La Fédération des parents francophones de l’Alberta (FPFA) ouvrait vendredi 21 novembre son 27e colloque annuel et pour la deuxième année en retransmission simultanée à Calgary et Edmonton. Le thème de cette édition était « Le français, un cadeau pour la vie », ou comment s’impliquer pour transmettre notre langue à nos enfants.

Des parents francophones étaient réunis le 21 novembre au soir à la Cité des Rocheuses de Calgary et au Campus Saint-Jean d’Edmonton pour assister à l’ouverture de ce colloque. Glen Taylor, père anglophone de deux enfants bilingues et auteur des tout premiers ouvrages canadiens sur l’éducation en français pour les couples exogames, a ouvert le bal en donnant une conférence sur le thème phare de cette édition 2014, « Le français, un cadeau pour la vie ».

La pièce Elephant Wake, un succès de l’auteur, directeur et comédien Joey Tremblay est actuellement jouée au Catalyst Theatre d’Edmonton, et ce jusqu’au samedi 29 novembre. Un récit entre nostalgie, imagination et irréductible culture francophone dans une province anglophone.

 

Jean-Claude est âgé, et il est le dernier habitant de Sainte Vierge, petit village francophone de la Saskatchewan. Il se rappelle ses jeunes années, entouré de sa famille et des villageois, alors nombreux, de Sainte Vierge. Dans un semi-délire imaginaire il se remémore son passé, ses proches disparus ou exilés, et les fait revivre à sa façon. Leur mémoire perdure à travers lui, seul survivant de ce bastion francophone, et dernier témoin de leur culture qui se meurt petit à petit.

 

Telle est l’histoire que conte sur scène Joey Tremblay, en un mélange de français et d’anglais, depuis 1996. Elephant Wake a gagné plusieurs prix et touchera certainement les francophones d’Edmonton qui ne l’ont encore jamais vu, mais aussi ceux qui la connaissent déjà. Joey Tremblay a en effet tenu à revisiter son scénario et offre une version rajeunie de ce spectacle vieux de 18 ans.

 

Dans le cadre de la semaine nationale de l’immigration francophone, le Centre d’accueil des nouveaux arrivants francophones de Calgary (CANAF) a organisé le 1er novembre une table ronde sur le sujet de l’immigration en Alberta et son aspect fédérateur.

 

Une douzaine de personnes travaillant au CANAF, à Connexion Carrière, à l’AFCA ou dans d’autres associations francophones, s’étaient réunies, malgré la neige, à la Cité des Rocheuses de Calgary. Le directeur du CANAF, Mamady Camara, a présidé la table ronde en exposant les deux thèmes abordés lors de la rencontre : « Une diversité qui nous unit au Canada » et « L’immigration, une affaire de tous en Alberta ».

Daniel Eugène Cournoyer rend hommage aux Canadiens francophones de la Première et de la Seconde Guerre mondiale au travers d’une exposition à la Cité francophone.

« Les livres parlent très peu de l’histoire de la guerre des Canadiens de langue française », affirme Daniel Eugène Cournoyer. Pour y remédier, le vétéran de 91 ans a décidé de mettre sur pied une exposition se concentrant sur les francophones de l’Alberta qui ont participé aux deux guerres mondiales. Dans l’atrium de la Cité francophone (juste à droite après l’entrée principale de la rotonde), les soldats sont regroupés par région d’origine afin que les visiteurs puissent s’y retrouver facilement.

Edmond Croteau et la bataille de Vimy

« L’an dernier, on est allé visiter le monument de la crête de Vimy, raconte M. Cournoyer. Sur le monument, ils ont les noms de tous les Canadiens qui sont morts et dont les corps n’ont jamais été retrouvés. »

La bataille de la crête de Vimy a eu lieu en avril 1917, dans le nord de la France. Après de nombreuses tentatives infructueuses de la part des  Français et des Britanniques, les Canadiens se sont lancés à l’assaut de la crête fortifiée par les Allemands. L’affrontement dura trois jours et, malgré de lourdes pertes – 3 598 morts et plus de 7 000 blessés sur un total de 15 000 soldats impliqués –, l’opération canadienne est un succès.

Parmi les victimes de la bataille, M. Cournoyer cite Edmond Croteau, l’oncle de son épouse. « Il y avait quatre frères Croteau qui sont allés à Bonnyville. Probablement que s’il avait survécu, il serait venu rejoindre ses frères ». Au lieu de ça, Edmond est mort dans la conquête du « bourgeon », le point culminant de la crête de Vimy. « Le régiment de la Saskatchewan avait trop de pertes, alors ils ont appelé la compagnie F du 47e bataillon, et lui était de ce groupe. Il a été blessé et transporté à un hôpital. […] Il est mort deux jours plus tard. »

« C’est toujours bien d’avoir de compatriotes, des amis de chez nous », estime Valentine Skeels, agente de voyage et vice-présidente de l’ACFA régionale de Red Deer. Née à Moorea, « l’île-sœur de Tahiti », elle a rencontré son mari à Vancouver avant de s’installer en 2002 en Alberta. Depuis ce temps-là, impossible de mettre la main sur d’autres Polynésiens français dans la province.

Valentine a d’abord cherché des compatriotes via ses cercles d’amis, des groupes culturels, Facebook… en vain. « Je connaissais un des vice-consuls de Calgary, sa mère était polynésienne mais il a grandi en France… Je lui ai demandé : est-ce qu’il y a des Polynésiens francophones ? » Là encore,  la réponse fut négative.

