Statistique Canada est à l’écoute des organismes communautaires. Des consultations publiques font suite à la remise, au printemps dernier, d’un mémoire rédigé par l’ACFA et la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta (FCSFA) au Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. Le sondage entrepris vise à apporter des changements dans le prochain recensement de 2021 afin d’améliorer le dénombrement des ayants droit. Une adaptation nécessaire qui permettrait d’obtenir des données plus fiables et de faire évoluer les services en conséquence.

« Quand l’égalité des votes a été annoncée, on a tous les deux été estomaqués, explique le nouveau président de la FCFA du Canada, Jean Johnson, on ne s’attendait pas à ça. ». Le 10 juin, il a fallu un deuxième tour de la présidentielle, qui a produit encore 9 voix contre 9, sauf pour un bulletin invalide pour la présidente sortante, Sylviane Lanthier. C’est dire la division au sein de l’organisme parapluie.

Pour Jean Johnson, président de l’ACFA, la rencontre au sommet entre les acteurs de la francophonie albertaine, la première ministre Rachel Notley et le ministre de la Culture et du Tourisme, Ricardo Miranda, est le premier pas vers la création d’une politique sur les services en français.

Rachel girlLa rencontre, qui a eu lieu le 30 mars dernier, étaient attendue depuis longtemps. Or, selon les dires de Jean Johnson, la première ministre était très bien renseignée et s’est tout de suite montrée ouverte à collaborer avec l’ACFA. « Elle a fait des déclarations intéressantes. Par exemple, de nous dire qu’elle était étonnée et gênée d’apprendre que l’Alberta est la seule province qui n’a pris aucune mesure pour reconnaître les francophones comme peuple fondateur du pays. » Va-t-elle corriger le tir? Selon lui, le travail devrait plutôt porter sur le développement d’une politique sur le services en français.

Le contingent franco-albertain souhaitait au départ le développement d’une loi sur les services en français. Or, pour Madame Notley, le contexte économique ne se prête pas à cet exercice. « Une loi exige des investissements, et ce n’est pas le bon moment pour investir », aurait-elle dit.

Questionné à savoir si le jugement de la Cause Caron ne jette pas un peu d’ombre sur le futur développement de cette politique, Jean Johnson répond par la négative. « La loi 60 impose des restrictions au sein de la législature. Mais au niveau des opérations, l’horizon est très ouvert. Il y a plusieurs éléments qui pourraient inciter le gouvernement à reconnaître le statut particulier de la francophonie en Alberta », pense-t-il.

Des paroles, des paroles et encore des paroles?
De l’aveu même de Jean Johnson, ces rencontres avec les premiers ministres ne donnent parfois que du vent et rien de concret. Or, cette fois-ci, le président de l’ACFA a senti un réel désir de la part de la première ministre de faire avancer les choses. « Nous devons déjà rencontrer le ministre responsable de la Francophonie d’ici quelques semaines, monsieur Miranda, pour commencer à travailler sur un processus et développer un plan de match », se réjouit le principal intéressé.

D’autres dossiers ont également été abordés lors de cette rencontre, notamment ceux de l’agrandissement du Campus Saint-Jean et de la création d’un comité aviseur sur les questions de santé des francophones, externe à Alberta Health Services. À suivre.

Évènement provincial

IMG 0520David Eggen ministre de l’Éducation, de la Culture et du Tourisme a répondu présent, le samedi 17 octobre lors du congrès francophone 2015 au centre Shaw d’Edmonton. Une occasion unique pour de nombreux francophones de pouvoir exposer directement les défis et les obstacles qu’ils rencontrent au responsable du Secrétariat francophone. Parmi les nombreux dossiers, le statut politique du français en Alberta n’a pas tardé à être soulevé. Le ministre a marqué sa volonté de faire avancer le dossier. Retour sur cette rencontre !

C’est presque un vent de fraicheur qui a soufflé lors de l’allocution de David Eggen. Sa candeur et sa simplicité dans sa manière d’échanger ont été saluées par plusieurs personnes.  Notamment, Nicole Buret de l’ACFA de Calgary en témoigne : « c’est une belle déclaration d’intention, et puis il nous a bien dit qu’il faudra voir sur le budget, alors on attend le budget avec impatience et puis j’ai aussi apprécié l’ouverture d’esprit, la franchise ».

Le dernier forum communautaire datait d’il y a trois ans; ce n’est pas tous les jours que tous les organismes communautaires francophones de l’Alberta se donnent rendez-vous dans un hôtel d’Edmonton pour discuter d’une stratégie commune pour l’avenir de la langue dans la province. Une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel le 30 mai dernier.
 
L’ambiance rappelait une grande rencontre de famille, ce qui n’était pas très loin de la réalité. Quelques dizaines d’organismes ont fraternisé pour partager leur passion commune : la protection et l’épanouissement du français en Alberta. Chapeauté par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le forum s’est penché sur diverses problématiques afin de définir le cadre stratégique des cinq prochaines années.
 
Une brève allocution des organisateurs de l’événement a révélé la thématique du jour : « L’Alberta bénéficie d’une francophonie accueillante, performance, moderne et rayonnante », selon Jean Johnson, président de l’ACFA. En plus de ces qualificatifs, il est fort de constater que  la francophonie évolue à vitesse grand V, avec une communauté de plus en plus diversifiée. « La francophonie n’est pas la même qu’il y a 15, 10 ans », a-t-il d’ailleurs reconnu. Conscients de ce fait, les organismes doivent revoir leur stratégie pour s’adapter à la réalité de 2015. « L’objectif est de mieux travailler ensemble pour la francophonie albertaine », a aussi rappelé la directrice générale de l’ACFA, Isabelle Laurin.

