Centre culturel de Saint-Paul : déménager? Démolir? Reconvertir?

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Saint-Paul envisage sérieusement la possibilité de déménager  dans l’ancien bâtiment de l’école du Sommet et de revendre le Centre culturel au Conseil scolaire Centre-Est (CSCE).

 

Si aucune décision n’a été prise, c’est du moins ce scénario qui est observé, selon ce qui a été expliqué à la réunion d’information sur le sujet tenue à même le centre, le 16 juin dernier, devant une quarantaine de personnes.


Rappelons que le déménagement des élèves de l’école du Sommet en février a rendu disponibles les locaux de l’ancienne école pour le Conseil scolaire, qui était le principal locataire du Centre culturel. Sans les revenus de location, l’ACFA n’est pas en mesure de couvrir ni les rénovations, ni les frais d’entretien de son bâtiment dont l’avenir est remis en question.

 
« Nos recherches nous ont mené à élaborer cinq scénarios possibles, sur lesquels se sont penchés le CSCE et l’ACFA régionale de Saint-Paul », indique le consultant Donald Michaud, engagé par la régionale pour coordonner les négociations.

« Ils en ont discuté ensemble, puis chacun de leur côté. Ils sont revenus à la table de discussion tous les deux avec la même recommandation, soit que la meilleure solution serait de revendre le Centre culturel au CSCE », ajoute M. Michaud.

Rappelons que le bâtiment avait été vendu à l’ACFA pour un dollar en 1995, et qu’il serait fort probablement revendu pour une somme symbolique. 

À la suite de cette transaction, l’association déménagerait dans le bâtiment rénové de l’ancienne école du Sommet. D’après Donald Michaud, les deux autres organismes abrités à l’heure actuelle par le Centre culturel, soit les danseurs des Blés d’or et un organisme musical, seraient eux aussi les bienvenus à l’ancienne école.

Qu’adviendra-t-il du bâtiment?
Si le scénario est adopté, la décision quant à l’avenir du Centre culturel reviendrait au CSCE, qui se donne un an pour y réfléchir. « On ne sait pas encore ce qui en adviendra, le Conseil scolaire devra décider s’il le reloue comme il est, s’il le rénove, etc. », explique la présidente de l’ACFA régionale de Saint-Paul, Mélanie Charest.

Plusieurs idées de reconversion ont été proposées, mais la possibilité de démolir l’immeuble n’est toutefois pas écartée.

Comme la question n’est encore qu’à l’étude, le Conseil municipal n’a toujours pas été consulté. Le maire de Saint-Paul, Glenn Andersen, soutient par ailleurs que la vieille bâtisse a une valeur historique. « Je ne crois pas que la communauté voudrait la voir démolie », avance-t-il.

Donald Michaud informe en ce sens que l’édifice, bâti en 1933, n’est pas considéré comme un bâtiment historique puisqu’il a été presque entièrement rebâti après l’incendie qui l’a ravagé au début des années 1980.

« Il a une valeur émotionnelle plus qu’historique pour notre communauté, précise le consultant. Depuis 1982, les francophones se sont investis dans le centre, ils y ont mis de l’argent et du travail, et ils y tiennent. C’est certain que si tout pouvait bien aller et qu’on se retrouvait avec deux ou trois millions $, il n’y a personne qui voudrait qu’on démolisse », fait remarquer Donald Michaud.

À l’heure actuelle, une compagnie de construction évalue d’ailleurs les travaux nécessaires de rénovation, sans aucun réaménagement, à 1,2 million $.

Le CSCE pourrait aussi décider de reconvertir le Centre culturel en entrepôt. « Ce ne serait pas l’entrepôt le plus pratique, fait constater M. Michaud,  puisque l’immeuble de quatre étages n’a pas d’ascenseur. D’un autre côté, il n’y aurait pas de réaménagements majeurs à faire. Il faudrait quand même rénover puisque le toit, par exemple, a besoin d’être refait. »

Rien n’est fait
« Il est important d’insister sur le fait qu’aucune décision n’a été prise, ni par rapport au déménagement, ni par rapport à l’avenir du Centre culturel, précise Mélanie Charest. La réunion du 16 juin était une réunion d’information seulement. »

La présidente s’est d’ailleurs dite satisfaite du déroulement de cette première discussion publique sur la question du Centre culturel. « La majorité des gens présents étaient des personnes plus âgées. C’était important qu’ils soient là parce que c’est eux qui ont travaillé à le bâtir. Ils ont très bien compris la situation et sont relativement d’accord avec ce que nous avançons, j’en suis bien contente. »

Si une décision est prise, le déménagement de l’ACFA devrait avoir lieu d’ici deux ans. Une autre réunion du genre sera tenue en automne 2011 pour faire le point.

Garderie francophone
Rappelons que le dossier de l’ouverture d’un service de garde francophone avait dû être mis en veilleuse au profit des discussions sur l’avenir du Centre.

« Le dossier a été rouvert au printemps, nous y tenons vraiment, affirme Mélanie Charest. Nous voulions l’ouvrir en septembre dans les locaux du Centre culturel, en attendant de déménager. On a eu des mauvaises nouvelles, il n’y a plus d’argent au gouvernement pour nous, il faudra en trouver ailleurs. L’ouverture est donc retardée de quelques mois. Je ne voudrais pas dire qu’elle est retardée d’un an, on travaille là-dessus. »
 

 

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