Lors du lancement de Francophonie albertaine plurielle vendredi 12 décembre dernier, l’acronyme FRAP, qui l’identifie maintenant, a suscité des sourires et quelques interrogations quant à son sens qu’il faut sans doute chercher du côté métaphorique ou symbolique. Disons d’emblée que c’est à chacun/e de l’associer à ce qu’il peut évoquer chez lui/elle, mais il est indubitable que le mot frappe par sa qualité d’homonyme. Je sais de sources sûres que le comité responsable de la création de l’organisme a d’abord choisi un nom qui incarnait le mandat et les objectifs qu’il voulait se donner, et que le mot « frap » est venu ensuite. Comme si un destin quelconque était à l’origine de ce regroupement d’individus issus de plusieurs coins du monde francophone, et comme si un mandat particulier leur avait été ordonné. J’ose avancer une telle explication parce que le Robert historique de la langue française (1992, de 2383 pages, en deux volumes) traite de la langue française – son évolution et sa place dans le monde – de la page 829 à 840, et glisse au milieu de ces pages (p. 837) le mot « frapper » et « frappe », notre homonyme ici auquel il accorde dans ses premiers exemples le sens suivant : (1178, estre en male frape « être en situation difficile ») « action de frapper et son résultat ». Cela semble résumer les étapes que la FRAP veut se donner – une « situation difficile », en effet, caractérisée par une exclusion systémique, qui fait appel à des solutions – un peu comme on dit que la parole vient du silence, métaphore tout désignée pour le processus enclenché par la FRAP…


Une pièce qui n’en était pas une au départ. Née d’une vieille cassette enregistrée et de l’impulsion de préserver son contenu. Un besoin de réapprivoiser sa langue originelle et maternelle. C’est le fruit de cette conjoncture qu’a présenté pour la première fois en public, les 28 et 29 novembre au Studio Yolande Proulx de L’UniThéâtre, la poète Pierrette Requier.

Les voix éclatéesou Le blues des oubliés(le titre de travail pourrait changer) est, selon le directeur de L’UniThéâtre Brian Dooley, un geste théâtral. Même mis en scène, il ne s’agira pas d’une pièce conventionnelle mais bien d’un mouvement multidimensionnel guidé et rythmé par cinq voix de femmes (dont une musicienne et vocaliste hors champ, Alison Grant-Préville). La texture des mots lus par les comédiennes – Joëlle Préfontaine, Carline Lemire, Isabelle Rousseau et Anna-Maria Lemaître – ne fait aucun doute.

« Ce fut un long accouchement », confie Pierrette Requier à l’auditoire. Elle les encourage à « se laisser rire », à « ne pas trop s’accrocher à comprendre le fil de l’histoire ». Car c’est de cette manière qu’elle l’a écrite, en retranscrivant des bribes d’une histoire racontée par une vieille femme usée.

Le document ‘‘Catholic School Facilities in Alberta’’ produit par la Alberta Catholic School Trustees’ Association (ACSTA) dont est membre la partie catholique du CSCN, adopté à l’unanimité en janvier 2003, et réaffirmé en avril 2011, semble confirmer le rapport à l’autre tel qu’il est apparu dans les années 1980 lors d’une assemblée tenue à l’école Maurice-Lavallée quand un parent catholique a déclaré à un parent non-catholique (comme c’était la seule école francophone à Edmonton, à ce moment-là…) qu’il ne voulait pas que sa fille soit contaminée par celle du non-catholique. Et ici, on ne parle pas du virus Ebola mais de deux petites filles, déjà copines, qui devaient avoir 7 ou 8 ans. Le commentaire avait scandalisé beaucoup de parents catholiques qui voyaient sans doute leur catholicisme d’un autre œil. Ce serait à eux/elles, il me semble, d’intervenir aujourd’hui pour défendre un catholicisme qui correspondrait davantage à la vision d’ouverture que promeut le pape ces jours-ci.

