À Calgary : hausse de cout pour les programmes d’immersion?

Une mauvaise nouvelle s’est abattue dernièrement sur les parents qui ont des enfants qui fréquentent les écoles d’immersion en français à Calgary. En effet, Calgary Board of Education (CBE) a pris la décision d’augmenter les frais de transport pour tous les programmes alternatifs à partir de l’année prochaine.

Les écoles d’immersion en français tombent dans cette catégorie. Les parents qui ont des enfants dans les établissements d’immersion ont été consternés par cette décision soudaine. « C’est injuste. Ça va couter plus cher. Ça va couter deux fois plus pour aller à la même place. Il sera difficile d’envoyer mes enfants dans une école d’immersion publique », a indiqué Judith Berzins, mère de deux enfants qui fréquentent une école d’immersion.


De fait, les conséquences de cette décision pourraient être énormes. Ainsi, plusieurs parents décideraient peut-être d’envoyer leurs enfants dans les écoles privées ou de les envoyer dans les écoles anglophones, qui ont déjà un grand nombre d’élèves.

De plus, les embouteillages risquent d’être nombreux près des écoles si nombre de parents décident de transporter eux-mêmes leurs enfants à l’école.

Cependant, un élément qui déçoit énormément ces parents est le fait que, par cette décision, le CBE semble ne pas encourager l’apprentissage d’une autre langue au sein de ses établissements.

« Je suis déçue par la décision du CBE. Je crois que c’est important pour mes enfants de parler une autre langue. Je veux que mes enfants aient un avantage dans le futur. Parler le français leur donnera ce plus. Ça leur permettra de voyager et d’aller dans des bonnes universités », confie Judith Berzins.

C’est le même son de cloche pour la section albertaine de Canadian Parents for French (CPF). « D’ici la fin de l’année prochaine, le cout du transport va doubler. Dans le plan du CBE, il n’y a même pas un rabais pour les familles qui ont deux ou trois enfants au sein d’une même école. L’augmentation de 430 $ par année est trop élevée pour beaucoup de familles. Ce n’est pas inclusif et ce n’est pas accessible », souligne le directeur général de l’organisation Michael Tryon.

Ce dernier, comme plusieurs d’ailleurs, a été pris par surprise par cette décision. Selon, lui, le CBE aurait dû avoir la délicatesse de les informer de ses plans puisque l’organisme qu’il dirige siège sur un comité de consultation de l’institution.

« J’ai été complètement surpris. Je l’ai appris par téléphone d’un journaliste. J’étais en déplacement à l’extérieur », confie-t-il.

Un autre élément qui choque grandement CPF Alberta est la question de l’accessibilité. La Charte canadienne des droits et libertés, par son article 23, fait une distinction claire entre l’immersion en français et l’éducation en français.

« Ce n’est pas uniquement l’augmentation du cout de transport qui fait mal. Mais, c’est aussi l’accessibilité à l’instruction dans la langue de son choix qui est menacée. »

D’autre part, CPF Alberta craint l’effet domino d’une telle mesure. « CBE est un grand conseil. Les petits conseils scolaires pourraient suivre son exemple », s’inquiète Michael Tryon.

Par ailleurs, les parents ainsi que CPF en Alberta ont entamé plusieurs démarches afin de convaincre CBE de revenir sur cette décision. En effet, depuis quelques semaines, ils encouragent toute personne intéressée par le débat à envoyer une lettre de protestation au CBE et à participer aux assemblées publiques organisées par l’institution.

CBE en mode écoute
Il y a une lueur d’espoir. En effet, la contestation de plusieurs parents semble avoir trouvé écho auprès des autorités du Calgary Board of Education. En effet, dans un communiqué émis le 10 mai dernier, la directrice générale du conseil, Naomi Johnson, a indiqué vouloir que les parents sachent que son organisation est en train d’examiner les différentes options.

Une série de consultations publiques sont également prévues d’ici la fin mai afin de permettre à CBE d’étudier les différents scénarios avant de formuler des recommandations. Rappelons qu’il y a quelques semaines, CBE avait annoncé cette hausse des frais de transport pour quelque 10 000 élèves qui suivent un programme alternatif.

Michael Tryon espère voir les autorités du CBE changer d’idées dans les prochaines semaines. « On vit dans une économie globale, si on veut être compétitif, il est important de parler d’autres langues et de connaitre d’autres cultures. De plus, on a deux langues officielles au Canada, le français et l’anglais », conclut-il.

 

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