Jean JohnsonMardi 5 mai, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a gagné. C’est un moment historique dans la politique albertaine, puisque cette victoire met fin au règne du Parti conservateur. Selon Rachel Notley, la future nouvelle première ministre de l’Alberta, de nouveaux changements sont à prévoir. Et c’est précisément le mot changement qui est suspendu aux lèvres des Albertains. Fera-t-il une différence pour la francophonie et sera-t-il bénéfique à l’ensemble de la province ? Les paris sont ouverts.

Un tsunami orange a déferlé mardi 5 mai sur l’Alberta. 54 députés néo-démocrates ont été élus sur un total de 87, chassant les conservateurs au pouvoir depuis 1971. Pour le président de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) Jean Johnson, il ne fait aucun doute que le peuple a parlé : « C’est une nouvelle réalité, je trouve ça motivant. Les Albertains ont livré un message fort. Pour nous, l’ACFA, c’est intéressant de voir comment on va travailler avec le NPD ».

Une contravention unilingue anglophone, à l’origine de la saga judiciaire de Gilles Caron, pourrait aujourd’hui changer l’histoire des minorités francophones du pays.

Après un parcours juridique qui a duré plus de 12 ans, la Cour suprême du Canada a entendu vendredi le 13 février les avocats des deux albertains Gilles Caron et Pierre Boutet qui ont contesté l’unilinguisme de contraventions reçues du gouvernement de l’Alberta. Plusieurs interventions par le biais de mémoires avaient également été reçues, dont celle de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

Le président de l’ACFA, Jean Johnson (avec les avocats de Pierre Boutet sur la photo), qui était présent vendredi, ressort confiant et heureux de l’expérience : « Nos juristes nous ont très bien servis. Honnêtement, je n’avais pas beaucoup d’espoir mais après ce que j’ai vu, je pense qu’on peut obtenir gain de cause dans cette histoire. » Selon lui, les juges de la Cour suprême se sont montrés très réceptifs aux arguments des avocats de M. Caron et M. Boutet, Me Roger Lepage et Me Sébastien Grammond, et les relançaient avec beaucoup de questions.

L’Université de l’Alberta a annoncé que la fermeture de la librairie Le Carrefour à La Cité francophone aurait lieu fin juin 2015. Celle-ci continuera cependant à offrir ses services en ligne.

« On n’a tout simplement pas le financement possible pour continuer d’offrir les services à La Cité francophone », affirme le bibliothécaire en chef de l’Université de l’Alberta, Gerald Beasley. Le doyen du Campus Saint-Jean (CSJ), Pierre-Yves Mocquais, précise que « les pertes sèches étaient extrêmement élevées, 40 000 $ par mois. » M. Beasley estime avoir amplement consulté la communauté francophone à ce sujet. Il était d’ailleurs présent au Congrès annuel de la francophonie albertaine en octobre, où les besoins pour des services en ligne plus approfondis avaient été discutés lors d’un atelier.

Afin de maintenir la librairie ouverte 7 jours sur 7, et d’effectuer une refonte des services, qui selon le bibliothécaire profiterontà tout l’Ouest canadien, un site internet bilingue était de mise. « Nous sommes très conscient sque nous sommes la dernière librairie francophone dans l’Ouest du Canada et c’est pour cette raison que nous voulons servir une communauté la plus élargie que possible », explique Gerald Beasley. Le site web sera lancé avant la fermeture du local actuel, prévue en juin 2015. Il s’agira d’un site de l’Université de l’Alberta.


Citoyenneté et immigration Canada (CIC) a lancé le système Entrée express pour le recrutement d’immigrants économiques le 1er janvier. Cette procédure de sélection des candidats omet d’adresser les besoins spéciaux des communautés francophones.

« Entrée express, c’est pas la panacée comme on nous l’a dit parce qu’il n’y a rien dans ce système-là qui fait la promotion des communautés », maintient la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Marie-France Kenny. En effet, Entrée express n’est pas un nouveau programme ayant le potentiel de venir pallier à l’abolition du programme Avantage significatif francophone en septembre dernier. Il s’agit plutôt d’une procédure plus efficace pour le gouvernement fédéral de gérer la réception des demandes d’immigration en ligne. Il aurait l’atout d’accélérer le processus d’obtention de la résidence permanente – pour les plus méritants (selon le système de points de CIC).

 

Le président de l’Association canadienne-française de l’Alberta fait un tour de piste des dossiers importants sur lesquels les participants du Congrès annuel de la francophonie albertaine seront appelés à se prononcer.

Dossier immigration
Le Réseau en immigration francophone présentera son rapport lors d’un atelier ouvert à tous. Une stratégie globale sera soumise à la discussion, stipule le programme. Jean Johnson pense qu’« il y a encore un dialogue continu qu’il faut maintenir au niveau de communautés d’accueil ». Il précise que ce dialogue devrait porter en partie sur l’histoire de la francophonie en Alberta, afin d’y inclure les Métis, souvent oubliés et même dont les Franco-Albertains se sont parfois dissociés. « Si on apprend à se connaître au niveau de l’histoire, on va apprendre à mieux se comprendre quand on se parle », dit M. Johnson. Celui-ci ne croit pas à la théorie que deux sociétés d’expression française sont en train de se développer parallèlement : celle des communautés d’accueils et celle des communautés immigrantes. Cette discussion vise donc à intégrer toutes les « factions de la société franco-albertaine » afin d’arriver à une société d’expression française plurielle. Le président espère que des représentants de toutes ces « factions » seront présents lors de cet atelier.

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