Pétrole et 7e art : les passions de Calgary

La perte de vitesse de l’industrie du pétrole à Calgary a permis à d’autres industries peu connues d’émerger.  Le Franco s’est intéressé à l’état de santé de l’industrie du cinéma calgarien auprès de trois experts du secteur. Rencontre !

Calgary a été associée depuis longtemps à l’industrie pétrolière et pour cause : de 2012 à 2015 elle a généré un chiffre d’affaire annuel moyen de 94 milliards de dollars en Alberta. Selon Elisabeth Besson, conseillère en relation médias de l’association canadienne des producteurs de pétrole, ce secteur est maintenant en perte de vitesse. Près de 4000 emplois ont été perdus durant la crise.

Le pétrole est-il le seul potentiel de Calgary ? L’industrie moins connue du film offre aussi de belles perspectives et a généré, l’année dernière, 262 millions de dollars en Alberta.

 A1A2360-HDR-EditUn environnement idéal pour le cinéma

Le film Brokeback mountain et la plus récente série télévisée Heartland sont deux exemples de productions populaires, tournées dans la région de Calgary.  

En 2015, le studio de tournage de Calgary a vu le jour par l’entremise du Calgary Economic Development  (CED). Pour Luke Azevedo, commissaire du film de la télévision et de l’industrie créative, la ville en avait besoin depuis des dizaines d’années. Le studio marque complet, étant déjà réservé par des productions jusqu’en mai 2017 !

Le docteur Steve Olson, formateur de la pépinière de SAIT des professionnels du cinéma de Calgary, est doyen pour les technologies de l'information et des communication. Étant aussi responsable du programme Film et production vidéo, il jouit d'une situation privilégiée. La ville offre un large centre urbain et, à proximité, une grande variété de paysages idéals pour les scènes de tournage. En quelques minutes de route, on accède aux montagnes à l’Ouest, ou bien aux prairies et aux zones désertiques à l’Est. À ces décors extérieurs à couper le souffle s’ajoute le studio. Les maisons de productions peuvent désormais tourner des scènes intérieures sur place, nul besoin de louer un bâtiment en centre-ville. « Ceci est beaucoup plus rentable pour les compagnies venant de l’extérieur de la ville, elles peuvent tourner la totalité du film à Calgary », a déclaré le Docteur.

En à peine un an, le Docteur a déjà observé les retombées du studio. Il a récemment dû refuser de la main d'oeuvre pour la production d'un film, car tous les étudiants étaient déjà impliqués avec d'autres projets. « C’est incroyable, lorsqu’une production vient à vous, de devoir leur dire qu'ils arrivent trop tard, qu'ils auraient dû venir deux semaines plus tôt », a-t-il ajouté. Avec le studio qui devrait attirer de plus en plus de productions, le professeur prévoit pour les étudiants des possibilités d’emplois dans le domaine du cinéma.

Matt Gillespie, le président-directeur général de Joe Media, une société de production de contenu de vidéos basée à Calgary, ne tarit pas d’éloge sur l’initiative. Il fait le même constat. « Le studio nous permet d’attirer des gens qualifiés dans la province, cela nous permet de développer nos propres talents, de mettre nos enfants à la sortie de l’école au travail », a-t-il souligné.

Joe media elle-même organise six à douze tournages par an pour des publicités télévisées. L’isolation sonore, la ventilation adéquate permet aux équipes de monter leurs scènes de tournage. La salle est disponible à la location ainsi que tout le matériel nécessaire au tournage, de l’éclairage aux caméras.

Selon Matt Gillespie, l’industrie du cinéma est en bonne santé. « Le besoin et la demande de contenus vidéos, de séries télévisées sont toujours en hausse, c’est excitant, ça n’ira qu’en augmentant à l’avenir, je suis donc très optimiste ».  

 A1A2288-HDR-EditUn métier difficile

Tout n’est cependant pas rose, nous ont confié ces trois experts. L’industrie du cinéma, de par sa nature, marche sur contrat. Le travail ne dure donc que le temps du tournage : un mois et demi ou plus pour un film, et jusqu’à sept mois pour une série télévisée. Ceci veut dire qu’il faut régulièrement chercher des nouveaux emplois et attendre qu’une nouvelle production arrive en ville.

Quelques productions privilégiées basées à Calgary, comme Joe Media ou le studio 7-24 films, créateur de la série Heartland, jouissent d’un emploi sur le long terme. Les étudiants diplômés désireux de travailler sur le prochain Titanic ou sur Les raisins de la colère, s’ils sont prêts à mettre leurs rêves de côté et accepter tous les projets, trouveront du travail dans le développement de vidéos pour des compagnies pétrolières, des hôtels ou des restaurants.

Cette réalité reflète l’économie générale de Calgary en ce moment, selon Matt Gillespie, et appelle à « s’aider les uns les autres et supporter les locaux ». Il conclut en mentionnant l'importance de privilégier l'embauche d'entreprises locales pour la mise en marche de projet quelconque.

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