La clinique francophone de Calgary a enfin ouvert le 1er mai dernier. C’est un travail de longue haleine, réalisé conjointement par l’équipe de l’ACFA régionale et du Comité Santé qui a permis à ce projet d’aboutir. Cet évènement a rassemblé une cinquantaine de personnes dont plusieurs chefs de file dans la communauté francophone de l’Alberta.

Les efforts ont porté leurs fruits ! Dorénavant, un pôle francophone de la santé dans le quartier de Bridgeland permettra d’accueillir toute personne ayant besoin d’une aide médicale ou psychologique en français. Le but de la clinique est d’assurer des soins médicaux et une aide sociale mais aussi de rediriger au besoin les personnes vers des services francophones plus spécialisés. L’arrivée de cette clinique marque une avancée supplémentaire dans la prestation de services médicaux francophones de la province. Aux dires de l’honorable Claudette Tardif, sénatrice de l’Alberta, « c’est très impressionnant. Ça fait 15 ans que les services de santé en français se développent dans le pays, là où les francophones sont minoritaires. Il était temps que Calgary fasse partie de l’équation ! »

Le 17 avril à La Cité francophone, six personnes ont pu profiter d’une formation gratuite sur le thème ‘‘Développer et adapter ses activités scolaires en fonction du programme d’études albertain et du niveau de français des élèves’’, dans le cadre du projet Accent. 

« L’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) nous a demandé de développer cette formation pour aider les pourvoyeurs de services à aller atteindre les objectifs très spécifiques du milieu scolaire de l’Alberta », raconte Anita Rudichuk. Elle et Huguette Hébert ont ainsi animé l’atelier ‘‘Développer et adapter ses activités scolaires en fonction du programme d’études albertain et du niveau de français des élèves’’, vendredi 17 avril à La Cité francophone, à Edmonton.

« J’ai une compagnie (Tradansa, NDLR) qui offre des ateliers de danse en milieu scolaire. J’adapte ma formation aux différents milieux langagiers. J’ai appris quelque chose et je suis là pour le transmettre, explique simplement Mme Rudichuk. Je me suis associée à Huguette qui a un bagage universitaire et a enseigné à de futurs enseignants. » Aujourd’hui à la retraite, Mme Hébert a plus de 25 ans d’expérience en éducation. « J’ai eu un contrat avec le ministère de l’Éducation pour développer le guide [albertain] de mise en œuvre du programme d’éducation physique adapté à l’immersion et au milieu francophone », prend-elle pour exemple.

Samedi 11 avril à 13h, Francophonie albertaine plurielle (FRAP) a tenu une réunion d’information et de discussion au Campus Saint-Jean. L’occasion de rappeler la raison d’être de ce nouvel organisme et de prendre le pouls de la communauté.

Qu’est-ce que Francophonie albertaine plurielle (FRAP) ?

« La FRAP a pour mission de rapprocher les communautés et de veiller à l’intégration socioéconomique et culturelle des francophones issus de la nouvelle immigration, notamment les communautés d’origine africaine et haïtienne qui sont les plus vulnérables. » C’est ainsi que Jeanne Lehman, présidente de la FRAP, a résumé l’objectif de l’association dans son discours d’ouverture, samedi après-midi au Campus Saint-Jean. Officiellement lancé le 12 décembre, l’organisme se définit comme « un groupe de pression et d’action ».

La FRAP souhaite se concentrer sur six orientations : l’éducation, l’employabilité et l’entreprenariat, la culture, la participation civique, la représentativité des communautés (pour que la nouvelle immigration participe aux prises de décisions les concernant) ainsi que le changement du discours public. L’association rappelle que « le visage de la francophonie a changé en Alberta » et veut s’assurer que l’offre de services proposés par les organismes albertains corresponde aux besoins des communautés d’origine étrangère. « La confiance n’exclue pas le contrôle », a souligné Mme Lehman.

Samedi 14 mars, 25 représentants de la communauté francophone ont participé à une longue session de travail à La Cité francophone, dans le cadre du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA). Il s’agissait notamment de réfléchir à des moyens d’accroître le nombre d’immigrants francophones via la nouvelle plateforme Entrée express.

« Dans la communauté francophone, ça va prendre plusieurs personnes qui sont des experts d’Entrée express », estime Matthieu Brennan, consultant sur les questions d’immigration et animateur de la session de travail du Regroupement en immigration francophone de l’Alberta (RIFA), samedi 14 mars à La Cité francophone.