Voici donc des extraits de ce document que l’on peut facilement trouver en ligne. Conformément aux enseignements catholiques, on dit qu’une école catholique a « une culture et une philosophie distincte et unique », qu’elle « se définit et se caractérise par le fait qu’elle est centrée sur le Christ », qu’elle est « un instrument de l’Église », qu’elle se focalise sur « le développement de la personne humaine dans sa totalité », qu’elle est « engagée à l’inculturation de la vie et de la foi », qu’elle est « imprégnée de tous les aspects de l’Évangile de Jésus Christ ». En somme, c’est une école, dit-on, où « la présence, la vérité et la vie du Christ en imprègnent tous les aspects » (ma traduction).

La Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA) ouvrait vendredi 21 novembre son 27e colloque annuel et pour la deuxième année en retransmission simultanée à Calgary et Edmonton. Le thème de cette édition était « Le français, un cadeau pour la vie », ou comment s’impliquer pour transmettre notre langue à nos enfants.

Des parents francophones étaient réunis le 21 novembre au soir à la Cité des Rocheuses de Calgary et au Campus Saint-Jean d’Edmonton pour assister à l’ouverture de ce colloque. Glen Taylor, père anglophone de deux enfants bilingues et auteur des tout premiers ouvrages canadiens sur l’éducation en français pour les couples exogames, a ouvert le bal en donnant une conférence sur le thème phare de cette édition 2014, « Le français, un cadeau pour la vie ».

La pièce Elephant Wake, un succès de l’auteur, directeur et comédien Joey Tremblay est actuellement jouée au Catalyst Theatre d’Edmonton, et ce jusqu’au samedi 29 novembre. Un récit entre nostalgie, imagination et irréductible culture francophone dans une province anglophone.

 

Jean-Claude est âgé, et il est le dernier habitant de Sainte Vierge, petit village francophone de la Saskatchewan. Il se rappelle ses jeunes années, entouré de sa famille et des villageois, alors nombreux, de Sainte Vierge. Dans un semi-délire imaginaire il se remémore son passé, ses proches disparus ou exilés, et les fait revivre à sa façon. Leur mémoire perdure à travers lui, seul survivant de ce bastion francophone, et dernier témoin de leur culture qui se meurt petit à petit.

 

Telle est l’histoire que conte sur scène Joey Tremblay, en un mélange de français et d’anglais, depuis 1996. Elephant Wake a gagné plusieurs prix et touchera certainement les francophones d’Edmonton qui ne l’ont encore jamais vu, mais aussi ceux qui la connaissent déjà. Joey Tremblay a en effet tenu à revisiter son scénario et offre une version rajeunie de ce spectacle vieux de 18 ans.

 

Dans le cadre de la semaine nationale de l’immigration francophone, le Centre d’accueil des nouveaux arrivants francophones de Calgary (CANAF) a organisé le 1er novembre une table ronde sur le sujet de l’immigration en Alberta et son aspect fédérateur.

 

Une douzaine de personnes travaillant au CANAF, à Connexion Carrière, à l’AFCA ou dans d’autres associations francophones, s’étaient réunies, malgré la neige, à la Cité des Rocheuses de Calgary. Le directeur du CANAF, Mamady Camara, a présidé la table ronde en exposant les deux thèmes abordés lors de la rencontre : « Une diversité qui nous unit au Canada » et « L’immigration, une affaire de tous en Alberta ».

Daniel Eugène Cournoyer rend hommage aux Canadiens francophones de la Première et de la Seconde Guerre mondiale au travers d’une exposition à la Cité francophone.

« Les livres parlent très peu de l’histoire de la guerre des Canadiens de langue française », affirme Daniel Eugène Cournoyer. Pour y remédier, le vétéran de 91 ans a décidé de mettre sur pied une exposition se concentrant sur les francophones de l’Alberta qui ont participé aux deux guerres mondiales. Dans l’atrium de la Cité francophone (juste à droite après l’entrée principale de la rotonde), les soldats sont regroupés par région d’origine afin que les visiteurs puissent s’y retrouver facilement.

