FRANGLOFUN Calgary Stampede 2016-Dignitaires

Un barbecue communautaire a permis à plus d’une centaine de francophones et d’anglophones de se rassembler dans un contexte harmonieux, le samedi 9 juillet dernier. À l’occasion du 60e anniversaire du jumelage entre les villes de Calgary et de Québec, le Bureau de Visibilité de Calgary (BVC) et l’association de Cliff Bungalow-Mission Community, ont collaboré pour l’organisation du repas. Des dignitaires originaires des deux villes ont été invités à présenter des discours et à se joindre aux convives pour une soirée fructueuse.

Être poète signifie pour certains maîtriser une langue et la transmettre à qui veut l’entendre ou la lire. À Edmonton, être poète signifie parfois un peu plus. Du 17 au 24 avril, les rimes et les vers ont résonné dans la capitale provinciale. Depuis dix ans, le festival de la Poésie à Edmonton (Edmonton Poetry Festival) fait découvrir des artistes arborant une grande variété de langues et de talents.IMG 6718 1

La poète officielle d’Edmonton, Pierrette Requier, a exposé cette réalité, le 21 avril dernier, en organisant la cinquième édition de l’événement French Twist, une soirée mettant en valeur le bilinguisme à Edmonton. Le thème : La poésie, c’est l’(é) motion. « Parce que la poésie fait bouger les choses, elle est toujours en mouvement », explique-t-elle.   

« C’est en étant accueilli qu’un poème vit, qu’un poème respire », a philosophé Pierrette Requier, en remerciant le public de sa présence. Ce dernier a d’ailleurs pu profiter non seulement d’une belle brochette de poètes anglophones, francophones et bilingues, mais aussi de musiciens albertains talentueux.

Pour la toute première fois, l’auteur-compositeur-interprète Raphaël Freynet et sa compagne Carolyn Gingrich ont joint leurs talents respectifs pour une performance poétique et sensuelle. Accompagnée à la guitare par son amoureux, Carolyn a récité son tout premier poème écrit en français et une lettre d’amour humoristique parsemée d’anglicismes. « Je te manque », a-t-elle écrit, ou encore : « Je suis tellement ‘’blessée’’ de t’avoir dans ma vie ».

Plus d’une douzaine de poètes d’expression française résident à Edmonton, ce qui représente « un très bon nombre », selon Sylvie Thériault, directrice générale du regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA). Bien que ces poètes ne vivent pas tous de leur art, certains se font une joie de se greffer à des événements d’envergure comme celui du Festival de la Poésie d’Edmonton.

Le colloque annuel du Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF) est toujours un rendez-vous exceptionnel pour les chercheurs soucieux de partager leurs réflexions sur la francophonie.

Prenant la parole à l’Université d’Ottawa, les 3, 4 et 5 mars dernier, sous le thème « Le bilinguisme canadien comme projet: l’histoire d’une utopie et de sa réalisation », plus d’une vingtaine d’intellectuels en provenance des principales universités de la francophonie canadienne ont partagé le résultat de leurs recherches. La contribution albertaine a été assumée par la professeure Valérie Lapointe-Gagnon, du campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, qui a traité des débats autour de la notion de bilinguisme à la commission Laurendeau-Dunton (1963-1971) au moment où bien des anglophones se demandaient : « Pourquoi nous forcer à parler français ? »

Drapeaux francos.jpgL’ombudsman d’ICI Radio-Canada, Pierre Tourangeau, soutient que les questions posées lors du débat des chefs en français, diffusé à l’antenne d’ICI Radio-Canada, concernaient l’ensemble des Canadiens. C’est ce qu’il conclut dans un récent rapport publié sur son site Internet. Une réponse qui a suscité de nombreuses réactions déjà au sein de la communauté francophone.

« J'ai trouvé sa réponse arrogante et condescendante. [Pierre Tourangeau] donne l'impression que les francophones hors Québec ne sont qu'une nuisance pour son institution. Ses arguments sont fallacieux et sans fondement. Je n'ai pas apprécié du tout », a indiqué le doctorant en science politique spécialisé en minorités linguistiques à l’Université de Montréal, Martin Normand.

Dans sa révision de la plainte de Line Branchaud, Pierre Tourangeau avoue que la question sur les droits linguistiques des francophones hors Québec n’a pas été abordée durant le débat. Il ajoute toutefois qu’elle n’a pas été soulevée non plus dans les médias en milieu minoritaire durant la campagne électorale.

CgyLe conseiller municipal de Calgary, Brian Pincott, a affirmé sa volonté, lors de son passage à Québec pour le Rendez-vous de la fondation du Réseau des villes francophones et francophiles d’Amérique, du 29 au 31 octobre, de voir sa ville devenir bilingue.

 

« Les écoles d’immersion ont des listes d’attente, ce qui veut dire que même quand les parents ne parlent pas français, ils reconnaissent la valeur d’être bilingue. Je pense que la génération après nous va être bilingue et ça va donner un tremplin à la francophonie », croit le conseiller municipal.