Mise en place le 1er janvier 2015, la plateforme internet Entrée express est censée favoriser l’immigration économique en mettant en relation employeurs et futurs employés. « Le système est organisé pour répondre aux besoins des employeurs », explique M. Brennan. Or ceux-ci peinent à trouver de la main-d’œuvre qualifiée en Alberta. C’est pourquoi, en 2012, ils ont  fait appel à 84 465 travailleurs temporaires venus de l’étranger. Parmi eux, peu de francophones. Il y a donc des opportunités à saisir.

« Celui qui cherche un mécanicien depuis 8 mois sans en trouver, tu n’as pas besoin de le convaincre de l’importance de la francophonie et du multiculturalisme ! », résume l’expert-conseil en immigration. C’est donc aux organismes francophones de mettre en relation les entreprises et les francophones souhaitant immigrer au Canada.

Une stratégie qu’a déjà comprise Michelle Margarit, directrice de l’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) régionale de Grande Prairie. « Ça fait deux ans qu’on travaille à faire venir des employés qualifiés », explique-t-elle. Son secret ? Une collaboration avec un recruteur ainsi que des relations étroites avec la chambre de commerce et les petites entreprises locales : « Je travaille avec des garages, des fermiers, des soudeurs… » Un modèle qui fonctionne et qu’il serait possible, selon Matthieu Brennan, d’étendre à toute l’Alberta, voire à tout le Canada.

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Rivière-la-Paix a appris le 11 mars que l’employé bilingue de Service Canada ne se rendrait plus à Falher une fois par mois.

« Lorsque je l’ai rencontrée le 11 mars, elle m’a dit qu’il n’y avait pas assez de demande, qu’elle ne comblait pas ses heures », relate le directeur de l’ACFA Rivière-la-Paix, Jason Bilodeau. Un employé de Service Canada se rendait une fois par mois de Grande Prairie à Falher, et offrait ses services entre 10h30 et midi, et de 13h à 14h30 au Centre Chevalier.

Dans un courriel, Service Canada explique sa décision: « La fermeture du service mobile régulier de Falher a été prise à l’issue d’une analyse du nombre moyen de clients sur une période de plus de deux ans (d’avril 2012 à janvier 2015), qui était de l’ordre de 6 clients par mois. Ce changement s’inscrit dans le cadre des efforts que nous menons pour rééquilibrer notre réseau afin d’obtenir une répartition plus uniforme entre les volumes de clients et nos points de service. »

Le nouveau directeur régional s’est renseigné auprès de la communauté et a évalué la demande à environ 7-8 personnes par mois. « Quand on pense qu’ils ont seulement trois heures pour rencontrer les clients, parce que dans leur journée leur quatre heures de déplacement et leur heure de midi sont comptées, on voit les choses différemment », pense Rachelle Bérubé, présidente de la Société du Centre Chevalier.

Pour la deuxième année, l’ACFA de Camrose et le Campus Augustana s’associent afin d’organiser des activités dans le cadre des Rendez-vous de la francophonie.  Au menu : remises de prix, projections de films et – nouveauté – un atelier slam. Tout est gratuit.

En 2014, le professeur Jean-Blaise Samou a pris l’initiative de rapprocher le cercle local de l’ACFA de Camrose-Battle River avec le Campus Augustana où il enseignait. Cette semaine de la francophonie proposait des projections de films de l’Office national du film (ONF) et des remises de Prix de la francophonie pour des écoliers.

Une formule reconduite mais aussi étoffée cette année, puisqu’un atelier slam (initiation à la poésie orale) sera par ailleurs proposé le 18 mars par l’enseignante et dramaturge Donia Mounsef. « C’est la première fois à Camrose. C’est ouvert au public et à tous les étudiants francophones et francophiles », encourage Srilata Ravi, professeure de français au Campus Augustana et organisatrice de l’évènement.

Si l’on met de côté la cérémonie de lever du drapeau qui se tiendra au Bill Fowler Centre le 20 mars, toutes les activités des Rendez-vous de la francophonie se dérouleront au Campus Augustana. « L’Université est extrêmement importante dans la communauté de Camrose, avec de grands et beaux locaux pour rassembler tous ces gens-là, affirme Mme Ravi. […] C’est une occasion pour les parents de voir ce qu’il se passe au niveau du français sur le campus… et pour les universitaires de s’ouvrir à la communauté. »

Celle qui était directrice générale par intérim depuis août a finalement été choisie pour succéder à Denis Perreaux à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta.

