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Vidéo - Rouleauville bloc party

Cette année encore, le thème du char allégorique de la communauté francophone de Calgary rendait hommage aux pionniers qui ont fondé la ville.
La parade du Stampede est un évènement à la fois communautaire et commémoratif. Elle sert aux nouvelles communautés de la ville multiculturelle qu’est Calgary de s’afficher, ainsi qu’à ceux qui font revivre son histoire de la rappeler aux nouveaux habitants (ou à ceux qui ont vite fait de l’oublier).

Elle donne aussi une occasion au maire de Calgary, Naheed Nenshi, de s’afficher, triomphant sur son cheval, à la hauteur du champion qu’il est devenu pour nombreuses des communautés qui défilent justement ce matin du 5 juillet dernier.


« Je suis conscient que plusieurs personnes n’ont toujours pas de chez eux et que nos voisins de High River et de la nation de Siksika sont encore sinistrés. Mais en même temps, quand j’étais sur le cheval, sur la même rue qui deux semaines plus tôt était inondée, je me suis dit : quelle chose merveilleuse nous avons réussi à accomplir! », dit M. Nenshi.

La communauté francophone de Calgary était triomphante, vers 7 h 30, attendant le coup d’envoi de la parade. Reprenant le même char allégorique que l’an dernier, ils ont réussi à lui refaire une beauté, avec des photos de différents acteurs de la communauté francophone présente, les noms de rues du quartier Rouleauville (nomenclature reconnue plus tôt dans l’année par la Ville) fièrement affichés, et les musiciens bluegrass du groupe Rotary Park qui l’animait.

Ce sont surtout les personnages historiques, interprétés généreusement par des membres de la communauté avec costumes et scénarios à l’appui, qui ont distrait les foules amassées de chaque côté de la 6e et de la 9e avenue de Calgary.

« La thématique du quartier Mission/Rouleauville était très pertinente cette année puisque le pire des inondations est arrivé dans ce quartier », affirme Suzanne de Courville Nicol, qui coordonnait l’organisation du char allégorique pour la Société franco-canadienne de Calgary.

 



Les pionniers
Jacques Hébert personnifie le Père Lacombe, premier curé de la ville naissante de Calgary. Immergé dans son rôle, il s’adresse à l’inspecteur Brisebois, dont il déplore l’écart des mœurs. « Il mettait le seul poêle du fort dans sa chambre pour ne pas que sa maitresse métisse ait froid, et bien pire… ».

L’inspecteur Éphrem Brisebois a créé un fort, au confluent des rivières Bow et Elbow. « Je l’ai appelé Fort Brisebois, je n’aurais pas pu penser à un autre nom. Et quand ils l’ont changé, je suis parti », dit Jonathan Perron Clow, faisant référence au fait que James MacLeod a renommé le Fort Brisebois « Fort Calgary », en 1876.

Robert Liddiard s’était déjà joint à la foule fantasque du char l’année dernière, dans la peau de Léon Doucet, un religieux français étant le premier à avoir accueilli la Gendarmerie royale à Fort Calgary. Père Doucet avait lui-même paradé sur le premier char franco-albertain à la parade du Stampede de Calgary, en 1929.

« J’ai eu bien de la misère avec les sœurs grises qui dansaient tout le temps et le Père Lacombe qui faisait le fou », plaisante Robert Liddiard en parlant de son expérience du défilé dans les rues de la métropole.

Pour le costume de sœur Grise, habillant Céline Bossé, Suzanne de Courville Nicol a fait appel à la maison mère à Montréal parce qu’il n’y en avait pas d’utilisable en Alberta.

« Je regarde nos pionniers il y a 100 ans et après je nous regarde et je me dis que c’est nous les pionniers du futur », lance Mme de Courville Nicol. D’où l’importance du caractère public et coloré de cette manifestation culturelle, lors de l’évènement annuel le plus important de la ville de Calgary.

Connexions
Suzanne de Courville Nicol est une agrégatrice de talent. Si tôt une idée émerge qu’elle a déjà appelé tout son réseau de contacts pour la mettre en œuvre. Son idée du char était d’aller « chercher tous les gens qui sont censés être là », des acteurs du passé à la relève musicale et culturelle du présent.

Déjà en 1993 - sa première année à la tête de l’organisation du char allégorique francophone - elle avait contacté le regroupement métis de la région pour qu’ils se joignent à la parade. « Quand ils voient nos ceintures fléchées des voyageurs autour de la taille, ils sont heureux, parce que pour eux ce sont leurs ceintures », dit-elle.

20 ans plus tard, on se rappelait toujours Mme de Courville Nicol au bureau métis de la région 3. Stacie et Carla Canada, qui travaillent au bureau, étaient les fières porteuses de la bannière cette année.

Le temps étant à la jeunesse, Suzanne de Courville Nicol pense que le thème du char historique a bien servi les deux années précédentes, mais qu’il est temps de le changer pour l’année prochaine.

« Ce sera indirectement relié à l’histoire, mais on va complètement changer le char, sans doute pour une structure plus pratique, mais plus de gens qui marchent autour et cinq caractères sur le char », annonce l’organisatrice.

Ce sont les seuls détails qu’elle a voulu révéler sur ce qu’elle mijote pour l’année prochaine.

 

 

Photos: Dany Côté et Emma Ailinn Hautecoeur

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