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Un petit bout de France à l’ombre de la tour de Calgary

Par un après-midi ensoleillé, à la veille du Stampede, vous marchez tranquillement sur la 7e Avenue quand une étrange vision s’offre à vous : des quatre coins de la ville déambulent d’abord une dizaine, puis des centaines de gens habillés en blanc de la tête aux pieds. C’est la mise en marche du premier Diner en Blanc de Calgary.

Tables et chaises sous le bras, ils ont été 1400 invités à arriver par train, par autobus ou à pied au centre-ville, le jeudi 4 juillet dernier. Après avoir rejoint leur point de rencontre respectif, dont plusieurs étaient sur la 7e Avenue, ils ont envahi le parc Central Memorial pour un piquenique hors de l’ordinaire.


« On arrivait par grappe de partout, on faisait comme une grande procession dans la ville. […] Les gens autour se demandaient ce qu’on représentait, si nous faisions partie du Stampede, ou si c’était une procession religieuse », raconte une des convives, Julie Fafard.

Sur invitation seulement
Idée parisienne lancée il y a 25 ans et devenue une tradition, le Diner en Blanc est un piquenique élégant, dont le lieu est tenu secret jusqu’à la dernière minute et auquel ne peuvent assister que ceux qui y sont conviés.

« Pour être invité, il faut connaitre un des organisateurs », explique Clara Astier, qui a reçu une invitation de l’Alliance Française de Calgary, partenaire de l’évènement. Chaque organisateur pouvait ainsi inviter 50 personnes qui venaient accompagnées et pouvaient à leur tour donner une invitation.

Les invités recevaient ensuite une liste d’instructions précises afin de faire de l’évènement un diner huppé dans les règles.

L’habillement devait intégralement être d’un blanc pur, tout comme devaient l’être les accessoires, paniers à piquenique, tables et chaises. « C’est vraiment un code strict, blanc, pas beige, et il fallait porter attention à tous les détails », précise Julie Fafard.

Le code couvrait jusqu’au contenu du panier à piquenique, qui se devait d’être raffiné et de compter trois services.

Le restaurant de fine cuisine River Café a par ailleurs fourni plus d’une centaine de paniers à piquenique bien garnis pour ceux qui préféraient ne pas préparer leur repas.

Marier Paris et Calgary
« Par son mandat de faire rayonner la culture française à travers le monde, l’Alliance Française est un partenaire naturel du Diner en Blanc », souligne le directeur de l’Alliance Française de Calgary, Damien Hubert.

L’apéritif, servi au rythme du champion canadien de l’accordéon Michael Bridge, et la voix jazzée de Céline La Coste pendant le diner arrosé de bon vin ont créé « un évènement chic qui apporte une belle résonnance française à Calgary », selon Julie Fafard.

Et si les chapeaux de cowboys blancs distribués par l’organisation du Stampede donnaient à la scène un air franchement Calgaréen, c’est plutôt dans l’organisation du diner que l’influence canadienne s’est le plus fait sentir.

« À Paris, on n’a besoin de dire à personne où l’on va. On décide d’un lieu, et on le fait. Alors qu’à Calgary c’est beaucoup plus règlementé, et il fallait demander la permission à la ville, compare Damien Hubert. Mais c’est normal, étant donné qu’ici, ce n’est pas un évènement connu. »

Résultat : l’organisation était plus compliquée, et plusieurs personnes ont dû être mises au courant du lieu et garder le secret. « Mais au final, pour les convives, la magie était la même que s’ils avaient diné en blanc au pied de la tour Eiffel », insiste-t-il.


Les deux averses qui se sont invitées n’ont pas refroidi les dineurs, et alors que Makeshift Innocence a pris le contrôle de la musique en fin de soirée, « nous avons dansé sous la pluie », raconte Clara Astier.

Un diner mémorable
Ce qu’on retient de cet évènement, c’est « la convivialité à la française, estime Damien Hubert. L’idée que peut importe avec qui on est, l’important c’est de passer un bon moment. » « Et le blanc pur, qui nous envoie dans une autre atmosphère, et la folie d’un piquenique dans le plus grand chic et la plus grande élégance qui soit », ajoute Julie Fafard.

« C’était une soirée unique, très différente pour un centre-ville comme celui de Calgary, qui est plutôt tourné vers les affaires », insiste Clara Astier.

Les promoteurs officiels de l’évènement, qui ont obtenu les droits de reproduire la soirée (Diner en Blanc est une marque déposée), parlent déjà de l’édition Calgary 2014.

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