« J’ai trouvé des Polynésiens, mais pas de Polynésiens français, explique Valentine. Des gens des Tonga, des Samoa, des îles Cook, d’Hawaii… Nous sommes tous Polynésiens mais ils ne parlent pas français. » Et si le tahitien que parle Valentine ressemble à l’hawaïen, il reste difficile de se comprendre.

Vous avez peut-être vu passer une annonce pour notre activité de la Semaine de l’immigration francophone de l’Alberta, Gardiens d’histoires… Dans le calendrier d’activités, ça n’en disait pas long : « Venez raconter votre histoire au bureau du Franco ». En effet, il ne s’agit que de ça. Pour cette activité – qui, comme je vais vous l’expliquer, se veut un projet à long terme –, il s’agit de s’éloigner quelque peu des directives du journalisme pour revenir aux sources de ce qu’est l’histoire orale, dans la grande tradition du journaliste radio américain Studs Terkel.

La période de froid a commencé doucement depuis quelques jours, amenant avec elle rhumes, grippes et autres joyeusetés dont on se passerait volontiers. L'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA) régionale de Calgary s’est associée à la Madigan Pharmacy pour créer une clinique de vaccination contre la grippe pour les francophones de Calgary.

 

Cette journée de vaccination se tiendra le samedi 1er novembre, de 10 à 18h à la Madigan Pharmacy (6060 Memorial Drive NE T2A 5Z5), une officine qui offre des services en français. Pour pouvoir bénéficier de ce vaccin, vous devez avoir une carte d’assurance-maladie de l’Alberta. Si vous n’en avez pas, vous pouvez contacter directement l’AFCA de Calgary. Notez également que le vaccin ne peut être offert aux enfants de moins de 9 ans. Ceux-ci ne peuvent se faire vacciner que dans les quatre cliniques d’Alberta Health Services dédiées à la grippe.

 

« C’est la première fois qu’une journée de vaccination s’offre directement aux francophones, mais les anglophones peuvent également venir, les services sont offerts en français et en anglais », fait remarquer Jonathan Perron-Clow, coordonnateur de l’incubateur de services en français de Calgary à l’AFCA. Cette clinique éphémère devrait attirer plusieurs centaines de participants, et permettra aux francophones d’éviter de longues files d’attente ailleurs.

Députée provinciale de Barrhead-Morinville-Westlock depuis 2012, Maureen Kubinec a été nommée ministre de la Culture et du Tourisme de l’Alberta le 15 septembre 2014. Elle évoque la relation entre le ministère et le Secrétariat francophone, ainsi que l’importance de la culture francophone dans la province, notamment d’un point de vue touristique.

 

Le Franco (LF) : Comment la fusion entre le ministère du Tourisme et celui de la Culture affectera-t-il le Secrétariat francophone ?

Maureen Kubinec (MK) : Vous savez, je pense que la fusion n’aura que des effets positifs sur le Secrétariat francophone. Le gouvernement de l’Alberta continue de soigner sa relation avec les francophones et, via le secrétariat, nous nous engageons à soutenir les besoins de cette communauté. Maintenant, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais j’ai un gendre qui est francophone. J’ai des petits-enfants qui vont dans le système francophone et d’autres dans le système d’immersion… donc vous prêchez une convertie.

La fusion de ces deux ministères crée de nouvelles occasions de travailler avec le secrétariat, pour mettre en valeur la richesse du patrimoine et de la culture que nous avons ici. Vous savez sans doute que Legal est dans ma circonscription ? J’ai une merveilleuse relation avec la francophonie et j’apprécie vraiment chacune de mes visites là-bas.

 

 

Le 4 octobre dernier se tenait à Calgary l’Assemblée générale annuelle du Théâtre à Pic. Au programme du jour, bilan d’une année fructueuse et ouverture de la saison à venir.

 

Un bilan modeste mais teinté d’optimisme

 

C’est par une belle après-midi ensoleillée que se sont réunis les membres du Conseil d’administration du Théâtre à Pic afin d’établir un bilan de l’année écoulée. Pour la coopérative théâtrale, c’est déjà la cinquième année d’existence, et si les moyens financiers ont été plus restreints ces derniers temps, l’équipe affiche une mine ravie.

Je poursuis l’argumentaire du “verre à moitié plein” par un retour sur des notions clés afin de montrer que la complétude institutionnelle est insuffisante en soi dans notre contexte et peut ainsi fausser notre conscience d’un avenir assuré.

 

Malgré tous les changements institutionnels significatifs qui permettent un certain modus vivendi en français, nous ne pouvons échapper à la réalité d’une langue anglophone tout enveloppante : nous y sommes submergés, imprégnés par elle, séduits, dominés, en raison de son occupation de l’espace public. Ce qu’il nous faut pour changer le pratique langagière des jeunes dans les écoles, les universités et même chez les jeunes parents, c’est-à-dire leur rapport à la langue française, c’est de rétablir la valeur et le prestige du français dans cet espace public, lui redonner l’élan qu’il a déjà connu pour en faire une des  valeurs identitaires fondamentales du Canada entier, et non l’unique apanage des communautés francophones et d’un Québec qui flirtait jusqu’à récemment avec la souveraineté. « Rétablir » et « redonner » vous dites; cela suppose qu’il a déjà existé !

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