3e Franco Festival : la richesse dans la variété

Ce festival, célébré les 26 et 27 juillet derniers, a marié la musique, la poésie, la danse et l’art de la francophonie.

À la différence de la plupart des évènements culturels franco-albertains, une grande partie des spectacles présentés lors du Franco Festival n’étaient pas en français. Les artistes, venus des quatre coins de la francophonie, chantaient tantôt en espagnol, tantôt en anglais et parfois en kinyarwanda.


« Ce que l’on recherche, avec le festival, c’est la promotion de la francophonie, non seulement pour ceux qui parlent français, mais surtout pour ceux qui aiment la langue sans bien la comprendre, ou bien ne la comprennent pas. C’est pour cela que, même si les francophones viennent, on ne veut pas négliger les anglophones, on ne veut pas qu’ils viennent passer huit heures ici sans comprendre un mot », explique la coordonnatrice du Franco Festival, Zinha Muabi.

« La francophonie, on veut la faire découvrir, dans toute sa diversité culturelle. La musique, selon moi, n’a pas de barrières », affirme-t-elle. De ce côté, le but semblait avoir été atteint samedi, alors qu’un grand nombre de visiteurs francophiles et anglophones se trouvaient sur la Plaza Eau Claire.

Tout en dressant un bilan positif de cette 3e édition, la coordonnatrice annonce déjà des changements pour l’an prochain. « Après trois ans, le festival en est toujours à ses débuts », indique Zinha Muabi. Comme le proposaient certains commentaires reçus, elle voudrait entre autres réserver un plus grand espace pour les activités d’adulte, en plus d’élargir davantage la programmation.

Conflit festivalier
À peine deux semaines avant le coup d’envoi du Franco Festival 2013, des représentants de la ville de Calgary ont demandé à Mme Muabi s’il était possible de déplacer les festivités.

C’est que les dégâts causés par les inondations de juin dernier avaient laissé l’ile Prince en piteux état et que le festival Folk, qui s’y déroulait pendant la même fin de semaine, cherchait désespérément un emplacement pour son marché d’artisanat ainsi que pour la scène II.  

Les organisateurs étaient prêts à tout faire pour aider l’organisation du festival Folk mais, « à deux semaines d’avis, ce n’était pas possible du tout de déménager », insiste Zinha Muabi. Les installations des deux festivals se sont donc érigées côte à côte, le Franco sur la Plaza Eau Claire, appartenant à la ville de Calgary, et le Folk sur le terrain appartenant au centre commercial du même nom.

La disposition judicieuse des amplificateurs et des scènes a permis aux deux festivals de ne pas trop empiéter sur la musique de l’autre, et la décision du festival Folk d’offrir un accès gratuit à la scène II, et donc de ne pas clôturer le site, a grandement facilité leur cohabitation.

Au final, « il faut considérer que de tenir le Franco Festival en même temps que le festival Folk est un défi, mais gardons en tête qu’il y a de plus en plus de festivals à Calgary, et que la ville commence à avoir de la difficulté à trouver un endroit pour chacun d’eux. »

La langue pour Jean-Marie Vianney Rurangwa
La soirée rythmes francophones du vendredi au centre scandinave a accueilli tour à tour chanteurs, danseurs et poètes. Et à un moment, les trois en même temps, alors que l’auteur Jean-Marie Vianney Rurangwa récitait ses vers sur fond de tamtam et de danse.  

Né au Rwanda en 1959, il a fui le pays très jeune pour n’y revenir qu’une quarantaine d’années plus tard, en tant qu’enseignant. Le camp de réfugiés qui l’a accueilli étant enfant a été pour lui une forteresse, « où ils ont touché à tout, sauf à notre culture », raconte-t-il.

Ainsi, comme il l’a appris de sa mère, il parle toujours le kinyarwanda, la langue officielle du Rwanda. Mais c’est en français qu’il écrit sa poésie, ses articles, ses livres et ses pièces de théâtre.

« Mon âme est francophone », affirme-t-il. Si son père était un artiste de la poésie orale en kinyarwanda, lui a le français comme langue poétique. Il a bien traduit en anglais quelques-unes de ses pièces, mais il adhère à l’adage italien traduttore, traditore : traduire c’est trahir. « Les rimes et le rythme se perdent dans la traduction », simplifie-t-il.

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