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Alberta et Afrique : la grande séduction

C’est une grande première pour le CDÉA et toute la communauté francophone des affaires. Le 24 novembre dernier, une quarantaine d’investisseurs et d’entrepreneurs se sont réunis pour explorer les opportunités d’affaires entre la province et le continent africain.

« Cela s’imposait de longue date », a déclaré Erwan Oger, directeur pour l’entrepreneuriat, le mentorat et l’innovation au Conseil de Développement Économique de l’Alberta (CDÉA) à Calgary. L’immigration africaine a contribué à changer le visage de la francophonie albertaine, a-t-il expliqué, et la crise économique actuelle pousse bon nombre de ces nouveaux francophones à se lancer dans les affaires.

Intitulé « Alberta Afrique Affaires », l’événement organisé par le CDÉA avait donc pour objectif de fournir aux entrepreneurs intéressés des informations relatives aux activités d’import-export. Et cela a concerné tout le continent africain, y compris l’Afrique du Nord. Tarik El Hakli, qui a travaillé à la direction d'appui aux investisseurs de la Chambre de Commerce de Casablanca, est d’ailleurs venu partager ses connaissances et son expérience en soutien aux investisseurs, notamment d'un point de vue administratif.

« Cela a été une réussite », pense Alex Gbaguidi, conseiller financier pour le Groupe Investors. « Certaines personnes sont même venues d’Edmonton; c’est un signe qu’il y a un besoin », a-t-il commenté.

Pour Erick Sidjeck aussi, le besoin est là, mais il s’agit de savoir le coordonner. A la tête d’une société de services et d’import-export, il pense que « maintenant qu’un organisme francophone comme le CDÉA s’intéresse au sujet, on va pouvoir collaborer. »

Le gouvernement provincial devait être représenté lors de la rencontre, mais sa participation a été annulée au dernier moment. « Les gens ont été un peu déçus », a fait remarquer M. Gbaguidi. « Mais au final, il y a quand même eu un bon réseautage », selon lui.

Le Canada dispose d’une expertise dans plusieurs domaines, qui pourrait s’exporter vers l’Afrique, selon M. Sidjeck. Construction de barrages hydroélectriques, exploration minière, éducation, infrastructure et agriculture sont quelques-uns des secteurs cités par l’entrepreneur.

Également président de Canadian-African society, M. Sidjeck travaille d’ailleurs à la venue de trois délégations africaines en Alberta d’ici l’été prochain. « La seule réticence des investisseurs albertains concerne la sécurité. C’est pour cela que nous nous appuyons sur des partenaires gouvernementaux, en même que sur le secteur privé africain. Car le gouvernement est le seul à pouvoir garantir la sécurité des investissements », a-t-il expliqué.

Originaire du Sénégal, M. Gbaguidi aussi a son projet. Il envisage, d’ici cinq à dix ans, d’exporter les techniques d’enseignement et les technologies utilisées par le secteur éducatif canadien pour améliorer l’éducation sur le continent africain.

Tout autant d’idées et de projets qui peuvent contribuer « à diversifier l’économie albertaine », selon M. Oger.

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