« J’étais vraiment touchée par la confiance [qu’on m’a accordée] », a réagi Isabelle Laurin après l’annonce de sa nomination à la direction générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Le comité de sélection a épluché des candidatures de tout le Canada avant d’arrêter son choix. « Quand ils m’ont appelée pour me dire que j’étais choisie, ça a été un grand soulagement parce que ça fait sept ans et demi que je m’investis à l’ACFA », explique Mme Laurin.

Vacant depuis le départ de Denis Perreaux – désormais à la tête de la Société historique de l’Alberta –, le poste de directeur général revient donc à celle qui était directrice par intérim depuis août 2014. « L’automne a été extrêmement occupé : deux courses à la chefferie en Alberta, énormément [de travail] dans le dossier de l’immigration, notre congrès [annuel de la francophonie, ex-Rond Point], des rencontres du CA, notre AGA… Ça m’a vraiment donné le goût ! », détaille la nouvelle directrice.

Mercredi 3 décembre, des étudiants anglophones ont présenté leurs expériences en tant que bénévoles au sein d’organismes francophones, dans le cadre du programme Community Service Learning de l’Université de l’Alberta à Edmonton.

Ces derniers mois, dans le cadre du programme Community Service Learning (CSL), une quinzaine d’étudiants en français intermédiaire du professeur Sathya Rao ont fait du bénévolat dans trois organismes francophones : le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA), l’Alliance française d’Edmonton et l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). L’objectif ? « Leur montrer que la francophonie en Alberta, c’est quelque chose de vivant ! », explique M. Rao.

Pour cela, des partenariats ont été mis en place entre l’Université et des organismes à but non lucratif afin de « connecter les idées, les théories et les concepts que [les étudiants] apprennent à l’école et les appliquer dans le monde réel », résume Sheryle Carlson, une des coordinatrices des partenariats CSL. Chaque année, plus de 1 200 étudiants de l’Université de l’Alberta et 200 partenaires participent à ce programme vieux de dix ans. Cependant, cela ne fait que quelques années que des organismes francophones ont été intégrés et ils sont encore peu nombreux.

Vendredi 17 octobre s’est tenue la première édition albertaine du Francothon au centre de conférence Shaw à Edmonton, avec une retransmission en direct sur le site de Radio-Canada. 220 764 $ ont été amassés pour soutenir la francophonie en Alberta via divers fonds de dotation.

« La Fondation franco-albertaine est extrêmement heureuse du déroulement du Francothon. Cela a dépassé nos objectifs, a commenté son directeur Joël F. Lavoie.  Voir autant de gens se mobiliser et autant de donateurs donner pour une première fois, cela nous réjouit grandement. »

L’objectif initial de 200 000 $ a été nettement dépassé puisque 220 764 $ ont été recueillis, en comptant les dons enregistrés après la soirée. Le plus gros chèque fut celui du Club Marie-Anne-Gaboury à destination du fonds du même nom qui vise à appuyer les objectifs de bienfaisance de la francophonie et prioritairement les prématernelles et les maternelles, ainsi que les finissants des écoles francophones ou d’immersion. Parmi les donateurs les plus généreux, citons aussi la Société d’éducation de l’Alberta (24 891 $), Reed Gauthier (10 000 $), Maurice et Michèle Vincent (6 000 $), la Communauté Saint-Isidore (5 175 $), Juliette Richard (5 000 $), ainsi que Denis et Claudette Tardif (5 000 $).

 

Le président de l’Association canadienne-française de l’Alberta fait un tour de piste des dossiers importants sur lesquels les participants du Congrès annuel de la francophonie albertaine seront appelés à se prononcer.

Dossier immigration
Le Réseau en immigration francophone présentera son rapport lors d’un atelier ouvert à tous. Une stratégie globale sera soumise à la discussion, stipule le programme. Jean Johnson pense qu’« il y a encore un dialogue continu qu’il faut maintenir au niveau de communautés d’accueil ». Il précise que ce dialogue devrait porter en partie sur l’histoire de la francophonie en Alberta, afin d’y inclure les Métis, souvent oubliés et même dont les Franco-Albertains se sont parfois dissociés. « Si on apprend à se connaître au niveau de l’histoire, on va apprendre à mieux se comprendre quand on se parle », dit M. Johnson. Celui-ci ne croit pas à la théorie que deux sociétés d’expression française sont en train de se développer parallèlement : celle des communautés d’accueils et celle des communautés immigrantes. Cette discussion vise donc à intégrer toutes les « factions de la société franco-albertaine » afin d’arriver à une société d’expression française plurielle. Le président espère que des représentants de toutes ces « factions » seront présents lors de cet atelier.

Page 6 sur 6
Aller au haut