Voilà le titre qu’on donne au texte du 2 février dernier dans Le Devoir annonçant la rencontre prochaine entre les communautés francophones en milieu minoritaire (CFSM) et le Québec, entre autres, sur la cause scolaire au Yukon. Il est tentant d’ajouter à l’éclat, mais pour éviter de sombrer dans la polémique, je vais m’en tenir à un peu d’histoire et à un argumentaire constitutionnel dans ce rapport entre les CFSM et le Québec.

Commençons par l’histoire. L’audience devant la Cour suprême sur la demande d’interprétation de l’article 23 s’est tenue le 14 juin 1989 après une longue bataille politique et juridique dans les cours albertaines menée par une petite association de parents franco-albertains. Dix-neuf  intervenants et une cinquantaine de constitutionnalistes ont participé au pourvoi. Le 15 mars 1990, la Cour suprême accouchait de la décision Mahé se traduisant par un nouvel espoir de pérennité pour les Franco-Canadiens. Le résultat pratique qui suivit : 31 conseils scolaires à travers le pays, 650 écoles françaises, plus de 150 000 élèves ayant enfin accès à une éducation française langue première.

On sait que l’art. 23 impose aux minorités officielles des contraintes quant au droit à l’instruction et à la gestion de leurs écoles. On oublie, cependant, que cette restriction qui s’inspire de la loi 101 au Québec existe justement pour que celui-ci ne puisse pas contester l’art. 23 sur cette question de l’accès à l’école ainsi limité, et que l’article poursuive les garanties dont veut s’assurer le Québec dans l’exercice de ce droit sur ses nouveaux arrivants. Or, cette composante restrictive de l’art. 23 s’applique-t-elle uniformément à travers le Canada où la situation minoritaire francophone ressemble peu à celle des anglophones du Québec? Laissons parler le texte de la décision Mahé.

Le trio québécois de musique traditionnelle De Temps Antan était de passage au Arden Theater de Saint-Albert, vendredi 14 novembre. Le chanteur-accordéoniste-harmoniciste Pierre-Luc Dupuis s’est prêté au jeu de l’entrevue.

Le Franco : Quand vous vous présentez, comment définissez-vous votre trio ?

Pierre-Luc Dupuis : Il y a une espèce de trademarkqui a surgi depuis quelques années, c’est power trio. […] On est des gars qui ont quand même écouté beaucoup de rock, beaucoup de punk… On se laisse influencer par ces musiques-là. On fait de la musique traditionnelle avec une énergie qui est, à la base, pour des danseurs. […] Après, c’est de la chanson à répondre, c’est des pièces instrumentales... Un mélange de tradition et de compositions originales. […] On fait aussi parfois appel à des auteurs. […]

LF : Depuis dix ans, qu’est-ce qui a changé dans la façon de faire votre métier ?

P.-L.D. : Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de choses qui ont changé pour nous. On a toujours gardé la même approche, la même façon de travailler. Après dix ans, on est encore les trois mêmes personnes (André Brunet, lui-même et Éric Beaudry, de gauche à droite sur la photo, NDLR). […]. Je dirais que ce qui a changé, c’est peut-être l’industrie autour : les collaborateurs avec qui on travaille, les agents de spectacles, la gérance…

Ce qu’on réalise après dix ans, c’est qu’on est vraiment comme une PME, une petite entreprise qui essaye de survivre dans un grand monde. […] On a toujours travaillé à trois, souvent autour d’une table de cuisine, à se lancer des idées… Après, la scène, ça fait partie de nous, je pense qu’on a gardé pas mal la même attitude en dix ans.

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