La Clinique de Calgary arrête ses services de soins en santé

À compter du 31 mars, la clinique francophone de Calgary a annoncé qu’elle suspendrait son offre de services concernant les soins médicaux. En mai 2015, la clinique avait alors ouvert ses portes, bénéficiant d’une subvention de Santé Canada de 600 000$. Trois ans plus tard, le bailleur de fonds a décidé de ne pas reconduire son financement. Pourquoi la clinique n’a-t-elle pu remplir son mandat ?

Clinique francophone

C’est pour raisons personnelles que les médecins et les infirmières ont quitté la clinique, indique le communiqué officiel de l’établissement. Esdras Ngenzi, directeur régional de l’ACFA de Calgary et de la clinique s’explique, « 1200 patients n’avaient plus de professionnels de la santé pour faire le suivi ».

Selon M. Ngenzi, la rétention du personnel demeure l’un des défis majeurs. Il précise que le médecin Michelle Thibodeau qui avait débuté en août 2017, est parti au mois de décembre de la même année. « La démission des médecins est due au fait que c’est difficile d’être attaché à une clinique, les médecins travaillaient juste 2 à 3 jours par semaine », résume le directeur. Le système de rémunération des médecins payés à l’acte, constitue un élément majeur de la problématique, contrairement au modèle de la clinique Saint-Thomas payé à salaire.

Après s’être entretenu avec des professionnels de la santé, Paul Denis, directeur du Réseau santé Alberta, partenaire du projet, confie « qu’il faut à peu près 2500 clients pour atteindre le seuil de rentabilité ». La clinique de Calgary en a servi 1500 en l’espace de trois ans.

Selon les statistiques, ajoute-t-il, : « pour que ça soit rentable, un médecin doit voir un patient en moyenne toutes les 15 min dans une journée de 8h ». Est-ce que le système de paiement à l’acte est l’unique raison de la fermeture des services de soins de la clinique? Si Edmonton connaît une concentration de sa population grâce au quartier de Bonnie Doon et de la Cité, Calgary voit en revanche sa population plus éparpillée. Pourtant avec 30 000 francophones répertoriés, les chiffres semblaient à l’époque être une base suffisante pour lancer cette initiative.

Un plan d’affaires à revoir

« Il aurait peut-être fallu un plan d’affaires un peu différent, permettant de laisser rentrer au départ toute personne ayant besoin d’un médecin francophone ou pas pour avoir le volume de départ et ajouter des francophones », analyse M. Denis.

Esdras Ngenzi, lui n’a pas dit son dernier mot, « là on va recommencer, mais ce n’est pas comme si on partait de zéro. On a appris plein de choses.  En 2014, on avait 30 à 40 personnes, mais à présent on a des listes, un bassin ». À présent, les patients continuent d’être transférés aux médecins francophones dans la ville. Le 31 mars est la date de fermeture officielle. Aux dires du directeur de l’ACFA de Calgary, le poste de la psychothérapeute Sophie Gentilini est bel et bien maintenu, ainsi que les ateliers.

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