Théâtre francophone à Calgary : un projet de société à long terme

La pièce Grace et Gloria de L’UniThéâtre a été présentée à Calgary les 3 et 4 décembre derniers.Le Théâtre à Pic de Calgary accueillait la pièce Grace et Gloria, une production de L’UniThéâtre d’Edmonton, les 3 et 4 décembre derniers. L’œuvre est passée sous une bordée de neige. « Comme on demande aux gens de se déplacer, nous sommes victimes des éléments. Il suffit d’intempéries et les gens trouvent facilement une excuse pour ne pas se rendre à la pièce », affirme le directeur artistique et fondateur du Théâtre à Pic, Inouk Touzin.


La pièce n’a donc pas eu droit à de grosses assistances. Par contre, ceux qui ont vu la pièce ont beaucoup apprécié, selon M. Touzin. « Il faut donner de bonnes raisons au public de venir nous voir et cultiver une relation durable. Chaque fois qu’on créé une expérience positive, c’est plus facile pour eux de revenir », avance celui qui mise sur la qualité de la rencontre entre le public et la pièce.

Nouvelle vision
Incorporé en tant que coopérative théâtrale en 2010, le Théâtre à Pic produit une pièce communautaire et accueille une production par année. Mais le théâtre diversifie ses activités en offrant des cours artistiques, surtout pour les enfants. De plus, Inouk Touzin est souvent sollicité comme maitre de cérémonie lors d’évènements.

Bien que Calgary connaisse une tradition de théâtre communautaire, M. Touzin avoue qu’il s’agit d’un vent nouveau qui souffle sur la ville. « On apporte des spectacles professionnels et une saison théâtrale. C’est bien, on a la base. Maintenant, il faut continuer à développer ce public », expose-t-il.

Le fondateur du Théâtre à Pic à Calgary rappelle qu’il s’agissait d’un gros risque pour lui de s’établir dans la métropole albertaine, il y a quatre ans de cela. « Comme artiste, c’est toujours majeur quand on prend la barre d’un théâtre. Moi, je fonde ma propre compagnie donc je commence encore plus loin derrière », souligne-t-il.

Ses efforts auront tout de même porté ses fruits puisque, pour la première fois depuis son ouverture, le Théâtre à Pic a reçu une subvention de Patrimoine canadien sous son propre nom. « C’est un énorme pas, maintenant on existe. Le jour où on en aura trois ou quatre, on va pouvoir passer de projets à programmation, et ça nous donne de la crédibilité devant les autres bailleurs de fonds », fait remarquer le directeur artistique.

Un théâtre en développement
Ce dernier s’assure que la coopérative est bien ancrée dans la communauté calgaréenne. Des soirées d’improvisation sont organisées tous les mois. « Ça permet de regrouper la communauté et de garder le momentum. Entre les pièces, qu’est-ce qu’on fait pour que les gens restent intéressés et continuent à nous suivre? C’est aussi un geste vers des acteurs qui pourraient être intéressés à jouer avec nous », expose le directeur artistique.

Il mise aussi sur un premier contact dans les écoles. « C’est un travail sur des années. Il y a suffisamment de gens pour que ça fonctionne. Ensuite, il faut avoir le temps et la confiance de travailler pour transformer le potentiel en réalisation », laisse savoir M. Touzin.

Inouk Touzin et son équipe aimeraient augmenter les activités et accueillir une deuxième production extérieure, en plus de produire une deuxième pièce professionnelle et de mettre sur pied un laboratoire ou une lecture par année.

Futur prometteur
L’artiste constate un appui très solide de la part de la communauté. « La demande est là, seulement il arrive que les circonstances fassent qu’elle ne se manifeste pas en même temps que le produit est disponible », mentionne le jeune homme.

Ce qui ne l’empêche pas d’avoir de grandes ambitions pour le Théâtre à Pic. Dès ses débuts, Inouk Touzin imaginait déjà les tournées internationales. Il avoue faire preuve d’humilité en regardant son parcours jusqu’à maintenant, mais cela ne l’empêche pas de continuer à voir le verre à moitié plein. « C’est clair qu’il reste encore beaucoup de travail avant de se rendre jusque-là, mais c’est comme la théorie de la saucisse Hygrade, plus on en vend, plus on en mange. Plus on va avoir de théâtre, plus les gens vont prendre connaissance du produit et vont s’y intéresser », cite-t-il en exemple.

Une roue sans fin puisque ce dernier rappelait l’importance du soutien de la part des membres de la communauté, qui est le principal argument devant les bailleurs de fonds. « On a besoin de financement parce que les gens ont faim pour du théâtre, ils sont en détresse théâtrale et nous sommes le seul organisme capable de combler leurs besoins en français », indique Inouk Touzin.

Le Théâtre à Pic présentera la pièce Knock, de Jules Romains, à la Cité des Rocheuses à Calgary au printemps 2012.



 

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