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La semaine nationale de l’immigration francophone 2016 s’est terminée de la plus belle des manières le samedi 5 novembre dernier à la Cité des Rocheuses. La coopération de plusieurs organismes a permis d’offrir un moment d’échange et de rassemblement prometteur pour l’avenir.

« Calais le démantèlement de la jungle touche à sa fin », titre la une du journal le Monde. Outre Atlantique, la couverture du célèbre magazine d’affaires, Forbes montre une réalité bien différente à savoir, le classement des 400 meilleurs, dans le monde des affaires. Une bonne partie d’entre eux, sont issus aussi de l’immigration. L’immigration est souvent perçue de manière négative à travers le prisme des médias ou les paroles désobligeantes de certains politiciens. Et pourtant, la majorité d’entre nous en sommes issus.

À bras ouverts, les organismes francophones attendent l'arrivée de quelques 400 nouveaux visages, le 29 octobre 2016, à La Cité francophone. Le 6 décembre dernier, plusieurs organisations se sont consultées afin de préparer la Journée d'accueil des nouveaux arrivants (JANA) le plus efficacement possible. Retour sur les éléments principaux de cette réunion.

Environ une centaine de personnes ont répondu à l’invitation, lancée par le Centre d’Accueil et d’établissement (CAE), le 24 septembre. De nombreuses spécialités culinaires syriennes ont fait le bonheur de petits et grands. Une exposition, un buffet, puis une projection ont permis aux personnes de la communauté d’aller à la rencontre des familles syriennes. Cet échange interculturel portait décidément bien son nom.

Sujet controversé? Sans aucun doute. Le Franco a pu se renseigner davantage sur le sujet lors d'un atelier sur le droit à l'immigration, le 16 septembre dernier. C'est à la Cité francophone qu'Amarjot Singh, conseiller en immigration, a animé ce webinaire offert par le Centre albertain d'information juridique.

Après avoir aidé une première famille syrienne à venir en Alberta le 31 décembre 2015, les membres  de la paroisse St-Thomas d’Aquin s’interrogent sur l’arrivée de la seconde famille. Si l’envie de venir en aide est toujours aussi forte, le processus administratif ne va pas aussi vite qu’ils le souhaiteraient. Voici un rapide état des lieux.

Refuge

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Terre nouvelle, langue nouvelle, culture nouvelle… Partir de son pays pour voler vers des contrées inconnues représente un périple semé d’embûches et de défis. Le metteur en scène Steve Jodoin a voulu imager l’histoire d’êtres humains qui ont courageusement parcouru des milliers de kilomètres pour s’installer au Canada. Du 1er au 4 juin, la pièce communautaire Refuge, produite par l’Unithéâtre, a mis en lumières les nombreuses expériences qu’ont pu vivre ces nouveaux arrivants.

Bien que la seule langue officielle de la province demeure l’anglais, la communauté francophone est toujours bien vivante en Alberta, et s’organise de mieux en mieux. Cette vitalité est davantage causée par l’immigration de francophones, surtout en provenance d’Afrique et de France, que des Francos-Albertains de souche. Des ressources sont d’ailleurs nombreuses pour accueillir et intégrer ces nouveaux arrivants, qui atterrissent dans un nouveau pays, une nouvelle culture, une nouvelle réalité. Mais, une portion importante des francophones d’Alberta vient des Canadiens qui quittent le Québec ou le Nouveau-Brunswick pour s’installer dans l’Ouest. Qu’en est-il pour eux ?

La question ne date pas d’hier, mais elle demeure toujours d’actualité, alors que chaque année des milliers de Québécois, pour la plupart francophones, quittent leur province en faveur de l’Alberta. Bien que certains Québécois soient réfractaires à l’idée d’aborder ce sujet, d’autres ont accepté de témoigner de leurs défis à leur arrivée et de la perception de cette nouvelle réalité.

Les récentes vagues d’immigration en Alberta ont modifié la composition de la francophonie. Curieux de découvrir les enjeux de cette nouvelle réalité, une dizaine d’aînés en moyenne ont assisté aux cours de Paulin Mulatris du lundi 27 avril au vendredi 1er mai, au Campus Saint-Jean, dans le cadre de la semaine Plaisir d’apprendre de la Fédération des aînés francophones de l’Alberta (FAFA).

« Les aînés, ce sont des gens qui ont beaucoup travaillé pour cette francophonie en contexte minoritaire. Quand il y a des changements comme [l’arrivée de nouvelles populations], je pense qu’il est très important de les tenir informés et qu’ils expriment leur point de vue », estime le professeur de sociologie Paulin Mulatris, qui a donc proposé une semaine de cours sur la nouvelle immigration pendant la semaine Plaisir d’apprendre au Campus Saint-Jean.

Jeudi 30 avril, l’universitaire a donné son avant-dernier cours. Sujet du jour : la construction identitaire de la francophonie albertaine. M. Mulatris rappelle à sa classe que les sociétés contemporaines sont aujourd’hui « globalisées ». Des personnes aux vécus très différents cohabitent et, bien sûr, l’Alberta francophone ne fait pas exception, surtout depuis une dizaine d’années.

Un Franco-Albertain né sur place et un nouvel arrivant francophone originaire de l’Afrique ou de l’Europe n’ont « parfois rien en commun,  à part la langue ! », souligne l’universitaire. Difficile d’en faire abstraction et de « zapper » cette réalité comme une émission de télévision qui ne nous intéresserait pas. Un dilemme se présente alors : comment à la fois « assurer la continuité » et « ménager un espace d’existence » commun ?

Samedi 14 mars, 25 représentants de la communauté francophone ont participé à une longue session de travail à La Cité francophone, dans le cadre du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA). Il s’agissait notamment de réfléchir à des moyens d’accroître le nombre d’immigrants francophones via la nouvelle plateforme Entrée express.

« Dans la communauté francophone, ça va prendre plusieurs personnes qui sont des experts d’Entrée express », estime Matthieu Brennan, consultant sur les questions d’immigration et animateur de la session de travail du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA), samedi 14 mars à La Cité francophone.

Mise en place le 1er janvier 2015, la plateforme internet Entrée express est censée favoriser l’immigration économique en mettant en relation employeurs et futurs employés. « Le système est organisé pour répondre aux besoins des employeurs », explique M. Brennan. Or ceux-ci peinent à trouver de la main-d’œuvre qualifiée en Alberta. C’est pourquoi, en 2012, ils ont  fait appel à 84 465 travailleurs temporaires venus de l’étranger. Parmi eux, peu de francophones. Il y a donc des opportunités à saisir.

« Celui qui cherche un mécanicien depuis 8 mois sans en trouver, tu n’as pas besoin de le convaincre de l’importance de la francophonie et du multiculturalisme ! », résume l’expert-conseil en immigration. C’est donc aux organismes francophones de mettre en relation les entreprises et les francophones souhaitant immigrer au Canada.

Une stratégie qu’a déjà comprise Michelle Margarit, directrice de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) régionale de Grande Prairie. « Ça fait deux ans qu’on travaille à faire venir des employés qualifiés », explique-t-elle. Son secret ? Une collaboration avec un recruteur ainsi que des relations étroites avec la chambre de commerce et les petites entreprises locales : « Je travaille avec des garages, des fermiers, des soudeurs… » Un modèle qui fonctionne et qu’il serait possible, selon Matthieu Brennan, d’étendre à toute l’Alberta, voire à tout le Canada.

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