary en chiffres

Il est tentant de comparer le service de transport en commun d’Edmonton avec celui des autres grandes villes canadiennes. L’une des plus évidentes à faire, est celle avec Calgary, plus importante ville d’Alberta. Cependant, ce n’est pas dans la philosophie de l’ETS de se comparer avec le service de la principale ville de la province : « Nous ne sommes pas comparables à Calgary; nous avons nos propres caractéristiques ici. Bien sûr, nous partageons nos histoires à succès, mais nous gérons les choses différemment. » Effectivement, Calgary Transit et Edmonton Transit System ont des façons de faire sensiblement différentes. Le tableau ci-contre illustre certaines comparaisons entre les deux services.

 

 

Edmonton Transit System

Calgary Transit

Nombre de voyages/année

82 767 785 (2012)

107 500 000 (2013)

Date de fondation

1908

1884 (1909 dans sa forme actuelle)

Nombre de lignes de métro léger (LRT)

1

2

Nombre de stations de LRT

15

39

Longueur du réseau de LRT

20,5 km

58,7 km

Premier LRT fonctionnel

1978

1981

Nombre de lignes de bus

209

160

Nombre de bus

969

1151

Étendue du service de bus/Longueur du réseau

Étendue de 700 km2

3968 km au total

 

Photos : ETS

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