Le droit des femmes: Un bilan albertain et canadien

La Journée internationale des droits des femmes s’est tenue le 8 mars dernier. À Edmonton, les femmes furent célébrées lors d’une soirée intitulée « Une fleur pour toi », organisée par la Coalition des femmes de l’Alberta et par le Centre d’accueil à la Cité francophone. Près de 50 personnes ont pu suivre cette journée-là, le récit de vie de trois femmes immigrantes. Retour sur la situation des femmes francophones en Alberta et au Canada.

Journee de la femme

« Les défis sont les suivants : les femmes en milieu rural sont isolées et c’est difficile de les joindre, les femmes immigrantes rencontrent souvent des difficultés liées à la langue, à la recherche d’emploi et au réseautage », déclare Leticia Nadler, présidente de la Coalition des femmes de l’Alberta. Les femmes en Alberta représentent 49.3% de la population, dont 34 705 d’entre elles ont le français comme langue maternelle. « On parle généralement des inégalités pour les femmes en général, mais plus on fouille, et plus on voit que la discrimination est pire pour les femmes en situation minoritaire », surenchérit Soukaina Boutiyeb, directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne.

Discrimination économique

En moyenne, au Canada, une femme gagne 87 cents pour chaque dollar qu’un homme gagne. « Quand une femme se rôde une place dans la société, c’est parce qu’elle travaille deux fois plus pour être reconnue par la société », explique Soukaina Boutiyeb. Ceci explique pourquoi les femmes sortent souvent des écoles plus diplômées que les hommes Journee internationale de la femmesans pour autant en recevoir les bénéfices. Celles-ci restent minoritaires dans les secteurs de la gestion, de l’administration publique, des sciences naturelles, du génie et des mathématiques pour en citer quelques-uns. Bien qu’elles soient majoritaires dans l’éducation de la petite enfance et primaire, elles ne représentent que 39% des professeurs d’université au Canada. Le travail non rémunéré, c’est-à-dire la charge des tâches domestiques et les soins prodigués aux enfants, est également toujours un fardeau supporté majoritairement par les femmes. Cette charge, mentale et physique, est la raison pour laquelle la plupart des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, leur barrant ainsi des opportunités économiques et professionnelles. « Si on veut atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes, il faudra attendre plus de 150 ans au rythme actuel », nous confie la directrice.

Violences faites aux femmes

En plus des inégalités économiques, les femmes en situation minoritaire sont souvent sans appui psychologique en cas de violences conjugales, d’agressions sexuelles ou de harcèlement (affectant respectivement 41%, 87% et 76% de femmes).

« Quand on est abusé, on a besoin de parler dans notre langue maternelle. Ces femmes-là essaient de se retrouver et de trouver des services en français et c’est difficile en fonction des provinces. Les services en français, comme une maison d’hébergement, ne sont pas disponibles dans ce genre de situations », observe Mme Boutiyeb. Les services d’aide dans ce domaine en francais font donc défaut en Alberta.

Une présence gouvernementale non existante

Leticia Nadler déplore le manque total d’organismes financés et le manque de soutien du gouvernement. « Status of Women Canada et Alberta soutiennent très peu la Coalition. Ces deux ministères ne nous donnent même pas de fonds de programmation, c’est-à-dire de financement en continu », lance-t-elle. Le financement par projet porte ainsi atteinte aux changements sur le long terme que la Coalition peut espérer établir et rend l’exercice difficile.

La présidente souligne également le besoin crucial d’un soutien de la part de la communauté francophone afin de pouvoir apporter du poids à la cause des droits des femmes. « Pour faire avancer la situation des femmes, nous avons besoin que les hommes comme les femmes s’impliquent… C’est notre responsabilité à tous », souligne-t-elle.

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