Edmond Croteau et la bataille de Vimy

« L’an dernier, on est allé visiter le monument de la crête de Vimy, raconte M. Cournoyer. Sur le monument, ils ont les noms de tous les Canadiens qui sont morts et dont les corps n’ont jamais été retrouvés. »

La bataille de la crête de Vimy a eu lieu en avril 1917, dans le nord de la France. Après de nombreuses tentatives infructueuses de la part des  Français et des Britanniques, les Canadiens se sont lancés à l’assaut de la crête fortifiée par les Allemands. L’affrontement dura trois jours et, malgré de lourdes pertes – 3 598 morts et plus de 7 000 blessés sur un total de 15 000 soldats impliqués –, l’opération canadienne est un succès.

Parmi les victimes de la bataille, M. Cournoyer cite Edmond Croteau, l’oncle de son épouse. « Il y avait quatre frères Croteau qui sont allés à Bonnyville. Probablement que s’il avait survécu, il serait venu rejoindre ses frères ». Au lieu de ça, Edmond est mort dans la conquête du « bourgeon », le point culminant de la crête de Vimy. « Le régiment de la Saskatchewan avait trop de pertes, alors ils ont appelé la compagnie F du 47e bataillon, et lui était de ce groupe. Il a été blessé et transporté à un hôpital. […] Il est mort deux jours plus tard. »

« C’est toujours bien d’avoir de compatriotes, des amis de chez nous », estime Valentine Skeels, agente de voyage et vice-présidente de l’ACFA régionale de Red Deer. Née à Moorea, « l’île-sœur de Tahiti », elle a rencontré son mari à Vancouver avant de s’installer en 2002 en Alberta. Depuis ce temps-là, impossible de mettre la main sur d’autres Polynésiens français dans la province.

Valentine a d’abord cherché des compatriotes via ses cercles d’amis, des groupes culturels, Facebook… en vain. « Je connaissais un des vice-consuls de Calgary, sa mère était polynésienne mais il a grandi en France… Je lui ai demandé : est-ce qu’il y a des Polynésiens francophones ? » Là encore,  la réponse fut négative.

« J’ai trouvé des Polynésiens, mais pas de Polynésiens français, explique Valentine. Des gens des Tonga, des Samoa, des îles Cook, d’Hawaii… Nous sommes tous Polynésiens mais ils ne parlent pas français. » Et si le tahitien que parle Valentine ressemble à l’hawaïen, il reste difficile de se comprendre.

Vous avez peut-être vu passer une annonce pour notre activité de la Semaine de l’immigration francophone de l’Alberta, Gardiens d’histoires… Dans le calendrier d’activités, ça n’en disait pas long : « Venez raconter votre histoire au bureau du Franco ». En effet, il ne s’agit que de ça. Pour cette activité – qui, comme je vais vous l’expliquer, se veut un projet à long terme –, il s’agit de s’éloigner quelque peu des directives du journalisme pour revenir aux sources de ce qu’est l’histoire orale, dans la grande tradition du journaliste radio américain Studs Terkel.

La période de froid a commencé doucement depuis quelques jours, amenant avec elle rhumes, grippes et autres joyeusetés dont on se passerait volontiers. L'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) régionale de Calgary s’est associée à la Madigan Pharmacy pour créer une clinique de vaccination contre la grippe pour les francophones de Calgary.

 

Cette journée de vaccination se tiendra le samedi 1er novembre, de 10 à 18h à la Madigan Pharmacy (6060 Memorial Drive NE T2A 5Z5), une officine qui offre des services en français. Pour pouvoir bénéficier de ce vaccin, vous devez avoir une carte d’assurance-maladie de l’Alberta. Si vous n’en avez pas, vous pouvez contacter directement l’AFCA de Calgary. Notez également que le vaccin ne peut être offert aux enfants de moins de 9 ans. Ceux-ci ne peuvent se faire vacciner que dans les quatre cliniques d’Alberta Health Services dédiées à la grippe.

 

« C’est la première fois qu’une journée de vaccination s’offre directement aux francophones, mais les anglophones peuvent également venir, les services sont offerts en français et en anglais », fait remarquer Jonathan Perron-Clow, coordonnateur de l’incubateur de services en français de Calgary à l’AFCA. Cette clinique éphémère devrait attirer plusieurs centaines de participants, et permettra aux francophones d’éviter de longues files d’attente ailleurs.

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