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Interview de Roy Klassen, nouveau consul honoraire de France à Calgary

Maître Roy Klassen est depuis le 1er novembre le nouveau consul honoraire des Français de Calgary. Cet avocat Calgaréen né d’une mère francophone s’exprime sur ses nouvelles fonctions.

 

- Pour devenir consul honoraire, il faut en faire la demande. Comment s’est passée votre nomination ?

 

En 2010, la France a établi un consulat à Calgary sous la direction de M. Jean-Charles Bou, afin de voir si la demande était là. Malheureusement pour cause de restrictions budgétaires il a été ensuite pris la décision de fermer ce bureau. De toute manière, le consulat avait des capacités restreintes, il ne pouvait par exemple pas prendre de demande de passeports.

 

Lorsque M. Bou a quitté le Canada à l’été 2013, il m’a dit qu’il allait soumettre mon nom pour occuper la fonction de consul honoraire. J’ai été flatté et heureux de cette opportunité, mais le processus n’était pas terminé. Il y a eu toute une phase de contrôle et de vérification en France sur mon parcours, mon métier, mon niveau de français.

 

Étant avocat et notaire, spécialisé notamment dans les successions et les testaments, j’ai l’avantage de pouvoir faire des procurations. J’ai aussi mes propres bureaux ce qui permet à la France de ne pas avoir à en louer, et comme le poste de consul honoraire est bénévole, cela ne coûte rien au gouvernement, en dehors de quelques frais minimes.

 

- En dehors des procurations, quelles sont vos autres fonctions et responsabilités en tant que consul honoraire ?

 

Certaines tâches ne me viendront que lorsque je recevrai les tampons et les sceaux officiels du gouvernement français. En attendant, je peux déjà remettre les cartes d’identité et les passeports afin d’éviter que les citoyens français ne se déplacent jusqu’à Vancouver. J’ai une soixantaine de documents en ma possession et j’en ai remis pour le moment vingt-cinq directement aux personnes concernées. Je vérifie leur identité et on détruit l’ancien passeport ou l’ancienne carte d’identité.

 

Il y a aussi des fonctions moins gaies. Par exemple si un ressortissant français se retrouve en prison, on peut me demander de venir en tant que consul honoraire, d’appuyer cette personne, de s’assurer que ses droits sont respectés, et encore d’autres actions relatives. Je peux également intervenir en cas de décès, par exemple si un accident en montagne survient. Je peux constater le décès, prévenir la famille et mettre en place une procédure afin de renvoyer le corps en France.

 

De plus, je représente la France lors des conseils de consuls honoraires à Calgary. C’est l’occasion d’échanger entre les pays. J’ai aussi comme projet de faire un suivi avec les chefs d’entreprise français qui ont accompagné François Hollande à Banff et qui ont été enchantés de la situation économique et de l’ouverture d’esprit que l’on trouve en Alberta.

 

Tous les Français, notamment ceux qui s’installent durablement en Alberta, peuvent à un moment ou à un autre avoir besoin de passer par le consul honoraire. J’essaye d’offrir un créneau consulaire de 14h à 16h tous les mercredis sur rendez-vous, sauf en cas d’urgence. Les Français d’Edmonton peuvent pour l’instant également se tourner vers moi mais nous sommes en train d’essayer de mettre en place un consulat honoraire sur place afin de leur faciliter la tâche.

 

- Pourquoi n’est-il pas possible de faire des demandes de passeport à Calgary ? Est-ce un manque de moyens techniques ?

 

Je n’ai effectivement pas l’équipement nécessaire, et la deuxième raison est que je ne suis pas un citoyen français. M. Fleury, consul général de Vancouver, ou M. Mention, consul adjoint, viennent parfois faire une permanence consulaire à Calgary. Ils peuvent à ce moment-là prendre les demandes de passeport grâce à leur machine, puis les données sont transmises en France.

 

Je m’occupe cependant des remises de passeport directement, de même pour les cartes d’identité. Mais en ce qui concerne les livrets de famille, les actes de naissance et de décès, il n’y a pas d’autre choix que de passer par Vancouver.

 

- Combien de temps va durer votre mandat ?

 

Le mandat est de trois ans. C’est le protocole canadien qui fixe cette échéance et il est renouvelable sur demande des deux parties. Mes fonctions prendront donc fin au 1er novembre 2017, nous verrons ensuite pour renouveler le mandat ou non. Cela dépendra également du consul général de Vancouver en poste à ce moment-là.

 

Je n’ai jamais fait ce genre de choses avant, j’apprends au fur et à mesure avec les requêtes des citoyens français, et je pense que ce mandat constituera une période intéressante. Je suis francophile, cela me fait plaisir de faire avancer les dossiers, d’être disponible pour des missions d’affaires françaises, de rencontrer la communauté et de faire connaître la France aux Calgaréens.

 

Photo : M. Philippe Zeller, Ambassadeur de France au Canada ; M. Roy Klassen, Consul honoraire à Calgary ; M. Jean-Christophe Fleury, Consul général de France à Vancouver

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