Semaine de l’histoire à Calgary : La francophonie brille par son absence

Pour la 28e année consécutive, La Semaine de l’Histoire de Calgary a présenté plus de 70 évènements à travers la ville. Seule ombre au tableau cette année, un grand vide s’est fait sentir près du quartier de Rouleauville, absent du programme. Irene et Walt DeBoni, deux philanthropes culturels engagés dans l’histoire de la ville nous expliquent.

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« Nous avons eu des difficultés à trouver quelqu’un pour remplir ce rôle, donc le quartier francophone historique ne fait pas partie du projet cette année », nous confie le couple. En effet, trouver quelqu’un de passionné et possédant les connaissances requises pour conter l’histoire de Rouleauville s’est avéré être un défi de taille. « La personne qui s’en occupait et qui connaissait très bien le quartier ne peut malheureusement plus y participer. Nous n’avons pas d’autres contacts dans la communauté francophone », expose Walt DeBoni. Les années précédentes, le quartier historique francophone avait été présenté à travers le thème des « Cimetières de Mission - Un tour de Rouleauville » au travers d’un circuit élaboré en 2016.

« Nous aimerions établir des contacts avec des personnes de la communauté francophone qui seraient intéressées à présenter l’histoire des francophones à Calgary et en Alberta, surtout celles des premiers pionniers français à Calgary », surenchérissent ces deux passionnés d’histoire. Leur effort n’est pas vain, le passé francophone de la ville étant détaillé dans un chapitre d’un livre publié par le Chinook Country Historical Society, « In The Footsteps of Giants ». Le passé de Calgary est, en effet, riche en francophonie, bien qu’il en paraît autrement aujourd’hui.

Un peu d’histoire

Le quartier de Mission actuellement connu pour sa fameuse « 4th street » et ses boutiques a été un centre de la francophonie pendant presque deux siècles. Cela commence dans les années 1740 avec l’arrivée des premiers explorateurs canadiens-français dans les Prairies canadiennes, tels que Pierre Gaultier de Varennes. Vingt ans plus tard, ce sont les trappeurs francophones qui s’établissent à Fort Calgary lorsque la Grande-Bretagne fit l’acquisition des territoires français du Canada, travaillant en tant que voyageurs pour la Compagnie de la Baie d’Hudson.

L’école de Sainte Mary, construite par des sœurs françaises, établies originellement au Royaume-Uni et pouvant ainsi enseigner en français et en anglais, devient l’école attitrée pour ces familles. À la fin du 19e siècle, lorsque l’évêque Grandin de St Alberta constata le besoin critique d’un hôpital pour Fort Calgary, il fit appel aux Sœurs Grises de Montréal. Quatre femmes courageuses firent le voyage à travers les prairies et elles y construisirent le Holy Cross Hospital. Son médecin-chef, Édouard Rouleau, ainsi que son frère Charles, un juge devenu respecté à Calgary, laissèrent leur marque dans la ville à travers leur participation dans la communauté. Ils y laissèrent également leur nom, donnant vie au quartier de Rouleauville.

Aujourd’hui, bien que l’hôpital soit fermé, l’école est toujours debout. Et même si la maison de Charles Rouleau fut rasée dans les années 40 pour un complexe immobilier, l’histoire francophone de Calgary peut encore se lire à travers ses noms de rues et à travers les pierres de la cathédrale Sainte-Mary.

Une francophonie ravivée ?

2018 n’aura malheureusement pas permis au quartier de Rouleauville de briller, mais l’histoire ne s’arrête pas là. « Nous avons un nouveau projet, nous confie Irene. À l’automne, nous allons commencer une série qui s’appelle ‘Building Calgary Community’ et nous allons nous concentrer sur les différents groupes ethniques qui se sont établis à Calgary. Nous voulons mettre l’accent sur les pionniers de ces communautés. Quelle a été leur contribution au quartier où ils habitent ? Et comment ils célèbrent leur culture dans leur nouveau ‘chez-eux’ », complète Walt. Cela sera l’occasion de mettre de l’avant le passé rempli des communautés francophones à Calgary et qui sait, peut-être faire la connaissance de férus d’histoire qui souhaiteraient partager avec les autres leur savoir.

« Si vous êtes intéressés à l’histoire, et surtout celles des premiers pionniers francophones à Calgary et en Alberta, contactez-nous au Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. », lance le couple, le sourire aux lèvres. Avis aux amateurs et aux passionnés d’histoire.

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