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Un besoin criant de formation en médiation interculturelle

C’est du 21 au 23 février 2018 que la formation en médiation interculturelle approfondie s’est déroulée à la Cité des Rocheuses à Calgary. Cette formation, proposée par l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) et le Centre albertain d’information juridique, permet de mieux comprendre les facteurs interculturels dans les conflits de la vie quotidienne.

Mediation interculturelle

Simone Schwarz-Bart, l’écrivaine française l’a annoncé : « Le 21e siècle, c’est le siècle du métissage ». Avec le métissage vient le mélange de cultures et de normes, et ce n’est pas toujours évident de résoudre un conflit efficacement lorsque les codes ne sont pas les mêmes. La médiation peut donc s’avérer être un bon moyen.

La formation en médiation interculturelle initialement financée par Justice Canada et proposée par  l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario s’est importée en Alberta en janvier de cette année.  

Natalie Tymchuk, avocate de formation et spécialisée dans les questions interculturelles explique, « l’AJEFA a trouvé qu’il y avait un grand besoin dans le domaine de droits de la famille, afin d’avoir recours à d’autres moyens que simplement aller en cour ». Selon elle, une personne issue de l’immigration peut se sentir désavantagée dans le milieu judiciaire canadien, la médiation permet de fournir une option accessible à un plus grand nombre de personnes.

MediationMédiation familiale: des besoins importants

En matière de médiation familiale, la communauté francophone en Alberta n’est pas en reste. Comme le souligne Maryse Bermingham, formatrice en éducation et en relations interculturelles auprès des institutions de langue française, « on est toujours un peu carencés en matière de ressources lorsqu’il s’agit d’interculturalité et pourtant, la francophonie est le groupe en émergence qui se développe le plus pour palier au déficit démographique des communautés en situation minoritaire ».  

Selon Mme Bermingham, cette formation de 3 jours donne ainsi les clefs à ses participants quant à l’approche à adopter concernant les différences culturelles et comment incorporer ces éléments dans la médiation. « Il y aura toujours plus de gens qui viennent d’autres cultures. Et si nous ne sommes pas prêts à les insérer, nous ne ferons que des malheureux », regrette-t-elle.

Une importance pédagogique

Une des participantes, Saulnia Lacombe, superviseur en inclusion du conseil FrancoSud, témoigne de l’intérêt de cet atelier pour son équipe pédagogique. « On rencontre des parents de différentes cultures et il arrive qu’on ne comprenne pas pourquoi ça ne fonctionne pas. On voit qu’il y a un problème et ça nous laisse désemparés, car nous ne sommes pas capables d’aider les élèves et on ne sait pas où ça s’est mal passé ». Soucieuse de pouvoir établir une stratégie pour le conseil scolaire, Saulnia Lacombe espère que l’ensemble de l’équipe pédagogique pourra un jour avoir accès à cette formation reconnue par Médiation familiale Canada.

Cet atelier n’est pas seulement utile pour ceux dans le milieu de la médiation, mais également pour ceux désireux de mieux comprendre comment interagir avec un entourage de plus en plus multiculturel. Comme le conclut Maryse Bermingham, « le travail, c’est d’abaisser les barrières. Nous sommes humains et nous avons des problèmes à résoudre ensemble ».

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