 

Il ajoute que les 90 000 francophones qui habitent à Calgary doivent avoir un meilleur accès à des services dans leur langue. Ces changements doivent se faire au sein de l’administration de la ville, et pas au conseil municipal, d’après Brian Pincott. « C’est bon pour l’image d’un politicien de se lever au conseil pour manifester son soutien aux francophones, mais ça prend plus que ça. Il faut que l’administration de la ville s’asseye avec les organismes francophones », explique celui qui s’implique aussi au sein du Réseau des municipalités francophones de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).

 L’organisme Le français pour l’avenir organise la 12e édition du Forum national des jeunes ambassadeurs et elle se déroulera à Moncton, au Nouveau-Brunswick, du 13 au 18 août prochain. La province albertaine sera représentée par quatre ambassadrices. Rencontre avec la nouvelle génération de francophones bilingues d’Alberta.   

Chacun a son histoire personnelle concernant son lien avec le francais, et c’est ce qui a amené quatre élèves, Sonia Duchesne, Megan Hopkins, Kimberly Papp et Skylar Van Der Kooi, à représenter la province durant le forum. Pour certaines, le francais a commencé dès leur plus jeune âge. Pour Sonia Duchesne, c’est tout simplement sa langue maternelle : « Tu ne peux pas le parler n’importe où, n’importe quand, mais j’ai grandi dans une communauté francophone, même étant en minorité ». Pour d’autres, c’est le passage par l’école d’immersion française. Ce fut le cas pour Kimberly Papp, 17 ans. Elle explique : « Ce sont mes parents qui, depuis l’âge de 13 ans, m’ont mise dans un programme d’immersion. »

En baisse : la probabilité qu’il y ait une école à Lloydminster l’année prochaine

Aux premiers échos de la possible fermeture de l’école Sans-Frontières à Lloydminster (ville à cheval sur l’Alberta et la Saskatchewan), je me suis dit qu’il devait s’agir d’un levier pour le Conseil scolaire fransaskois (CSF) afin d’obtenir l’argent qu’il estimait lui être dû auprès de l’Alberta. Il y a un peu de ça, du fait que même auprès de leurs électeurs lors de la réunion du 26 novembre, le directeur par intérim Donald Michaud (qui je le rappelle est également directeur de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta) n’a pas hésité à affirmer aux parents que l’Alberta leur « volait leurs ressources » (étant donné que le gouvernement albertain ne subventionne pas la totalité des services offerts à l’école Sans-Frontières). Heureusement, les parents, en êtres humains raisonnables, ne se sont pas jetés sur la solution « d’exclure les élèves franco-albertains de l’école », solution qui, je l’ai appris plus tard, avait été proposée par le conseil juridique du CSF.

Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, a fait paraître son rapport annuel sur le bilinguisme. Malgré un bilan positif, il a pointé du doigt l’entreprise Air Canada, qui récolte de trop nombreuses plaintes à ce sujet.

 

Mardi 7 octobre, les oreilles des représentants d’Air Canada ont dû siffler. C’est en effet en négatif que cette entreprise a été citée par Graham Fraser dans son rapport sur l’état du bilinguisme au Canada. Pour le commissaire, la compagnie aérienne ne considère pas que présenter ses services en anglais et en français soit un atout marketing, mais plutôt un fardeau. « Dieu sait qu’ils ont droit à des rappels de façon constante avec des avis d’enquête sur des plaintes » déplore Graham Fraser.

Je poursuis l’argumentaire du “verre à moitié plein” par un retour sur des notions clés afin de montrer que la complétude institutionnelle est insuffisante en soi dans notre contexte et peut ainsi fausser notre conscience d’un avenir assuré.

 

Malgré tous les changements institutionnels significatifs qui permettent un certain modus vivendi en français, nous ne pouvons échapper à la réalité d’une langue anglophone tout enveloppante : nous y sommes submergés, imprégnés par elle, séduits, dominés, en raison de son occupation de l’espace public. Ce qu’il nous faut pour changer le pratique langagière des jeunes dans les écoles, les universités et même chez les jeunes parents, c’est-à-dire leur rapport à la langue française, c’est de rétablir la valeur et le prestige du français dans cet espace public, lui redonner l’élan qu’il a déjà connu pour en faire une des  valeurs identitaires fondamentales du Canada entier, et non l’unique apanage des communautés francophones et d’un Québec qui flirtait jusqu’à récemment avec la souveraineté. « Rétablir » et « redonner » vous dites; cela suppose qu’il a déjà existé !

 
Réponse à l'article du journaliste Guillaume St-Pierre, publié dans l'édition du 7 août 2014 du quotidien Le Droit.
 
Monsieur le maire Jim Watson,
 
Le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue, lancé publiquement la semaine dernière, réclame que le français et l'anglais aient un statut d'égalité totale et ce, à temps pour célébrer le 150e anniversaire de la Confédération du Canada en 2017.
 
« Une ville officiellement bilingue. Mais pour quoi faire ? », demandez-vous. 
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